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Comment comprendre la séparation de l’Église et de l’État?

le mardi, 01 octobre 2013. Publié dans Laïcisme, Église catholique romaine

Le 27 mai 2013, Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal, donnait une conférence à l’Université McGill à un colloque ayant comme thème «Combler le fossé laïque: la religion et le discours public au Canada», et publiée sur le site internet de l’archidiocèse de Montréal sous le titre «La dualité État laïque et Religion». Voici ce texte:

L'ÉgliseDans une société il y a toujours deux écueils à éviter: la théocratie et le culte de l’État. La théocratie c’est la religion qui s’accapare du pouvoir politique, et règne sur la totalité de la vie, tant spirituelle que matérielle, économique ou sociale. (Note de Vers Demain: Un exemple de pays où existe la théocratie, c’est l’Arabie saoudite, où seule la religion musulmane a le droit d’exister, et où les lois de l’État sont celles de la religion musulmane, la charia. L’Église catholique ne revendique bien sûr aucunement un tel pouvoir absolu; elle ne demande que la liberté de s’exprimer, de proposer son message, et le fait qu’elle soit séparée de l’État lui permet justement de dénoncer des lois ou situations injustes causées par le gouvernement.)

L’autre écueil à éviter, c’est l’inverse, le culte de l’État, lorsque l’État se sert du pouvoir politique pour instrumentaliser la religion ou une idéologie, et ainsi dominer toutes les facettes de la vie, tant spirituelle que matérielle, économique, familiale, ou humaine....

L'ÉtatNous avons le privilège de vivre présentement dans une démocratie, qui s’est bâtie après des siècles d’histoire, et qui se veut pluraliste. La société est composée de différentes communautés religieuses et philosophiques, parcourue par différents courants de pensée. On peut y voir un progrès lorsqu’il n’y a pas de religion qui s’impose ou de culte de l’État qui domine, une société où la liberté religieuse, de croire ou de ne pas croire, est respectée.

Une absence de liberté religieuse pourrait vouloir dire une forme d’athéisme imposée à travers le culte de l’État, non seulement au détriment du religieux mais aussi d’autres formes de croyance. La laïcité fermée à la religion conduit au culte de l’État car lorsque celui-ci se fait promoteur d’un monde sans Dieu, il n’a de cesse de s’opposer à la dimension publique de la religion. La laïcité fermée cherche à inculquer aux gens que cette vie est l’unique vie et que l’être humain ne doit pas espérer d’autre chose que la vie présente, quelle que soit sa soif d’absolu. Quelqu’un, en tant qu’individu peut bien le penser, une association peut bien chercher à répandre cette vision, mais si l’État se met au service d’une telle vision, on est revenu à la case départ.

On a voulu une société où une religion ne s’impose pas, mais on aboutit alors (avec la laïcité fermée) à un État qui impose sa philosophie, son système de valeurs et son discours sur les religions. Ce faisant l’État agit en prétendant constituer la totalité de la vie et concourt à la perte du sens de Dieu et à la destruction de la transcendance, réduisant la religion à un phénomène culturel à décrire.

Ce qui est en jeu ici c’est non seulement la liberté religieuse, mais l’être humain lui-même qui est dépouillé de sa véritable grandeur d’être créé à l’image de Dieu et qui se retrouve impuissant devant l’État qui s’arroge le pouvoir de décider ce qui est bien et ce qui est mal, sans référence à un ensemble de valeurs morales qui transcendent l’État. La laïcité fermée à la religion peut bien exister comme courant de pensée, mais si elle s’accapare du pouvoir politique ou si le pouvoir politique l’instrumentalise, elle devient une religion d’État qui s’impose avec ses croyances.

Mais il existe aussi la possibilité d’une laïcité ouverte à la religion, qui respecte les religions comme elle respecte les différentes formes d’athéisme, qui renvoie les gens à leur propre liberté et responsabilité, à leur propre recherche et conscience.

Les actes intérieurs et extérieurs de la religion, privés et publics, ne peuvent être ni imposés ni empêchés. La séparation de l’Église et de l’État a comme but, dans un premier temps, de permettre la liberté religieuse: non seulement de vivre une religion, mais de la vivre librement, pas parce que ça nous est imposé. Mais la liberté religieuse, c’est aussi de ne pas empêcher la religion.

La liberté religieuse revient aux personnes prises individuellement et lorsqu’elles agissent en commun. Dans le cas d’une laïcité ouverte, l’État laïque est ici un État ouvert à la liberté de religion, et la liberté de religion se manifeste dans le respect d’une adhésion libre à Dieu avec toutes ses implications. Ici la dualité État et Religion devient une force car elle maintient au centre l’être humain dans sa dignité, s’engageant selon sa conscience dans la famille, le travail et la société en même temps qu’ouvert à Dieu et à la transcendance des valeurs morales.

Laïque n’a pas à vouloir dire sans Dieu ou contre Dieu, il signifie l’engagement dans le monde qui a sa propre autonomie tout en ayant la liberté d’être inspiré par la foi en Dieu et animé par les grandes valeurs universelles exprimées dans les commandements de Dieu qui reflètent la vocation de l’être humain. L’athée et l’agnostique eux-mêmes gagnent à une telle liberté car une vie est toujours en chemin. La démocratie pluraliste ne peut qu’en profiter car en tenant ensemble liberté de l’État (laïcité ouverte) et liberté de religion elle se protège des absolutismes qui emprisonnent les personnes et qui ferment l’avenir.

Par Mgr Christian Lépine