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Ce qu’ils appellent éducation sexuelle

le dimanche, 07 mai 2006. Publié dans Encycliques et autres documents du Magistère

De l’Encyclique Divini illius Magistri

Divini illius MagistriPar Pie XI. 31 décembre 1929

Initiation téméraire

Il est un genre de naturalisme souverainement périlleux, qui, de nos temps, envahit le champ de l’éducation en cette matière extrêmement délicate qu’est la pureté des mœurs.

Très répandue est l’erreur de ceux qui, avec des prétentions dangereuses et une manière choquante de s’exprimer, se font les promoteurs de ce qu’ils appellent «l’éducation sexuelle». Ils se figurent faussement pouvoir prémunir la jeunesse contre les périls des sens, uniquement par des moyens naturels, tels que cette initiation téméraire et cette instruction préventive donnée à tous indistinctement, et même publiquement ou, ce qui est pire encore, cette manière d’exposer les jeunes gens, pour un temps, aux occasions, afin, dit-on, de les familiariser avec elles et de les endurcir contre les dangers.

Nature fragile

Pie XI
Pie XI

La grande erreur, ici, est de ne pas vouloir admettre la fragilité humaine, de faire abstraction de cette «autre loi dont parle l’Apôtre, qui lutte contre la loi de l’esprit»; de méconnaître les leçons de l’expérience montrant à l’évidence que, spécialement chez les jeunes gens, les fautes contre les bonnes mœurs sont moins en effet de l’ignorance intellectuelle que surtout de la faiblesse de la volonté, exposée aux occasions et privée des secours de la grâce.

Si, en matière aussi délicate, compte tenu de toutes les circonstances, une instruction individuelle devient nécessaire, en temps opportun, et de la part de qui a reçu de Dieu mission d’éducateur et grâce d’état, il reste encore à observer toutes les précautions que connaît si bien l’éducation chrétienne traditionnelle et que l’auteur Antoniano développe suffisamment en ces termes:

«Telle et si grande est notre misère, notre inclination au péché, que souvent ces choses mêmes que l’on nous présente comme remède au péché deviennent occasion et exaltation à ce même péché. Il importe donc extrêmement qu’un père, digne de ce nom, qui a à traiter avec son fils de matière aussi dangereuse, se tienne pour bien averti de ne pas descendre dans le détail des choses et des modes variées dont sait user l’hydre infernale pour empoisonner une si grande partie du monde. Autrement, au lieu d’éteindre le foyer du mal, il risquerait de l’allumer et de l’activer imprudemment dans le cœur encore simple et délicat de son enfant. Généralement parlant d’ailleurs, tant que dure l’enfance, il conviendra de se contenter de ces moyens qui, par eux-mêmes, font entrer dans l’âme la vertu de chasteté et ferment la porte au vice».

Coéducation

C’est une erreur du même genre et non moins pernicieuse à l’éducation chrétienne que cette méthode dite «coéducation des sexes», méthode fondée, elle aussi, aux yeux d’un grand nombre, sur un naturalisme négateur du péché originel.

En outre, pour tous ses tenants, elle provient d’une confusion d’idées déplorables, qui remplace la légitime communauté de vie entre les hommes par la promiscuité et le nivellement égalitaire. Le Créateur a ordonné et disposé la parfaite communauté de vie entre les deux sexes seulement dans l’unité du mariage; ensuite, elle les sépare graduellement dans la famille et dans la société. Il n’y a d’ailleurs dans la nature elle-même, qui a fait les sexes différents par leur organisme, par leurs inclinations, par leurs aptitudes, aucune raison qui montre que la promiscuité, et encore moins une égalité de formation, puissent ou doivent exister.

Les sexes, suivant les admirables desseins du Créateur, sont appelés à se compléter réciproquement dans la famille et dans la société, et justement par leur diversité même.

Cette diversité est donc à maintenir et à favoriser dans la formation et dans l’éducation, en sauvegardant la distinction nécessaire, avec une séparation correspondante, en rapport avec les âges différents et les différentes circonstances. Ces principes sont à appliquer en temps et lieu, suivant les règles de la prudence chrétienne à toutes les écoles, mais principalement durant l’adolescence, la période la plus délicate et la plus décisive de la formation. Dans les exercices de gymnastique ou de délassement que l’on ait particulièrement égard aux exigences de la modestie chrétienne chez la jeunesse féminine, pour laquelle sont de grave inconvenance tous genres d’exhibition et de publicité.

Par Vers Demain
Crimes contre nature

Rappelons-nous ce qu’a dit la Sainte Vierge à Jacinthe de Fatima en 1917: «Le péché qui entraîne le plus grand nombre d’âmes en enfer, c’est celui de la chair».

Or, le plus grand malheur de notre temps, c’est l’ignorance religieuse en général et en particulier des vertus morales et surtout de la pureté.

De nos jours on n’aime pas parler de pureté, modestie, chasteté, mais la sexualité est exaltée… Un mot que sur les lèvres chrétiennes, on n’osait, autrefois, à peine prononcer. Aujourd’hui, la presse, la radio, la télévision, les discours, etc. nous rabattent les oreilles à la longueur de journées de ces termes grossiers évocateurs d’impureté.

Bien plus, l’enseignement sans Dieu a entrepris cette abomination de révéler à des petits innocents les mystères délicats de la transmission de la vie, mystères qui relèvent uniquement de la compétence des parents, aidés de la grâce de Dieu, à eux seuls conférée par le sacrement de mariage.

Au Québec, dans des écoles du Ministère de l’Éducation, la pilule est offerte aux jeunes filles à partir de l’âge de 12 ans et l’avortement est suggéré aux mineures concernées sans que les parents soient mis au courant. Quand cesseront tous ces crimes contre nature et contre Dieu? Quand arrêtera cette course vertigineuse vers les mœurs bestiales?

Il est temps de réagir contre cette décadence des mœurs qui met en péril la vie familiale et précipite les âmes en enfer.

«Bienheureux les cœurs purs car ils verront Dieu!» — Béatitude de Notre-Seigneur.

Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous!

Paroles de Pie XII, 18 septembre 1951

Pie XII

Pie XII

Il est un terrain sur lequel l’éducation de l’opinion publique, sa rectification, s’imposent avec une urgence tragique. Elle s’est trouvée, sur ce terrain, pervertie par une propagande, que l’on n’hésiterait pas à appeler funeste, bien qu’elle émane cette fois de source catholique et qu’elle vise à agir sur les catholiques, même si ceux qui l’exercent, ne paraissent pas se douter qu’ils sont, à leur insu, illusionnés par l’esprit du mal.

Intolérable effronterie

Nous voulons parler ici d’écrits, livres et articles, touchant l’initiation sexuelle, qui souvent obtiennent aujourd’hui d’énormes succès de librairie et inondent le monde entier, envahissant l’enfance, submergeant la génération montante, troublant les fiancés et les jeunes époux.

Avec tout le sérieux, l’attention, la dignité que le sujet comporte, l’Église a traité la question d’une instruction en cette matière, telle que la conseillent ou le réclament, tant le développement physique normal de l’adolescent que les cas particuliers dans les diverses conditions individuelles. L’Eglise peut se rendre cette justice que, dans le plus profond respect pour la sainteté du mariage, elle a, en théorie et en pratique, laissé les époux libres en ce qu’autorise, sans offense au Créateur l’impulsion d’une nature saine et honnête.

On laisse atterré en face de l’intolérable effronterie d’une telle littérature: alors que, devant le secret de l’intimité conjugale, le paganisme lui-même semblait s’arrêter avec respect, il faut voir violer le mystère et en donner la vision — sensuelle et vécue — en pâture au grand public, à la jeunesse. Vraiment c’est à se demander si la frontière est encore suffisamment marquée entre cette initiation soi-disant catholique, et la presse ou l’illustration érotique et obscène, qui, de propos délibéré, vise la corruption ou exploite honteusement, par vil intérêt, les plus bas instincts de la nature déchue.

Ce n’est pas tout. Cette propagande menace encore le peuple catholique d’un double fléau,  pour ne pas employer une expression plus forte. En premier lieu, elle exagère outre mesure l’importance et la portée, dans la vie, de l’élément sexuel.

Accordons que ces auteurs, du point de vue théorique, maintiennent encore les limites de la morale catholique; il n’en est pas moins vrai que leur façon d’exposer la vie sexuelle est de nature à lui donner dans l’esprit du lecteur moyen, et dans son jugement pratique, le sens et la valeur d’une fin en soi.

Elle fait perdre de vue la vraie fin primordiale du mariage, qui est la procréation et l’éducation de l’enfant, et le grave devoir des époux vis-à-vis de cette fin, que les écrits dont nous parlons laissent par trop dans l’ombre.