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Camille Fecteau envolé au Ciel, reçoit la récompense du fidèle serviteur

Écrit par Thérèse Tardif le jeudi, 01 janvier 2015. Publié dans Homage aux Apôtres décédés

«Merci papa de nous avoir montré à vivre, merci de nous avoir montré à mourir»

«Papa, merci de nous avoir transmis les belles valeurs chrétiennes. Merci de nous avoir montré à défendre ces mêmes valeurs avec une fermeté et un courage indéfectible. Merci d’être demeuré un fidèle disciple de Louis Even. Vous nous répétiez souvent: Où serions-nous si nous n’avions pas connu Vers Demain? Vous aimiez beaucoup l’œuvre des Pèlerins de saint Michel, cette grande vérité du Crédit Social. Vous nous l’avez fait aimer et apprécier à sa juste valeur. Merci papa de nous avoir montré comment vivre et enfin, cher papa, merci de nous avoir montré comment mourir car tu es parti avec sérénité et en parfaite conformité à la volonté du Père dans les cieux.» — Jocelyne

 

M. et Mme Camille Fecteau
Mme Marie-Laure Fecteau et son époux feu Camille (photo prise lors de notre congrès de septembre 1994 à Rougemont).

Camille Fecteau, notre solide et fidèle créditiste de St-Odilon, de Beauce, est décédé le 21 novembre 2014, à l’âge de 89 ans. Il s’est dévoué dans l’œuvre de Vers Demain pendant plus de 70 ans. Il était encouragé par son épouse bien-aimée Marie-Laure Hainse-Fecteau. Nos plus affectueuses sympathies à madame Fecteau et à ses 6 enfants: Lucie (Henri-Paul Drouin), Martine (Alain Brodeur), Jocelyne (Jean-Marie Gagnon), Hugues (Claire Leclerc), Guylaine (Luc Rodrigue), Judith (Guy Rodrigue).

Les familles Fecteau ont été illuminées par la lumière du Crédit Social avant même la fondation du journal Vers Demain, lorsque M. Louis Even est venu à St-Odilon en 1938. Plusieurs paroissiens de St-Odilon avaient été conquis à la cause y compris mon père. Moi, Thérèse Tardif, aussi native de St-Odilon, j’avais 9 ans, j’ai bien compris de quoi il s’agissait et ce fut la semence de ma vocation dans Vers Demain.

La vérité du Crédit Social est tombée dans de la bonne terre dans la famille Fecteau, une terre riche de principes chrétiens. Elle a porté de grands fruits. Camille Fecteau n’avait que 13 ans à ce moment, c’est son frère Robert et son oncle Jean-Thomas Fecteau qui furent les premiers propagandistes. Mais Camille était encore célibataire quand il s’est fait lui-même propagandiste du vrai Crédit Social. Le vrai Crédit Social tel que Louis Even nous l’a expliqué, permettrait à chaque personne sur la terre d’exercer son premier droit: celui de se nourrir et ce droit dépasse tous les autres droits, selon l’enseignement de la doctrine sociale de l’Eglise catholique. Le Crédit Social par son dividende à tous mettrait en application ce principe de l’Eglise et résoudrait merveilleusement bien le problème de la pauvreté, il y a de la nourriture pour nourrir deux fois l’humanité. Après avoir mangé, l’homme peut travailler.

Lorsqu’il s’est marié, Camille Fecteau a continué le bon combat appuyé par son épouse. Ils ont fait de leur maison un centre de Vers Demain à St-Odilon, elle servait de salle pour les assemblées mensuelles, de lieu de rencontre pour les apôtres du porte en porte et de la distribution de circulaires, elle servait aussi d’auberge gratuite où les Pèlerins étaient reçus pour les repas et le repos. Tous étaient accueillis chaleureusement comme les plus aimés des frères et des sœurs, aussi bien par madame Fecteau que par M. Camille.

Chaque mois aussi, sans jamais y manquer, ils offraient une contribution financière pour aider aux dépenses de l’Œuvre. Ils ont été de parfaits collaborateurs, appuyant avec joie et confiance tous les programmes des directeurs, ils aimaient tellement l’Œuvre et la comprenaient si bien qu’ils faisaient tout pour aider, et jamais de critique pour démolir. Camille Fecteau a tenu bien haut le flambeau du Crédit Social jusqu’à son dernier soupir. Il brûlait du désir de faire connaître cette lumière qui a éclairé dès son jeune âge sa brillante intelligence et qui a bien orienté sa vie.

Camille Fecteau visitait les familles souvent accompagné de son gendre, Jean-Marie Gagnon, époux de Jocelyne qui est, elle aussi, une ardente Pèlerine de saint Michel de la Croisade du Rosaire.

Dans les années 60, M. Fecteau a mené avec force le combat engagé par Vers Demain contre le Ministère de l’Education que le gouvernement a imposé au Québec; catholique dans le fond de l’âme, il prévoyait que nos écoles deviendraient athées et détruiraient en quelques années la belle civilisation chrétienne du Québec, bâtie par tant de sacrifices par les saints fondateurs de notre chère patrie. Ministres et députés, qu’avez-vous fait de nos écoles catholiques pour que les enfants en sortent athées et sans principes?

Camille Fecteau a aussi aimé et bien servi l’Eglise. Il a fait partie de la chorale depuis l’âge de 14 ans. Il était encore là au jubé pour chanter à la messe, le dernier dimanche avant de mourir à 89 ans. 75 ans de fidèles services à l’Eglise. Cela lui a été rendu à ses funérailles. On lui a fait des funérailles dignes d’un prince. Ayant été charitable et bon ami avec tout le monde, une grande foule est venue lui rendre hommage, parents et amis ont défilé sans cesse devant son corps exposé. Et pour la messe, l’église était bondée. Les trois petits-fils, Dominique, Jean-François et Gabriel Gagnon, étant trois organistes au service des églises des paroisses des alentours, ont su retenir les meilleurs chantres du Québec et nous avons eu droit à des chants liturgiques d’une beauté céleste. Du rarement entendu.

Monsieur et madame Camille Fecteau étaient un couple uni, ils auraient fêté le 68e anniversaire de leur mariage en juillet 2015. Ils étaient unis aussi avec leurs enfants, et ils ont été heureux parce qu’ils priaient. Ils ont commencé à réciter le chapelet le soir même de leur mariage.

Lorsque j’ai appris le décès de Camille Fecteau, des extraits des psaumes que nous chantons aux Laudes, le matin, me sont venus à l’esprit. On voit que, même sur cette terre, Dieu a accordé à son fidèle serviteur, Camille Fecteau, les récompenses promises à l‘homme qui craint le Seigneur. Nous tirons ces extraits des psaumes 127 et 91: «Heureux qui craint le Seigneur et marche dans ses voies! Tu te nourriras du travail de tes mains. A toi le bonheur ! Ton épouse, une vigne fructueuse au cœur de ta maison, tes fils des plants d’olivier autour de ta table, et tu verras les fils de tes fils. Vieillissant, il fructifie encore, il garde sa sève et sa verdeur.»

Camille Fecteau voyait venir la mort avec joie, tellement que son épouse Marie-Laure lui a demandé: «Cela ne te fait rien de t’en aller et de me laisser seule ?» «Bien oui, ça me fait de la peine, mais Notre-Seigneur et la sainte Vierge tirent de leur côté.»

En ce saint jour de la fête de la Présentation de Marie au Temple, entouré de son épouse et de tous ses enfants, à 15h15, après avoir récité tous ensemble le puissant chapelet de la Divine Miséricorde, malgré le chagrin qu’il avait à quitter corporellement sa famille bien-aimée, Camille Fecteau s’est envolé au Paradis, dans la joie de voir enfin Jésus et Marie face à face et de vivre avec eux éternellement. Ainsi meurt le vrai catholique, fidèle à sa foi, à son devoir d’état avec les bras chargés des mérites de son apostolat. Il a retrouvé toute sa jeunesse pour continuer le bon combat à la défense du Christ et de son Eglise et pour vaincre Mammon, le dieu de l’argent qui a enchaîné tous les gouvernements et les peuples avec son système d’argent-dette. Oui merci, Camille Fecteau, au nom de tous les Pèlerins de saint Michel pour votre si bonne et continuelle collaboration, nous savons que nous pouvons encore compter sur vous. La victoire est à Dieu.

Cet article a été publié par

Thérèse Tardif

Thérèse Tardif

Thérèse Tardif est la directrice du Journal Vers Demain depuis la mort de Mme Gilberte Côté-Mercier en 2002.