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Le Crédit Québec remplace les taxes

Louis Even le mardi, 23 décembre 2014. Dans Une lumière sur mon chemin

Pour financer les travaux publique de la province, de l'argent de la province

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Louis EvenEn l’espace d’une année, la dette publique du Québec a haussé de 146 millions de dollars, du seul fait que la Province a contracté de nouveaux emprunts pour un montant de 170 millions alors qu’elle n’a pu rembourser que 24 millions de vieux emprunts. Il ne s’agit que de la dette publique provinciale.

Il y a aussi notre part de la dette fédérale. Il y a aussi les dettes publiques des municipalités, des commissions scolaires, des fabriques de paroisse. Ces emprunts qui endettent toute la population, qui engendrent des hausses de taxes pesant sur toute la population, ces emprunts sont faits pour financer des travaux publics, des développements publics.

Ces travaux sont exécutés à même les ressources matérielles de la Province, avec ses sources d’énergie, avec sa main d’œuvre. La population produit ainsi des richesses nouvelles en utilisant une partie de sa capacité de production. L’autre partie est disponible pour produire des biens consommables, des choses demandées par les besoins des personnes et des familles.

Pourquoi ces dettes des corps publics ? Pourquoi la population se trouve-t-elle globalement endettée et taxée pour des choses qu’elle produit globalement elle-même ?

C’est parce que le crédit financier, l’argent dont la base réelle ne peut être que la capacité de production du pays, ce crédit financier est accaparé par des monopoleurs privés, qui ne l’émettent que sous forme de dette. Ces voleurs d’un bien communautaire, aggravent même leur vol en exigeant un remboursement plus gros que le crédit qu’ils ont libéré, en exigeant le retour de plus d’argent qu’il n’en a été mis en circulation. Cela force à de nouveaux emprunts, pour pouvoir rembourser plus que le montant des emprunts précédents. C’est une chaîne sans fin d’endettement croissant.

Un système de vol

Le service des dettes publiques mange une grosse part des taxes fédérales, provinciales, municipales et scolaires. C’est une charge pour une chose qui ne devrait pas être. L’endettement public n’a pas de raison d’exister. C’est un système de vol. Lorsqu’un corps public, disons une municipalité ou une commission scolaire, décide un développement, soit la construction d’un aqueduc ou l’érection d’une école, il peut l’entreprendre lui-même ou le confier à un entrepreneur à contrat. Dans les deux cas, le travail est exécuté par de la main d’œuvre du pays, avec des matériaux du pays, ou avec des matériaux importés en contrepartie de produits domestiques exportables. En aucun cas, les travaux ne sont exécutés par des banquiers ni par des financiers.

La capacité de production du pays est une richesse du pays. La capacité de production de la Province de Québec est une richesse du Québec. La capacité de production de l’Ontario est une richesse de l’Ontario. Et ainsi de toute province, de tout pays, grand ou petit, qui est capable de produire quelque chose avec ses richesses naturelles, ses techniques, sa main d’œuvre.

Sans cette capacité de production, l’argent d’où qu’il vienne n’aurait aucune valeur. Allez au pôle nord ou dans un milieu de désert avec un sac de dollars et dites à quoi cela pourra bien vous servir. Si la capacité de production du Québec est une richesse du Québec, le crédit financier ou l’argent basé sur cette capacité de production, est un bien du Québec. C’est donc à sa source, une propriété de la population du Québec. S’endetter pour l’obtenir entre les mains d’institutions privées est logiquement inconcevable. De même pour l’Ontario, le Nouveau Brunswick, l’Alberta ou toute autre province. De même pour le Canada tout entier.

C’est pourquoi nous disons qu’une dette publique est le résultat d’un système faux, d’un système d’escroquerie, à moins qu’elle ne soit contractée envers des étrangers qui seraient venus accomplir les développements à la place de la population du pays. Or, ce ne sont ni les Américains, ni les Mexicains ou les Chinois qui sont venus bâtir nos écoles, nos hôpitaux et le reste. Pas plus que les financiers ou les banquiers auxquels on nous force à les payer, à les payer même plus d’une fois.

La construction d’une école

Prenons l’exemple d’une école puisqu’il est tant question de dette scolaire de ce temps-ci. Lorsqu’une école est bâtie, elle est le fruit du travail fourni par la population. Pas seulement par les maçons et les charpentiers qui y sont employés, mais aussi par le travail de ceux qui fournissent les produits que les bâtisseurs se procurent dans les magasins.

N’importe où l’école est construite, elle met en branle les activités productrices un peu partout dans la province. De même pour toutes les autres écoles des autres places. Toute école nouvelle est une richesse nouvelle qui, pour sa production, devrait être financée par des crédits nouveaux. Ces crédits nouveaux devraient provenir d’une émission de crédit provincial puisqu’il s’agit d’une production de juridiction provinciale. Ce crédit financier libéré pour la production de richesse ne devrait être retiré et annulé qu’à mesure de la disparition de la richesse; sa disparition par destruction, par usure, par consommation, et retiré au rythme de cette consommation.

On ne doit pas faire payer à la population ce qu’elle produit elle-même, mais seulement ce qu’elle consomme. Et pas plus qu’elle ne consomme. Et à mesure seulement qu’elle le consomme. Et qui doit payer cette école ? La population qui s’en sert, qui la consomme. L’usure de l’école locale doit être payée par la population locale, même si sa construction est le fruit du travail de toute une région. Car ce n’est pas la production qu’on doit payer mais la consommation. Ce ne sont pas les producteurs où qu’ils soient qui doivent la payer mais les consommateurs.

Une école ne peut pas être consommée, usée ou détruite plus d’une fois. Pourquoi la faire payer plus d’une fois ? On ne fait pas payer le pain par le boulanger mais par celui qui le consomme. Et jamais on ne fait payer un pain deux fois, ni trois fois, pas même une fois et demie. Car il ne peut être consommé, mangé ou laissé moisir plus d’une fois. Pourquoi donc fait-on payer 250 000$ une école qui, neuve, vaut 150 000$ ?

Pourquoi la population de Kénogami est-elle rendue à payer pour la quatrième fois le prix d’un aqueduc qu’elle n’a pas fini de consommer une fois, puisqu’il est encore là ? Pourquoi ? À cause du système d’escroquerie qui préside à la naissance de l’argent, du crédit financier qui dicte les conditions imposées à la mise en circulation de l’argent.

Si une école de 150 000$ est jugée devoir durer 15 ans, cela veut dire qu’elle sera consommée graduellement, en moyenne pour le quinzième de sa valeur chaque année. La consommation, l’usage de cette école, doit donc être payée par la population qui s’en sert, au rythme de 10 000$ par année. Pas plus. Et lorsque les 150 000$ ont été retirés au bout de 15 ans, si l’école est encore là, il n’y a plus aucune raison de la faire payer un sous de plus. Elle ne peut être consommée plus d’une fois.

Crédits nouveaux pour une production nouvelle

Toute production nouvelle doit être financée par des crédits nouveaux, là où se fait cette production. Et ces crédits ne devraient être retirés qu’à mesure de la consommation, là où se fait cette consommation, usure quand il s’agit de bien durable, et au rythme où elle a lieu. Si ce rapport entre la production et les émissions de crédit pour la financer, et entre la consommation et les retraits de crédits par les paiements de ceux qui consomment, si ce rapport-là était respecté, la finance serait ce qu’elle doit être, le reflet du réel et non plus, comme aujourd’hui, la falsification du réel.

Et comme on ne peut normalement consommer plus que ce qui est produit, l’endettement tel qu’on le connaît, n’existerait pas. Il y aurait toujours entre les mains de la population de quoi payer ce qu’elle consomme, tant que la consommation ne dépasserait pas la production. Ce qui est un cas difficile à concevoir, n’est-ce pas ?

Mais pourquoi faisons-nous ces réflexions à l’échelon de la province, en parlant de Crédit Québec, Crédit Ontario, Crédit Nouveau-Brunswick, etc. ?

C’est parce que les richesses naturelles sont la propriété des provinces dans lesquelles elles se trouvent. C’est parce que les questions de développements publics provinciaux relèvent des provinces. C’est parce que les questions municipales et scolaires sont de juridiction provinciale. Et c’est parce qu’Ottawa n’a pas le droit de paralyser les possibilités physiques des provinces. Les provinces ne se sont pas mises en confédération pour se faire handicaper dans l’exécution de choses dont elles ont besoin et qu’elles sont physiquement capables de réaliser.

Un système d’escroquerie et de vol

Les richesses en choses et en hommes sont dans les provinces. Pourquoi la clef permettant de s’en servir serait-elle à Ottawa ? Elle n’a pas plus de raisons d’être là que dans les arcanes des brasseurs de piastres de Montréal, Toronto, Boston ou ailleurs. Si les provinces continuent de se contenter de marchandage avec Ottawa pour décider quelle portion des dépouilles des taxés ira à chaque gouvernement de taxeux, elles s’inclinent vachement devant un système d’escroquerie et de vol.

Aussi réclamons nous et poussons nous la population à réclamer l’institution d’un crédit provincial, d’un Crédit Québec au Québec. D’un organisme de comptabilité, organisme provincial, qui permette d’utiliser la capacité de production du Québec sans avoir à en quémander la permission ni à payer sottement ces permissions à des trafiquants de piastres. Pas plus à des trafiquants d’argent du pays qu’à des trafiquants d’argent de New York, ou de Londres, ou de Paris ou de Bruxelles.

Et de même, un Crédit Ontario en Ontario, un Crédit Nouveau Brunswick au Nouveau Brunswick, etc. Pour mettre les possibilités physiques des diverses provinces au service de leur population respective.

Nous incitons tous ceux qui sont, à bon droit, irrités des hausses de taxes scolaires, municipales, ou autres; nous les incitons à se révolter contre ce système. Qu’ils le fassent savoir à leur gouvernement respectif. Qu’ils pressent leurs commissions scolaires, leurs conseils municipaux, de passer des résolutions, pour demander au gouvernement provincial de remplacer, par un organisme de crédit provincial, le présent système de vol et d’endettement perpétuel. Dénoncer publiquement le système de vol et harceler les gouvernants par tous les moyens. Tant qu’ils n’y auront pas mis fin. Les taxes croissantes sont devenues un fardeau insupportable pour la plupart des familles. Elles leur enlèvent du pouvoir d’achat devant des produits qui abondent et qui pourraient abonder davantage s’ils trouvaient acheteur.

Le service de la dette onéreux

Le service de la dette est onéreux et interminable. D’ailleurs endetter la population pour la construction d’écoles, par exemple, quand ces écoles sont bâties par la population elle-même, et non pas par les créanciers, indique que le système financier est faux. Avec les intérêts, on nous fait payer plus d’une fois, des écoles qui ne peuvent certainement pas être consommées plus d’une fois. Autre indication d’un système financier défectueux.

Quand la population est capable de fournir à la fois la production publique et la production privée, elle ne devrait pas être obligée de se priver de l’une pour payer l’autre. Elle devrait être financée pour payer les deux à mesure qu’elle s’en sert. Voilà ce que nous devons réclamer sans cesse et à haute voix. Autrement, si nous laissons faire silencieusement, nous sommes des échines molles offertes à l’exploitation par des financiers voleurs, avec la complicité et même l’aide de gouvernements lâches ou stupides.

Louis Even

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