Un franc-maçon de la fin du dix-huitième siècle et du commencement du dix-neuvième, converti vers la fin de sa vie, a écrit ses mémoires. Un prêtre qui les a lus l'an dernier nous en cite quelques faits intéressants.
Né dans une humble demeure, cet homme renia sa foi, entra dans les loges et parvint aux plus hauts grades maçonniques en quelques années.
Il fut reçu dans ces hauts grades par le duc d'Orléans, Philippe Égalité, par le Capucin Chabot et une dizaine d'autres gros personnages, parmi lesquels un représentant des loges allemandes. Ce dernier, au milieu du repas, s'adressant au duc d'Orléans et montrant le portrait de Louis XVI, murmura :
— "Voilà une tête qu'il va falloir faire tomber !"
— "C'est la première à faire sauter", répondit Philippe Égalité.
— "Ça ne va pas assez vite !" gémit l'Allemand.
Quelques mois plus tard, notre fameux franc-maçon fut choisi comme grand directeur des greniers de blé à Paris. Les Loges, pour ameuter la population contre le roi, enjoignirent au directeur l'ordre de répandre partout le bruit que ces greniers étaient vides.
— "Je ne puis tout de même pas mentir à ce point, remarqua-t-il, les greniers sont pleins à craquer."
— "Comment ! Tu hésites ? Hésiter à mentir ! Alors, tu n'es pas un vrai frère. Il le faut ! Il le faut !"
Cet homme gardait encore un reste d'honnêteté ; il était d'une famille profondément chrétienne ; l'oncle qui l'avait instruit était Bénédictin. Aussi hésita-t-il encore quelques instants. Mais, sous la pression des Loges, il se décida enfin. Il se promena dans une charrette au milieu de Paris, criant partout que Louis XVI voulait affamer le peuple.
Et la foule de s'attrouper et de hurler : "Nous voulons voir le Boulanger, la Boulangère et le petit Mitron" — c'est-à-dire le roi, la reine et le dauphin.
Le directeur franc-maçon se déguisa alors en femme avec ses amis, et se jeta dans la foule qu'il excita et conduisit jusqu'auprès du roi, dans son palais. Il avoue avoir été à moins d'un pas de Louis XVI et donne, certains détails sur le respect qu'imposait le monarque à cette cohue sans honneur et sans dignité.
Le rôle de ce franc-maçon continua, travaillant tantôt avec Danton, tantôt avec Marat, puis avec Robespierre. À la mort de ce dernier, il entra dans l'armée, fut soldat de Napoléon et obtint du premier coup un grade d'officier.
Il raconte alors certains dessous des campagnes militaires de la Révolution et de l'Empire, qu'on ne trouve point dans les manuels d'histoire. Les officiers francs-maçons allemands, autrichiens, russes, etc., avaient reçu des Loges l'ordre de trahir leur propres troupes. Ceci jette quelques clartés sur certaines campagnes étonnantes, celle de Bonaparte en Italie, par exemple.
Notre homme dit que Bonaparte était franc-maçon, comme Lafayette d'ailleurs et le maréchal Ney, et d'autres. Alors !
Après avoir protégé les Juifs, Napoléon les persécuta vers 1908, écrit ce franc-maçon. Ce fait est d'ailleurs reconnu par les frères Lehman, Juifs convertis et très célèbres. Ce fut le signal d'un changement de fortune pour l'empereur. La franc-maçonnerie fit passer dans toutes les Loges l'ordre de combattre l'empereur par tous les moyens. D'où les fameuses guerres de 1812-14, si désastreuses pour Napoléon.
Plus tard, au cours d'une conversation, ce franc-maçon entendit la remarque que le génie de Bonaparte avait baissé après 1810. Il répondit :
"Pas du tout. Mais nous autres, officiers francs-maçons, agissant sur ordre des Loges, nous le trahissions, faisant exactement le contraire de ce qu'il nous commandait".
Il avoue même avoir été de ceux qui, en pleine campagne, parlementaient avec les officiers ennemis. D'où Fontainebleau, l'île d'Elbe, Waterloo.
Cet homme continua de servir sous Louis-Philippe, puis se retira de l'armée et se convertit. C'est alors qu'il écrivit ses mémoires.
Ainsi, il y a 150 ans, les Loges pouvaient déjà créer en Europe des famines artificielles et faire tourner à leur gré le sort des batailles.
On aurait peut-être là le mystère de la famine sans explication logique dont se plaint l'univers depuis qu'il ne produit plus d'engins de destruction et que des millions de bras et de cerveaux sont redevenus disponibles pour la production de biens utiles. C'est sans doute une manœuvre pour préparer des révolutions.
On a certainement là, en tout cas, l'explication des calomnies montées contre le maréchal Pétain et contre le général Franco. N'oublions pas que Pétain a vidé les Loges : alors il a commis tous les péchés ! Il serait proclamé au moins aussi grand que Voltaire et Combes si, comme eux, au lieu de vider les Loges, il avait vidé les couvents et fermé les églises.
Ces dernières pensées sont textuellement extraites de la lettre du prêtre qui nous communique le récit ci-dessus.
Le général Franco a, lui aussi, marqué la maçonnerie au fer rouge. Les francs-maçons ne lui pardonneront pas.