Bâtir une Cité chrétienne, se “dématérialiser”

Gilberte Côté-Mercier le mercredi, 01 décembre 1999. Dans Catéchèses et enseignements

Des apôtres pour le grand Jubilé de l'an 2000

Sur les murs de la grande salle de la Maison de l'Immaculée, les visiteurs verront des tableaux. Ce sont les noms des apôtres qui se sont donné du mal pour répandre Vers Demain. Sans ceux-là, il n'y aurait pas de Vers Demain. Sans eux, l'œuvre serait éteinte.

Je soumets cette pensée à tous les créditistes. Je la soumets surtout à ceux qui ne prennent pas un seul abonnement à Vers Demain pendant l'année. Et je continue avec eux la méditation :

N'auriez-vous pas pleuré si Vers Demain était tombé cette année ? Oui, bien sûr, car vous l'aimez tant votre journal ! Eh bien ! si tous les autres avaient fait comme vous, Vers Demain serait mort... N'est-ce pas effrayant d'y penser ?

Combien ils sont nombreux hélas ! ceux qui ne font pas leur part pour Vers Demain ! Et pourtant, Vers Demain se fortifie toujours, grâce à un petit groupe d'apôtres qui dépassent souvent leurs forces pour le soutenir. Que serait-ce donc si tous les créditistes faisaient au moins un petit quelque chose chaque année ? Ces pensées ne sont pas de découragement, mais une simple invitation à la réflexion et aux bonnes résolutions.

Notre programme, c'est 100,000 abonnements. Tu approuves ce programme, n'est-ce pas ? Tu l'endosses ? Tu y participeras ? Pour combien d'abonnements ? Fais-toi un programme précis. Le programme précis que je te suggère c'est :

1) ne pas manquer une seule occasion d'abonner autour de toi. Tu as toujours des blancs d'abonnement dans ta poche. C'est un service que tu rends à quelqu'un quand tu l'abonnes.

2) Aller visiter les familles. Pour cela, tu fixes un soir ou plus par semaine pour des visites, prospects ou porte en porte. C'est très bon de te chercher un compagnon qui aura lui aussi un objectif d'abonnements à atteindre. Le mieux de tout, c'est de donner tes fins de semaine avec une équipe de pèlerins. Alors tu profites du stimulant que t'apportent les autres.

Les samedis de pèlerins

Nous avons des équipes de pèlerins ici et là, qui sortent en groupes les samedis et dimanches. Ils devraient être plus nombreux les pèlerins du samedi. C'est le jour consacré à Marie. Nous demandons aux créditistes d'être assez généreux pour offrir leurs samedis à la Reine du Monde, en visitant leur prochain pour répandre la vérité de Vers Demain. Et nous aurons toutes raisons de croire que le salut politique nous sera donné par surcroît.

Il y en a qui sacrifient leurs fins de semaine depuis des années. Ils continuent. Pourquoi pas toi-même ? Donne au moins tes samedis. Le samedi est la meilleure journée de la semaine pour les résultats.

Une Cité chrétienne

Alors seulement, tu pourras dire que tu livres le combat. Il ne peut y avoir de combats sans combattants. Et c'est un honneur de se trouver parmi les combattants d'une grande bataille. Un duel à en finir qui se déroule actuellement dans le monde, le duel du peuple chrétien contre les ennemis de la Cité chrétienne.

Depuis la révolution française, les nations de notre Occident malheureux ont fait toutes les pirouettes politiques possibles. Élections dans de fausses démocraties, dictatures nationalistes ou internationalistes, dictature financière. Le tout sournoisement mené par la franc-maçonnerie, Église de Satan. Sous tous les régimes, le peuple est malheureux, lorsqu'il crève de faim dans l'abondance, lorsqu'il se fait dépouiller de ses propriétés par un État socialiste, soit qu'il finisse ses jours dans des prisons ou des camps de travail, soit que le communisme l'assassine physiquement et moralement.

La révolution française inaugurait une politique nouvelle pour l'Europe, la séparation de l'Église et de l'État, une politique de "Dehors le Christ ! Dehors des parlements, le Christ ! Puis dehors des écoles ! Dehors des hôpitaux ! Dehors des affaires ! Dehors des maisons ! Dehors des cœurs, le Christ ! Il ne reste plus qu'à réclamer : "Dehors de l'Église, dehors de l'Eucharistie même !" comme ne le craignent pas de le hurler les progressistes cachés partout.

L'Église de Satan a atteint son objectif de déchristianiser les Occidentaux. Elle a commencé par déchristianiser la politique. Et maintenant, elle veut tout déchristianiser.

Ceux qui savent qu'il faut des châtiments politiques pour que les familles retrouvent le bonheur dans les pays, doivent admettre qu'il n'y a qu'un moyen de changer la politique, c'est de la rechristianiser. C'est une Cité chrétienne qu'il faut rebâtir. Rien de moins.

Travail personnel

Bâtir une Cité chrétienne, qu'est-ce que ça peut bien signifier ?

C'est d'abord et avant tout y mettre des chrétiens. Après la mort du Christ, les premiers chrétiens ont commencé à édifier une chrétienté, en vivant eux-mêmes en chrétiens. La chrétienté commence avec chacun de nous, chez moi, en mon âme. Je vis dans le Christ. Je vis dans la cité temporelle. C'est tout un. Et de la sorte, la Cité commence à devenir chrétienne. Mon exemple et ma parole entraîneront les autres. La Cité chrétienne s'élargira.

Sans doute pour que la Cité chrétienne soit plus parfaite, il faut que les lois soient d'inspiration chrétienne. Lorsque l'empereur se convertit, c'est un grand pas vers la Cité chrétienne. Le chrétien doit viser à cet objectif de gagner les pouvoirs publics au christianisme.

Les moyens à la disposition du chrétien pour influencer les pouvoirs politiques, les moyens temporels politiques, quels sont-ils ? Sûrement pas les élections, du moins aujourd'hui, en 1999, en aucun pays du monde. Les élections ne changent rien du tout dans la politique. Elles donnent simplement l'illusion du changement à un peuple non averti.

Quels moyens reste-t-il au peuple ? Il reste à chaque chrétien après s'être lui- même converti, il lui reste le moyen politique de proclamer la vérité politique aussi fort que possible. Être témoin de la vérité jusqu'en politique, même en politique.

La vérité seule nous rendra libre. Même en politique. Nous ne voulons pas signifier une vérité pratiquée par ces assoiffés de sensation violente qui publient des scandales scabreux chez les grands. La vérité politique, ce n'est pas ça. C'est l'exposé des principes de bien commun et la lumière projetée sur les actes politiques des hommes d'État.

Le chrétien ne peut se mettre au service de l'erreur, du mensonge. Pas plus en politique qu'ailleurs. Et s'il a des ambitions de patriote, il ne peut prétendre l'être en sacrifiant la vérité, en la taisant. Le patriote aujourd'hui est celui qui proclame le plus haut possible la vérité qu'il connaît. C'est ainsi qu'il sauve son pays.

La vérité politique, il faut la dire, et il faut la vivre. Et la vérité réclame des soldats. La vérité politique réclame des soldats, des saints, des martyrs.

Se dématérialiser

La Cité chrétienne ne sera pas matérialiste. Le grand progrès matériel aura sa place dans une Cité chrétienne, mais il devra être subordonné à l'esprit, et non pas détrôner l'esprit.

Voilà pourquoi la Cité chrétienne et créditiste sera bâtie par des hommes et des femmes "dématérialisés" dans leurs pensées et leur vie, affranchis de la télévision, laveuse de cerveau, affranchis des journaux de même acabit, libérés des servitudes modernes qui compliquent tant notre vie, qui l'alourdissent, qui l'enchaînent à la matière, en bas, au lieu que l'esprit donne des ailes pour monter.

"Se dématérialiser", dominer le corps, le soumettre, le crucifier, puis se débarrasser du monde avec ses bagatelles, telles doivent être nos résolutions pour le Jubilé de l'an 2000. Chaque chapelet récité en famille, chaque Ave récité par nos Pèlerins dans le porte en porte, semble marquer une montée vers un sommet, vers une délivrance. Libération personnelle pour chacun, et libération nationale pour tout le peuple.

Avec un programme "se dématérialiser", chacun est capable de trouver, en la nouvelle année, plus de temps et de force pour être Pèlerin de saint Michel afin d'édifier l'œuvre de Vers Demain, qui apporte tant et tant au pays.

Et toi, lecteur de Vers Demain, quelle sera ta résolution ? Quelle sera ta part pour l'année du grand Jubilé ?

Gilberte Côté-Mercier

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