Quelques années avant la deuxième guerre mondiale, un éminent banquier anglais, directeur de la Banque d'Angleterre, Sir Josiah Stamp, remarquait :
"On accepte aujourd'hui des taxes bien des fois plus élevées que celles qui paraissaient insupportables il y a trente ans. Moyennant une éducation ajustée, l'esprit de l'homme peut devenir encore plus adaptable".
Et cette éducation ajustée a si bien réussi que notre génération en est venue à considérer inévitable et normal qu'une armée croissante de bureaucrates du gouvernement prenne de plus en plus d'argent des citoyens et le dépense au gré de la bureaucratie.
Le monde a fini par croire qu'il ne peut rien faire sans la permission des maîtres de l'argent, qu'il doit chômer en face de besoins criants, crever de faim devant l'abondance, et se taire religieusement quand les gouvernements donnent exactement le contraire de ce que les citoyens désirent.
Le cas serait désespéré, ou l'on n'aurait d'autre alternative que le chambardement communiste, si le Crédit Social n'était venu jeter une lumière nouvelle au milieu d'une civilisation désaxée.
Outre une lumière, c'est aussi une force qui jaillit du Crédit Social. Le Crédit Social est si logique et si humain, qu'il s'empare de son homme et en fait un propagandiste inarrêtable. Le feu se répand, les cœurs et les esprits s'unissent. Or, aucune dictature ne peut résister à un peuple éclairé et uni.
Parce que ces hommes-moteurs se multiplient dans la province de Québec, les électeurs apprennent à se grouper, à envisager les réalités abondantes plus que les piastres artificiellement mesurées, et à réclamer des résultats de leurs gouvernants.
C'est l'Union des Électeurs, fruit naturel de l'éducation faite par le Crédit Social. Sans doute que l'Union des Électeurs ne demande pas plus un système monétaire créditiste qu'un autre ; elle laisse la technique aux techniciens et le choix des méthodes au gouvernement. Mais elle exige la distribution de l'abondance à ceux pour qui l'abondance est faite ; elle exige des résultats qu'elle sait désirables et possibles.
L'éducation créditiste, antidote de la psychologie entretenue par les banquiers, fait de plus en plus généralement prévaloir le principe que "tout ce qui est physiquement possible et généralement désiré doit devenir financièrement possible". Et les citoyens apprennent de mieux en mieux où placer les responsabilités lorsqu'ils sont frustrés de ce qui leur appartient.
Aussi le temple de la dictature économique commence à craquer.