LE DEVOIR du 15 février écrit :
"La fin du conflit aurait dû normalement poser le problème du ravitaillement de l'Europe pour une période assez limitée, et ne susciter que des difficultés techniques de transport et de distribution. C'est de bien autre chose qu'il s'agit. Nous sommes menacés de la plus grande famine de l'histoire moderne. Les experts ont dressé de la situation un tableau très inquiétant".
Comment se fait-il que l'Europe soit plus affamée depuis la fin de la guerre que sous l'occupation allemande ? Elle avait pourtant alors la production de guerre à supporter en plus.
Serait-ce qu'Hitler avait plus de génie d'organisation que les grands alliés ?
LE DEVOIR en trouve plutôt la raison dans la reddition sans condition à laquelle ont tenu les alliés, et qui a prolongé la guerre de plusieurs mois, de ses mois les plus dévastateurs pour l'économie européenne.
Les Allemands avaient préservé, augmenté même les moyens de production dans les pays occupés. En quelques mois, les Alliés envahisseurs et les Allemands en retraite ont détruit sans compter.
La suite de la guerre totale semble devoir être une famine totale, que les généreuses expéditions américaines et canadiennes ne parviennent qu'à atténuer. Ce ne sont pas les bureaucrates, pas même ceux de l'UNRRA, qui font pousser les vivres.
Des pays d'Europe, c'est le Danemark, semble-t-il, qui a le plus vite refait ses sources d'approvisionnements. On rapporte que les magasins du Danemark regorgent de bons produits.
Le Danemark est voisin de l'Allemagne. Pas de mer à traverser.
Qu'y a-t-il de vrai dans la rumeur que le Danemark dispose de surplus qu'il ne peut exporter, faute de moyens terrestres de transport ? C'est du moins conforme aux déclarations faites l'automne dernier par le secrétaire permanent de l'Agriculture du Danemark. Il parlait de 3,000 à 4,000 tonnes par semaine, seulement dans les viandes de bœuf, ainsi handicapées pour l'exportation.
Pendant ce temps-là, notre gouvernement fédéral revenait au rationnement de la viande, pour augmenter les stocks disponibles pour l'Europe. Il y a réussi, puisque, selon les statistiques d'Ottawa, en un an, le Canada envoie à l'Europe 150,000,000 de livres de viande de plus que les années précédentes.
C'est très bien. Mais si, au lieu de rationner les Canadiens, on avait ouvert la voie aux offres du Danemark, on aurait eu de ce fait entre 300,000,000 et 400,000,000 de livres de viande de plus, deux à trois fois l'augmentation canadienne, et de la viande beaucoup plus fraîche que celle qui doit traverser l'océan.
L'UNRRA est pourtant présidée par un Juif, et les Juifs s'attribuent des talents particuliers pour organiser et conduire la planète !