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L'ordre social temporel chrétien (Art 8 Personne humaine et ordre politique)

le jeudi, 01 février 1940. Dans Réflexions

Selon les enseignements de l’Église, l’ordre social temporel ne peut être parfait et vraiment humain qu’à la condition d’être ou de devenir chrétien. Il suppose que des personnes humaines suivent les impulsions de la nature qui les a faites sociales et se mettent à la recherche d’un bien commun sous la direction d’une autorité qui les mène par la loi. De plus, l’ordre social temporel ne peut être sainement constitué que si des institutions sociales ont germé et grandi au sein des grandes collectivités où la nature nous fait entrer. Il requiert, par ailleurs, une économie ordonnée à la satisfaction des besoins temporels de l’homme, ou un ordre économique qui soit véritablement humain. Il suppose enfin ce que nous appellerons un "ordre politique" ou encore une vie communautaire parfaitement organisée à l’intérieur de la cité ou de l’État. Cet ordre politique est nécessaire à la personne humaine pour qu’elle arrive à la civilisation véritable. Et l’on sait qu’un tel objet implique, mais dépasse de beaucoup, la simple prospérité économique d’un pays. Le convenable développement de la vie humaine sur cette terre comporte les arts et la culture de l’esprit et, chose plus importante encore, l’élévation des mœurs. (D. Lallement, Principes catholiques d’action civique, p. 23). Cet "ordre politique" doit donc animer l’ensemble des activités humaines destinées à réaliser "la parfaite suffisance de la vie temporelle".

1. La personne humaine ne peut s’épanouir parfaitement que dans la cité terrestre.

"L’objet de la société civile ou de l’État est de procurer à la multitude unie en un corps social la meilleure vie temporelle, vraiment humaine, qui est possible, adaptée à la vie spirituelle et à la préparation de la vie éternelle". (Lallement op. cit. p. 53).

La personne humaine ne peut atteindre ces fins, lesquelles sont les siennes que dans la cité terrestre.

2. Or la cité terrestre ne peut remplir ce grand office en faveur de la personne humaine que si l’ensemble des activités qui la constitue et la maintienne, forme un ordre de choses temporelles qu’on appelle un "ordre politique".

 Lorsque tous les citoyens ainsi formés, chefs et sujets, jouent exactement leur rôle dans la vie publique, en vue de procurer à la multitude les biens de la civilisation et de la culture, ils se créent par le fait même, une vie nouvelle qu’on appelle la vie civique et un ordre nouveau de choses humaines qu’on nomme un "ordre politique".

3. Enfin, l’ordre politique, pour procurer à la personne humaine la parfaite suffisance des biens nécessaires à la vie terrestre de l’homme, doit imposer ses directives aux ordres de choses humaines qui lui sont inférieures et accepter celles qui lui viennent des pouvoirs préposés aux ordres de choses supérieures.

a) Le bien de la cité est meilleur que le bien des particuliers et des familles qui la constituent, préférable à celui de tous les groupements inférieurs qu’elle renferme et des institutions sociales qu’elle contient, de beaucoup à celui que l’ordre économique doit assurer. À l’encontre du libéralisme économique et politique, il faut proclamer la nécessité qu’il y a pour l’ordre politique de se subordonner ces intérêts particuliers, sans pour autant les détruire ni se substituer aux groupements et aux ordres destinés à les promouvoir.

b) Mais les intérêts de la cité terrestre elle-même ont moins d’importance que ceux de la communauté des États organisés pour réaliser le bien commun international et de l’ordre surnaturel. Ainsi se motivent les oppositions que l’Église ne cesse de manifester en principe et en fait au totalitarisme et à l’impérialisme politique de toute nuance et de toute couleur.

Père Thomas-M. LANDRY, o.p.

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