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sonne à l’enfer. Ce sont les personnes qui se condam-

nent elles-mêmes à l’enfer. Dieu a donné aux hommes

la liberté de choix, et Il respecte cette liberté humaine».

Soeur Lucie écrivait, quelques années avant sa

mort survenue le 13 février 2005: «Dans le monde,

il ne manque pas d’incrédules pour nier ces vérités,

mais celles-ci n’en continuent pas moins d’exister

malgré le fait qu’elles sont niées; et cette incrédulité

ne les délivre pas des affres de l’Enfer si leur vie de pé-

ché les y conduit... À Fatima, (Dieu) nous a envoyé son

Message comme une preuve de plus de ces vérités.

Ce Message nous les rappelle pour que nous ne nous

laissions pas tromper par les fausses doctrines des

incrédules qui les nient et des dévoyés qui les défor-

ment. À cette fin, le Message nous assure que l’Enfer

est une vérité et que les âmes des pauvres pécheurs y

tombent» (

Appels du Message de Fatima, éd. Secréta-

riat des Pastoureaux, 2003, chapitre 14

).

Décrivant par avance le jugement dernier, Jésus

affirme: Alors le Fils de l’homme dira à ceux qui se-

ront à sa gauche: «Allez-vous-en loin de moi, maudits,

dans le feu éternel préparé pour le démon et ses an-

ges»... Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,

et les justes, à la vie éternelle (Mt 25, 41 et 46). Au

cours de sa vie publique, notre Sauveur Jésus revient

souvent sur le thème de l’Enfer, de la géhenne, du feu

qui ne s’éteint pas (cf. Mc 9, 43-48), réservé à ceux

qui refusent jusqu’à la fin de leur vie de croire et de

se convertir, et où peuvent être perdus à la fois l’âme

et le corps (cf. Mt 10, 28). Le Compendium du Caté-

chisme de l’Église catholique (n. 395) nous le rappelle:

«Le péché mortel détruit en nous la charité, nous prive

de la grâce sanctifiante et conduit à la mort éternelle

de l’Enfer s’il n’y a pas de repentir».

Le Magistère de l’Église s’est exprimé bien sou-

vent à ce sujet; le Pape Pie XII soulignait, le 23 mars

1949: «La prédication des premières vérités de la foi

et des fins dernières, non seulement n’a rien perdu en

nos jours de son opportunité, mais elle est devenue

plus que jamais nécessaire et urgente, même la pré-

dication sur l’Enfer. Sans doute faut-

il traiter ce sujet avec dignité et avec

sagesse. Mais, quant à la substance

de cette vérité, l’Église a, devant Dieu

et devant les hommes, le devoir sacré

de l’annoncer, de l’enseigner, sans

aucune atténuation, telle que le Christ

l’a révélée, et il n’y a aucune circons-

tance de temps qui puisse diminuer

la rigueur de cette obligation. Elle lie

en conscience chaque prêtre auquel,

dans le ministère ordinaire ou extra-

ordinaire, est confié le soin d’instruire,

d’avertir et de guider les fidèles. Il est

vrai que le désir du Ciel est un motif

en soi plus parfait que la crainte des

peines éternelles; mais il ne s’ensuit

pas que ce soit pour tous les hommes

aussi le motif le plus efficace pour les

retenir éloignés du péché, et pour les

convertir à Dieu».

Devant les événements d’Aljustrel,

les partisans de la politique anticlérica-

le au Portugal s’agitent. L’administra-

teur de l’arrondissement de Vila Nova

de Ourém, dont dépend le hameau,

est un homme sectaire. Le 13 août, il

se rend à Fatima, et emmène par ruse

les trois enfants à Ourém. Les petits

voyants sont consternés de manquer

le rendez-vous donné par la Sainte

Vierge. Ils offrent ce grand sacrifice

à Notre-Seigneur. Interrogés sur les

apparitions, ils racontent ce qu’ils ont

vu, mais restent fidèles au secret. On

leur promet des pièces d’or: rien ne

peut les ébranler. En dernier recours,

l’administrateur les conduit à la prison

et leur dit: «Si vous tardez trop à parler, on vous fera

frire dans l’huile». Le soir, les trouvant inébranlables, il

commande de préparer une chaudière pleine d’huile.

Puis, se tournant vers Jacinthe: «Dis le secret que tu

prétends avoir reçu. – Je ne puis pas. – Tu ne peux

pas?... Eh bien, je vais faire en sorte que tu puisses !...»

Un gendarme emmène Jacinthe. Au bout de quelques

minutes, l’administrateur s’adresse à François: «Voilà

ta soeur frite !... Maintenant à toi !... dis-moi ton secret.

– Je ne puis le dire à personne». Et, on l’entraîne pa-

reillement. Puis, vient le tour de Lucie. En réalité, ce

n’est qu’une mise en scène; cependant Lucie avouera

plus tard: «Je croyais que c’était pour de bon et que

j’allais mourir. Mais je n’avais pas peur et je me recom-

mandais à la Sainte Vierge». Un tel courage, chez des

enfants, manifeste une intervention surnaturelle de

Dieu par l’octroi du don de force.

Le 13 septembre, la Sainte Vierge confirme sa pro-

messe d’un grand miracle pour le 13 octobre. Ce jour-

là, la Dame donne son nom: «Je suis Notre-Dame du

Rosaire. Je désire que l’on fasse ici une chapelle en

mon honneur, et que l’on continue à dire le chapelet

tous les jours». La foule est évaluée à 70.000 person-

nes. À la fin de l’apparition, le soleil se met à danser,

à émettre toutes sortes de couleurs, puis il semble se

précipiter par bonds en zigzag sur la foule, et enfin re-

prend sa place, miracle qui accrédite les apparitions.

Les jours qui suivent, les petits sont harcelés d’inter-

rogatoires interminables de la part de toutes sortes de

personnes. Suivant les recommandations de la Sainte

Vierge, ils offrent leurs souffrances à Dieu. Pour sauver

les pécheurs, ils sont devenus insatiables de sacrifices.

«Quelle belle lumière !»

À l’automne 1918, François tombe gravement ma-

lade de la «grippe espagnole»: il attend la mort avec

autant de certitude que de patience. Même aux mo-

ments de la plus forte fièvre, il n’oublie pas son cha-

pelet. Un jour Lucie lui demande: «Souffres-tu beau-

coup? – J’ai tellement mal à la tête ! répond-il, mais je

veux le supporter pour consoler Notre Seigneur». Le 2

avril 1919, il se confesse et, le lendemain, fait sa pre-

mière Communion qui est aussi son dernier Viatique.

Souvent Jacinthe s’agenouillait, les mains

jointes, pour réciter la prière que Notre-Dame leur

avait enseignée:

«O mon Jésus, pardonnez-nous

nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, con-

duisez au Ciel toutes les âmes, spécialement celles

qui ont le plus besoin de votre miséricorde.»

Et

elle restait de longs moments en prière, invitant les

deux autres voyants à faire de même.

«François,

Lucie, priez-vous avec moi ? Il faut prier beaucoup

pour empêcher les âmes d’aller en enfer ! Il y en

a tant, tant !»

D’autres fois Jacinthe demandait à

Lucie:

«Pourquoi la Sainte Vierge ne fait-Elle pas

voir l’enfer aux pécheurs? S’ils le voyaient ils ne

pécheraient plus, pour ne pas tomber dedans ! Tu

dois dire à cette Dame qu’Ellemontre l’enfer à tous

ces gens

(présents au moment de l’apparition)

; tu

verras comme ils se convertiront !».

Dans le livre

Entrez dans l’Espé-

rance

, publié en 1994, le journaliste

Vittorio Messori demande à saint

Jean-Paul Il pourquoi tant de gens

d’Église n’osent plus parler de l’enfer.

Le Saint-Père répond:

«Certains se rappelleront qu’il n’y

a pas si longtemps, dans les sermons

prononcés à l’occasion des retraites

spirituelles ou des missions, les “fins

dernières”, les réalités ultimes de la

mort, du jugement, de l’enfer, du para-

dis et du purgatoire, constituaient le

sujet immuable des méditations, que

les prédicateurs savaient mener avec

un art très pédagogique de révocation.

Combien d’hommes se sont convertis

et confessés grâce à ces sermons et à

ces descriptions de l’au-delà!

«Il faut avoir l’honnêteté de re-

connaître que oui, l’homme s’est éga-

ré, les prédicateurs se sont égarés, les

catéchistes se sont égarés, les éduca-

teurs se sont égarés. C’est pourquoi

ils n’ont plus le courage de «mena-

cer de l’enfer... Pourtant, les paroles

du Christ sont sans équivoque. Chez

Matthieu (25, 46), il parle clairement

de ceux qui connaîtront

des peines

éternelles...»

Portrait officiel de la canonisation, oeuvre de l’artiste Silvia Patricio

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Photo des trois voyants de Fatima prise le

13 juillet 1917, après la vision de l’enfer.

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2017

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