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«La quête de spirituel et de vivre-ensemble, se fait

quête de solidarité. Tout être humain cherche un sens

à sa vie, est fait pour être en relation, aspire à la paix.

On entend dire parfois et avec raison “la grandeur d'une

civilisation se mesure à la place qu'elle donne au plus

petit”. Montréal est une histoire de solidarité avec les

plus démunis, avec les personnes frappées par les tra-

gédies. À partir des communautés religieuses d'hier et

d'aujourd'hui jusqu'aux organismes communautaires

de notre temps, la compassion et le soutien, sans égard

aux différences de cultures, font partie également de ce

que nous sommes, civilement et politiquement.

Une culture de la paix

«Au nom de Jésus, Maisonneuve et Jeanne-Man-

ce, les fondateurs et fondatrices de Montréal, ont vécu

des valeurs profondément chrétiennes, qui étaient en

même temps profondément humaines. Ces mêmes

valeurs ont le pouvoir de traverser le temps, car en tant

qu'êtres humains nous sommes faits pour en vivre.

Continuons à tenir ensemble le spirituel, le vivre-en-

semble et la solidarité, afin d'être un milieu où on croit

à la dignité de tout être humain. Construisons ensem-

ble une société où les personnes peuvent s'accomplir,

les familles s'épanouir et les différentes composantes

de la société vivre le respect, le dialogue et la paix.

«Laissons-nous inspirer par ces hommes et ces

femmes, nos ancêtres, qui se mettant à genoux de-

vant Dieu, se sont laissés guider par l'Esprit-Saint,

dans la joie de croire en Jésus Christ Crucifié et Res-

suscité. Regardons la croix qui est source de récon-

ciliation. Dans nos vies personnelles, familiales, so-

ciales et ecclésiales, il y a des moments ensoleillés

et des moments de tempête. Rendons grâce à Dieu

pour sa présence et croyons qu'il ne nous abandonne

jamais.»

(Fin de l’homélie de Mgr Lépine.)

On ne peut comprendre

Montréal et sa fondation sans

reconnaître ses origines clai-

rement spirituelles. Même le

maire actuel de Montréal, M.

Denis Coderre, l’a admis lors

de son allocution à la basilique

Notre-Dame le 17 mai 2017, et

nous le félicitons pour ses pa-

roles émouvantes, que nous ne

sommes pas habitués d’enten-

dre de la part de politiciens:

«Montréal n'est pas née dans le tumulte de la guer-

re ou le sang de la révolution; Montréal n’est pas née

dans la ferveur de la conquête ou dans la course à la

richesse et à l’or. Montréal est née d'un rêve: celui de

transmettre la parole de Dieu aux habitants des confins

du Nouveau Monde. Paul Chomedey de Maisonneuve,

Jeanne Mance, et les quelques 40 colons et religieux

qui ont fondé le village de Ville-Marie ce 17 mai 1642 ne

rêvaient pas de gloire ou de fortune: leur seule ambi-

tion était de bâtir une cité missionnaire, qui devait être

la base d’une expédition pacifique d’évangélisation.

Ce Nouveau Monde pour les Européens était alors un

territoire habité par des peuples à l’histoire millénaire,

desquels les premiers colons, dont faisaient partie Paul

Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance, ont ap-

pris et se sont inspirés. Les peuples autochtones ont

participé à l’édification de la société dans laquelle nous

vivons, et y contribuent encore.

«Ce matin, nous rappelons la première messe

célébrée à Ville-Marie par le père jésuite Barthélémy

Vimont: un moment fondateur, un acte symbolique.

Nous poursuivons ainsi une tradition vieille de cent

ans, instaurée à l’occasion du 275e anniversaire de

Montréal… Une tradition qui nous rappelle qui nous

sommes et d’où nous venons, qui nous rappelle que

Montréal s’est bâtie d’abord et avant tout sur l’ensei-

gnement et les valeurs de l’Église catholique. Cet hé-

ritage, nous l’assumons entièrement. Il est toujours

bien présent aujourd’hui, ici-même, à l’intérieur de

cette magnifique basilique. Il est présent dans la croix

érigée sur le Mont Royal, dans le grandiose Oratoire

Saint-Joseph – un monument à la foi de tout un peu-

ple. Il est bien présent dans nos églises dispersées à

travers la ville, qui ont fait retentir leurs cloches il y a

quelques instants, rappelant que Montréal est “la ville

au cent clochers”. Un héritage qui passe également

par nos congrégations religieuses, présentes à Mon-

tréal depuis les tout débuts de la colonie, qui ont litté-

ralement bâti et administré le réseau hospitalier qué-

bécois durant 300 ans.

«Bref, c'est toute cette dimension spirituelle à l’ori-

gine de la création de notre ville que nous célébrons

ce matin, car c’est sur cette base puissante que Mon-

tréal a évolué en une métropole ouverte et diverse…

En cette journée qui marque notre 375e anniversaire,

rendons hommage non seulement aux courageux

fondateurs de Ville-Marie, mais également aux fem-

mes et aux hommes, qui durant toutes les années qui

ont suivi, ont contribué à faire de Montréal ce qu’elle

est aujourd'hui…

«Lors de la première messe de la fondation de Vil-

le-Marie, le père Barthélémy Vimont a servi aux fidèles

un sermon faisant acte de prophétie. Je le cite: “Ce

que vous voyez n’est qu’un grain de moutarde, mais

il est jeté par des mains si pieuses et animées d’un

esprit de foi et de religion, que sans doute il faut que

le Ciel ait de grands desseins, puisqu’il se sert de tels

ouvriers. Et je n’ai aucun doute que ce petit grain pro-

duira un grand arbre et fasse un jour des merveilles,

se multipliant et s’étendant de toutes parts.” Je nous

souhaite à tous encore beaucoup d’années de mer-

veilles.»

(Fin du discours de M. Coderre.)

Au nom de Jésus

La fondation de Montréal a été faite avant tout

au nom de Jésus. C’est ce que Mgr Lépine expliquait

dans sa lettre pastorale pour le 375e anniversaire de

fondation de Montréal, datée du 8 décembre 2016:

«Au Nom de Jésus, des hommes et des femmes

ont fondé la ville de Montréal le 17 mai 1642. La vision

même de cette fondation était motivée par le désir

profond d’annoncer Jésus-Christ, d’offrir un modèle

de vie communautaire et des services d’éducation et

de soins de santé.

«C’est un projet inspiré par Dieu en 1635, à Jé-

rôme Le Royer, homme de foi, époux et père de fa-

mille. Animé par un souffle d’évangélisation, il fonde

la Société Notre-Dame afin de soutenir la formation

d’une communauté catholique sur l’île de Montréal.

Cette communauté serait en même temps un centre

missionnaire, regroupant français et membres des

Premières Nations dans le respect et l’enrichissement

mutuels. En 1642, le 17 mai, Paul de Chomedey sieur

de Maisonneuve et la vénérable Jeanne-Mance, deux

laïcs remplis de foi et de zèle missionnaire, arrivent sur

l’île et fondent Ville-Marie en l’honneur de la Vierge

Marie. La messe est célébrée dès l’arrivée, affirmant

ainsi la dimension spirituelle de cette fondation.

«Nous pouvons vraiment croire que notre ville fut

fondée par un grand élan mystique qui a soutenu la

fidélité à la prière, l’espérance en la présence de Dieu

et la force du courage de ces jeunes personnes. Nous

voulons nous tourner vers ce passé héroïque pour

rendre grâce au Seigneur, non seulement pour les dé-

buts de la ville, mais pour l’ensemble de son histoire

jusqu’à aujourd’hui. En effet, au cours des années, plu-

sieurs communautés religieuses d’hommes et de fem-

mes ont témoigné de l’Amour toujours bienveillant de

Dieu. Un Peuple fervent a grandi.

«De nombreuses personnes, membres de l’une ou

l’autre de ces communautés, ont été de merveilleux

témoins de la charité du Christ envers les plus petits,

les plus pauvres et les plus faibles. Des hommes et

des femmes de prière ont consacré leur vie au service

de l’Évangile et de leurs frères et sœurs. Parmi ces té-

moins de la foi, nous reconnaissons avec toute l’Église

la sainteté des fondateurs et des fondatrices qui nous

interpellent par l’héroïcité de leurs vertus, qui ont lais-

sé un héritage éloquent à notre histoire chrétienne et

sociale, et que nous pouvons prier aujourd’hui.

«Les paroisses se sont développées avec des

hommes et des femmes de différentes vocations, qui

ont donné leur vie pour que naissent et grandissent

des communautés centrées sur Jésus-Christ pour que

celles-ci soient des maisons de prière, des écoles de la

foi, des familles de solidarité, des sources d’annonce

de la proximité de Dieu et d’engagement auprès des

plus démunis. (…)

«C’est un temps favorable pour faire mémoire

de nos origines, pour communier à l’élan mission-

naire, spirituel, communautaire et social qui animait

ces hommes et ces femmes. Ces personnes qui ont

tout quitté au Nom de Jésus sont des modèles pour

nous et pour notre Église locale. Elles nous appellent

à raviver notre foi en Jésus-Christ et à construire des

communautés ouvertes où se renouvelle le vivre-en-

semble… C’est un moment privilégié pour souligner la

dimension spirituelle de l’origine de la ville et de son

histoire, l’aspiration à vivre ensemble qui a été pré-

sente dès le début, la riche tradition de solidarité avec

les pauvres et les malades.»

v

Denis Coderre

Première messe célébrée à Montréal le 17 mai 1642 par le Père Barthélémy Vimont, jésuite

La cathédrale sde Montréal, bâtie sur le modèle de

la basilique Saint-Pierre de Rome, pour montrer

l’attachement de l’Église de Montréal au pape.

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2017

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