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2017 marque le 375e anniversaire de la ville de

Montréal, fondée précisément le 17 mai 1642 sous

le nom de Ville-Marie. Ce qui est particulièrement

intéressant dans les origines de la fondation de Vil-

le-Marie, ce sont les intentions missionnaires de ses

fondateurs. Montréal ne fut pas fondée dans un but

mercantile ou de conquête, mais dans le but de ré-

pandre la foi catholique en Amérique. Les fondateurs

de Montréal étaient des saints, nous avons toutes les

raisons d’en être fiers, et de continuer à vivre de cet

héritage de foi catholique qu’ils nous ont transmis. Un

retour sur l’histoire nous aidera à mieux les apprécier.

Un village fortifié, nommé Hochelaga, est déjà pré-

sent sur l'île quand Jacques Cartier arrive de France

le 2 octobre 1535. Il est bien accueilli par les Iroquois

et il nomme la montagne qu'il voit au centre de l'île,

Mont Royal (d’où le nom de Montréal). Toutefois, lors

du premier passage de Samuel de Champlain dans la

région, en 1603, il ne trouve pas de trace du village

d’Hochelaga. En 1611, le fondateur de Québec — qui

comprend rapidement la position stratégique qu'occu-

pe l'île — fait défricher un site à la Pointe-à-Callière.

Jérôme Le Royer de la Dauversière

C'est Jérôme Le Royer de

la Dauversière qui a été l'initia-

teur du projet de fonder Ville-

Marie sur l'île de Montréal. De

la France où il vivait, ce laïc

marié et père de cinq enfants

affirme avoir reçu, alors qu'il

était en prière, appel à fonder

une colonie missionnaire sur

l'île de Montréal. Sans avoir

jamais vu le site, il pouvait en

décrire assez précisément la

géographie; son fleuve, sa

montagne. Après plusieurs années de déchirements

intérieurs, il décide en 1635 de mettre le projet à exé-

cution et monte à Paris pour y trouver des associés.

Selon le texte qui se trouve dans les Véritables

motifs de la Société Notre-Dame de Montréal, impri-

més en 1643, le «dessein de Montréal a pris son ori-

gine par un homme de vertu – Jérôme Le Royer de la

Dauversière – qu’il plut à la divine bonté inspirer, il y

a sept ou huit ans, de travailler pour les sauvages de

la Nouvelle France, dont il n’avait auparavant aucune

particulière connaissance, et quelque répugnance qu’il

y eut, comme chose pardessus ses forces, contraires

à sa condition, et nuisibles à sa famille. Enfin plusieurs

fois poussé et éclairé par des vues intérieures, qui lui

représentaient réellement les lieux, les choses et les

personnes dont il se devait servir [...] fortifié intérieu-

rement à l’entreprendre, comme service signalé que

Dieu demandait de lui, il se rendit comme Samuel à

l’appel de son maître.»

En 1640, Le Royer s’associe à l’abbé Jean-

Jacques Olier (futur fondateur des Sulpiciens en 1645)

et fonde la «Société de Notre-Dame de Montréal» pour

la conversion des habitants du Nouveau Monde. Le

but des associés de cette «folle entreprise» expliquera

Jean-Jacques Olier était «d'assembler sur l’île un peu-

ple composé de Français et d'Indiens qui cultiveraient

la terre et les arts mécaniques, qui vivraient en frères

et sœurs, unis dans la charité fraternelle.»

M. de La Dauversière rendra son âme à Dieu le

6 novembre 1659, à l’âge de 72 ans. Il a été déclaré

vénérable par le pape Benoît XVI le 6 juillet 2007.

L’histoire de Ville-Marie, appelée par la suite

Montréal, peut se résumer à l’appel de trois jeunes

personnes qui répondirent à l’appel de Dieu, «Viens,

suis-moi»: Paul de Maisonneuve, Jeanne Mance, et

Marguerite Bourgeoys. À remarquer que si la ville se

nomme maintenant Montréal, le diocèse de Montréal

s’appelle encore officiellement en latin

Marianopolis

(Ville-Marie).

Paul Chomedey de Maisonneuve

Paul de Maisonneuve avait 29 ans lorsque, par sa

sœur religieuse à Troyes, il

découvre les

Relations

des

Jésuites (le compte rendu

des activités missionnai-

res des Jésuites en Nou-

velle-France). Leur lecture

le bouleverse. Et l’appel

retentit: «Viens, suis-moi».

Peu de temps après, il ren-

contre l’un d’entre eux, le

Père Charles Lalemant. Il

l’interroge avec avidité, lui

demande ce qu’il doit faire

pour prendre part à la gran-

de aventure de l’évangéli-

sation en Nouvelle-France.

Le Père Lalemant lui fait rencontrer monsieur de

la Dauversière, qui s'ouvre à M. de Maisonneuve du

dessein de la Société Notre-Dame de Montréal à quoi

celui-ci répond: « Monsieur, je suis prêt à aller à Mon-

tréal et y faire sacrifice à Dieu de ma vie et de ce que

j'ai de plus cher en France ». Maisonneuve est nommé

sur le champ gouverneur de Ville-Marie, avant même

d’y avoir quitté la France.

Jeanne Mance

Pendant ce temps, à Langres,

en Champagne, une jeune femme

d’une trentaine d’années, Jeanne

Mance, rêve de faire de sa vie

quelque chose de beau. Dieu

l’attire, mais elle ne se sent pas

faite pour la vie religieuse. Elle

attend un signe de Dieu… On lui

parle des misions de la Nouvel-

le-France. Elle rencontre le Père

Lalemant… Et l’appel retentit en

son cœur: «Viens, suis-moi». Jeanne Mance s’en va

répétant qu’elle traverserait bien l’océan, mais qu’elle

ne sait pas ce que Dieu ferait d’elle là-bas, si loin!

Jeanne est déjà une ardente apôtre de la Nouvelle-

France, mais elle veut faire davantage. Elle rencontre

une riche veuve, madame de Bullion, qui veut dispo-

ser de ses biens pour Dieu et qui propose à Jeanne de

fonder, dans le pays où elle se rendra, un Hôtel-Dieu

pareil à celui que possédait Québec. Et voilà Jeanne à

La Rochelle, prête à s’embarquer, mais avec qui ? Elle

ne le sait pas, jusqu’à ce qu’elle rencontre M. de la

Dauversière «devant la porte de l’église des Jésuites».

Ils ne se connaissent pas, mais ils se reconnaissent !

M. de la Dauversière, depuis des années, poursuit son

rêve de fonder une colonie et d’y établir un hôpital

dans l’île de Montréal. Alors que lui-même ne peut

quitter la France, il confie la fondation de «son» hôpital

à cette jeune femme qu’il vient à peine de rencontrer,

mais qu’il sait choisie par Dieu pour accomplir cette

oeuvre.

Jeanne Mance décédera à Montréal le 18 juin

1673, à l’âge de 72 ans. Elle a été déclarée vénérable

par l’Église le 8 novembre 2014. Sa dépouille repose

dans la crypte de la chapelle de l’actuel Hôtel-Dieu de

Montréal.

Marguerite Bourgeoys

Ville-Marie/Montréal va avoir une troisième fonda-

trice. Et c’est encore une jeune femme qui a entendu

le «Viens, suis-moi» de Jésus, à travers les nouvelles

qui parviennent en France par les

Relations

des Jésui-

tes. Dix ans ont passé. M. de Maisonneuve, gouver-

neur de Ville-Marie, revient en France, à l’automne

1651, pour chercher du secours. En effet, la situation

de Ville-Marie est désespérée, face aux attaques des

Iroquois. Il mettra deux ans pour trouver une centaine

de soldats prêts à défendre Montréal. Avant de repartir

de France, il va saluer sa sœur, supérieure de religieu-

ses à Troyes. Et aussitôt, la «sainte folie» s’empare des

sœurs: toutes veulent partir pour Ville-Marie, en raison

même de sa situation désespérée. Maisonneuve leur

fait comprendre que, pour l’heure, c’est de chrétiennes

appelées à se dévouer dans le monde dont il a besoin,

non de religieuses cloîtrées.

Sœur Louise se tourne alors

vers une jeune femme, à peine

dans la trentaine, Marguerite

Bourgeoys. Elle n’est pas religieu-

se, mais elle a «rencontré» Dieu

au printemps de sa vie. Elle avait

20 ans, en 1640, lorsqu’elle enten-

dit le premier «Viens, suis-moi».

Elle suit une procession dans les

rues de Troyes, lorsqu’elle voit

devant un portail une sculpture

de la Vierge Marie:

«Je la trouvais très belle; et, en même temps, je

me trouvais si touchée et si changée que je ne me

reconnaissais plus… Dès ce moment, je quitte tous

mes ajustements, et me retire d’avec le monde pour

me donner au service de Dieu…Pendant des années,

Marguerite cherche sa voie. Dans quel ordre religieux

doit-elle vivre sa vocation? Paul de Maisonneuve lui

Montréal fondée il y a 375 ans

Pour répandre la foi en Amérique

M. de la Dauversière

Assemblée mensuelle

de Vers Demain à Montréal

Église Saint-Gilbert

Arrondissement Saint-Léonard

(entrée salle 5415 rue Jean-Talon)

Le 2e dimanche de chaque mois

11 juin, 9 juillet, 13 août

14 heures: heure d’adoration, suivie de

l’assemblée, chapelle du Sacré-Coeur

Paul de Maisonneuve

par Ozias Leduc

Jeanne Mance

Marguerite

Bourgeoys

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2017

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