Table of Contents Table of Contents
Previous Page  28-29 / 48 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 28-29 / 48 Next Page
Page Background

Est-ce que madame va se dé-

soler parce qu’elle a du temps à

elle pour en disposer à son gré?

Ou bien, son mari va-t-il, au nom

de «l’embauchage intégral», lui

chercher d’autre ouvrage pour

remplacer celui dont elle est libé-

rée? – Non, n’est-ce pas. Ni l’un ni

l’autre ne peut être sot à ce point !

Pourquoi l’entrée de l’automa-

tion dans l’industrie n’est-elle pas

reçue avec la même joie, avec les

mêmes marques de reconnais-

sance que l’automation du lavage

chez madame Laflamme?

Pourquoi? — Parce que le bon

sens a encore sa place dans l’éco-

nomie domestique, dans ce qui re-

garde les affaires de la maison; tan-

dis que dans l’économie politique,

dans ce qui regarde les affaires

économiques de la société, c’est la

sottise qui domine de plus en plus.

Système financier archaïque

Oh ! J’entends bien l’objection, on me dit: «Ma-

dame Laflamme peut bien se réjouir. Les appareils

automatiques la soulagent et lui donnent des heures

libres, mais ne la punissent pas. Tandis que l’auto-

mation punit ceux à qui elle donne congé. Pour les

employés que l’automation remplace ce n’est pas un

beau congé, c’est un congédiement. C’est le chômage

avec la perte de salaire. Avec quoi vont-ils acheter du

pain pour eux et pour leurs familles?»

C’est justement là que se manifeste la sottise du

système. Les machines, l’automation, suppriment de

l’emploi, tout en produisant autant ou même davanta-

ge. Et, on continue quand même à exiger que les hom-

mes soient employés pour avoir droit aux produits.

C’est cette exigence-là, ce règlement-là, qui est en

contradiction avec le progrès. D’un côté, par le pro-

grès, on cherche à donner du temps libre aux hom-

mes. D’un autre côté, en même temps, on veut que

les hommes soient embauchés pour avoir de l’argent.

Donc pour pouvoir vivre, car il faut payer les produits

qu’on ne fait pas soi-même.

Que les produits soient faits par des hommes ou

par des machines automatiques, ils sont là. Et ces

produits sont faits pour satisfaire à des besoins. Il faut

donc qu’ils aillent aux besoins. Si l’on veut que les pro-

duits atteignent leur fin, que les produits soient dis-

tribués, il faut donc distribuer de l’argent en rapport

avec l’existence des produits, et non pas seulement en

rapport avec l’existence de l’emploi.

Il faut que tous aient de l’argent, puisque tous ont

des besoins. Tous, tous les individus, pas seulement

ceux qui sont encore employés dans la production.

La sottise du système, c’est

donc de vouloir continuer à lier

la distribution d’argent à l’emploi

seulement. Le système de dis-

tribution d’argent n’est pas en

accord avec le progrès. On a fait

des progrès immenses dans la

production; on n’en a pas fait de

correspondants dans le système

financier. Le système producteur

est moderne. Le système financier

est archaïque, bon tout au plus

pour une économie stable de cas-

tors, mais pas pour une économie

progressive d’hommes.

Or, on continue de prêcher et

de requérir l’embauchage intégral

quand le progrès a pour but de

libérer de l’embauchage.

Un revenu social à tous

Ce qu’il faut instituer c’est le

revenu intégral, non pas l’embau-

chage intégral. Non pas le plein

emploi, mais le plein pouvoir

d’achat. Non pas de l’argent pour

ceux qui sont employés seulement, mais de l’argent

pour tout le monde. Non pas de l’emploi pour tout le

monde, quand la production n’a pas besoin de tout le

monde; mais de l’argent pour tout le monde, quand

tout le monde a besoin d’argent pour vivre.

Oh ! Il y en a qui sursautent à cette idée-là. Si tout

le monde, employé ou non, a de l’argent pareil, disent-

ils, qui donc voudra encore travailler ?

La question est mal posée. Tant que l’automation

n’a pas encore remplacé tout le monde, il n’est pas

question que tout le monde ait le même revenu. Ceux

qui travaillent ont toujours droit à une récompense

pour leurs efforts. Cette récompense, leur salaire, en

plus de ce que tous, eux comme les autres, devraient

recevoir comme attitrés aux fruits du progrès.

Cela veut dire: distribution d’un dividende pério-

dique à tous, plus les salaires continués aux employés.

La somme des deux formant le pouvoir d’achat total

à faire valoir sur la production totale. Cela, c’est la

formule du Crédit Social.

(

Ne pas confondre le Cré-

dit Social, doctrine, avec les partis politiques qui ont

faussement porté ce nom.

)

La partie du pouvoir d’achat en salaires serait

distribuée comme aujourd’hui par les employeurs. La

partie en dividendes serait distribuée par un organis-

me financier de crédit national représentant la société.

C’est la société qui distribuerait ainsi à tous ses

membres le droit à une part des fruits du progrès. Et

c’est juste, car le progrès n’est pas lié à l’embauchage.

L’automation le prouve bien, puisqu’elle augmente la

production tout en supprimant le besoin d’embauchage.

Le progrès est un bien commun. C’est le résultat

de tout le savoir, de toutes les découvertes, de tous

les perfectionnements accumulés au cours des géné-

rations et qui continuent à grossir et à se transmettre

d’une génération à la suivante. C’est un héritage dont

tous les vivants sont cohéritiers.

L’organisme financier national pourrait très bien

être la Banque du Canada, ou bien, provincialement,

un Crédit-Québec, un Crédit-Ontario, et ainsi pour les

autres provinces.

Au rythme du progrès

Ce serait en accord parfait avec tout le progrès

dans la production, quel que soit le degré auquel ce

progrès parvienne.

Supposez un instant que toute la production du

Canada soit faite par l’automation, avec seulement,

disons, un homme employé à presser sur quelques

boutons reliés aux machines électroniques. Voudrait-

on encore que seul cet homme-là ait droit de recevoir

de l’argent? Comment ferait-on pour permettre aux

autres, aux millions non employés, de se procurer les

produits pour vivre?

Il faudrait bien recourir à la méthode des dividen-

des. Distribution à tous d’une somme d’argent pério-

dique leur permettant de choisir ce qui leur convient.

Cet argent servirait ainsi à orienter la production pres-

se-bouton, à lui commander des choses qui répon-

dent à des besoins librement exprimés.

Une fois, le dividende utilisé, annulé comme pou-

voir d’achat puisqu’il a accompli sa besogne, retour-

nerait mourir à l’organisme financier social qui l’avait

émis. Et l’opération recommencerait périodiquement.

Ce qui n’empêcherait pas de donner en plus une ré-

compense spéciale, même une belle récompense, à

l’unique employé.

On n’en viendra jamais à ce point extrême évi-

demment. Mais on peut être à mi-chemin ou au quart

du chemin ou même moins loin. La voie unique du

salaire ne correspond déjà plus à la réalité du système

producteur. Il faut déjà la double voie de distribution

du pouvoir d’achat, salaire aux employés plus dividen-

des à tous.

Et plus le progrès, l’automation dispenserait de

l’emploi, plus la part représentée par le dividende

prendrait de place dans le total du pouvoir d’achat.

C’est en 1917 que l’ingénieur-économiste, Clifford

Hugh Douglas, a conçu les principes du Crédit Social.

Le premier ouvrage de Douglas sur le sujet fut publié

au sortir de la première guerre mondiale, en 1919,

sous le titre de «Démocratie économique». Son ana-

lyse de l’aspect financier du système économique, et

ses propositions pour adapter la finance au réel, ont

depuis pris le nom de Crédit Social.

Si l’on avait commencé alors à introduire le divi-

dende à mesure du progrès, au lieu d’essayer la dis-

tribution par les salaires seulement, par des hausses

successives de salaire ne pouvant jamais rejoindre les

hausses successives des prix, on n’aurait pas eu une

foule de conflits entre patrons et ouvriers. On aurait

évité la hausse constante du coût de la vie, les dividen-

des n’entrant pas dans les prix de revient. Les salaires

seraient restés au niveau de l’effort, et les dividendes,

eux, auraient grossi avec le progrès.

Le total du revenu serait bien plus gros, au niveau

du total de la capacité de production. Il n’y aurait per-

sonne dans la misère faute de pouvoir d’achat. Toutes

les mesures socialistes de taxation, établies pour venir

«boîteusement» au secours de gens dénués de tout,

tout cela aurait été inconnu, et le résultat infiniment

meilleur. On aurait une économie en rapport avec les

besoins humains de tous et avec la possibilité de les

satisfaire de plus en plus.

Le refus du Crédit Social, par les hommes poli-

tiques, par les syndicats ouvriers et autres groupes,

a coûté à l’humanité une foule de désordres, parmi

lesquels on peut situer la grande crise d’avant-guer-

re, cette guerre mondiale elle-même, et de multiples

autres crises et déchirements qui enveniment la vie,

alors que les progrès matériels réalisés avec des pos-

sibilités de production agrandies devraient rendre la

vie sereine et supprimer les soucis continuels du pain

quotidien et favoriser les relations plus fraternelles

entre les hommes.

Avec un dividende à tous, croissant au rythme

du progrès, le progrès devient un bienfait pour tous.

Sans le dividende, c’est la confusion, c’est la conti-

nuation des difficultés, des heurts, du chaos.

v

u

Publicité des années 50 sur les nou-

velles machines à laver automatiques.

Quatre livres sur la

démocratie économique

Pour étudier la cause de la crise finan-

cière actuelle, nous vous offrons ces livres

à un prix spécial, en incluant les frais pos-

taux (prix valables pour le Canada; pour

les autres pays, voir notre site web):

La démocratie économique: 13,00$

Sous le Signe de l’Abondance: 15,00$

Régime de Dettes à la Prospérité: 8,00$

Une lumière sur mon chemin: 15,00$

ISBN

Lespropositions financières

de l’ingénieurC.H.Douglas

présentées à la lumièrede la

doctrine socialede l’Église

par lesPèlerinsde saintMichel

du journalVersDemain

Uneoeuvredepresse catholique

pour la justice sociale

www.versdemain.org

Dans sapremièreEncyclique

DeusCaritasEst

(Dieu est

amour), lePapeBenoîtXVI a

écrit:«L’Église est la famillede

Dieudans lemonde.Dans cette

famille,personnenedoit souffrir

parmanquedunécessaire... Le

butd’unordre social juste con-

siste àgarantir à chacun,dans le

respectduprincipede subsidiari-

té, sapartdubien commun.»

vue à la lumière

de la doctrine sociale de l’Église

PieXI

PieXII

JeanXXIII

PaulVI

Jean-Paul II

ÉtudepréparéeparAlainPilote

Publiépar lesPèlerinsde saintMichel,Rougemont,Canada

La démocratie

économique

La démocratie économique

ISBN 978-2-9813306-3-5

Le systèmebancaire fut conçudans

l’iniquité etnédans lepéché.Les

banquierspossèdent laplanète...

Si vous voulez continuerd’être les

esclavesdesbanquiers etpayer le

prixde votre esclavage, alors lais-

sez lesbanquiers continuerde créer

l’argent etde contrôler le crédit.

Sir JosiahStamp,gouverneur

de laBanqued’Angleterre, 1940

http://www.versdemain.org/democratie-economique.pdf

Untitled-2 1

8/6/2015 2:42:46PM

Publiépar lesPèlerinsde saintMichel

«Une

lumière

sur mon

chemin»

«Une lumière surmon chemin»

CauseriesdeLouisEven

sur ladémocratie économique

Publiépar lesPèlerinsde saintMichel

1101, ruePrincipale

Rougemont,QC,Canada J0L 1M0

site

internet:www.versdemain.org

ISBN 978-2-9810896-8-7

C’esten1934queLouisEven

pris connaissance providentiel-

lement d’un petit fascicule de

96 pages, intitulé

From Debt to

Prosperity

(duRégimededettes

à laprospérité)qui lui a fait voir

la cause de la fameuse crise

économique et le génialmoyen

d’y remédier.

La cause est lemanqued’un

petit instrument, un ticket, d’un

permis que l’on nomme argent.

Les produits étaient en surabondance, mais pas

d’argent pour les acheter et l’humanité entière souf-

frait.

En lisant ce petit livre, Louis Even s’est exclamé:

«Une lumière sur mon chemin. Il faut que tout le

monde en soit éclairé!»

Ces lumineuses propositions venaient d’un ingé-

nieur, et expert comptable écossais, leMajorClifford

Hugh Douglas qui, en 1917 avait fait l’étude du sys-

tèmemonétaireetenavaitdécouvert

lesdéfauts.Et

il

enproposa les corrections. Sonpremier livreportait

le titre

EconomicDemocracy

. Ces propositionsmis-

es en application ferait de l’argent un instrument au

service de la personne humaine, et non la personne

humaineauservicede l’argent.LouisEvenaconsacré

entièrement lesquarantedernièresannéesdesavieà

propager cette lumière.

Ensemble des 4 livres: 40,00$

28

VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2017

VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2017

www.versdemain.org www.versdemain.org

29