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L’escompte compensé

L

’escompte compensé a pour but d’équilibrer les

prix et le pouvoir d’achat en créant et distribuant la

monnaie sans inflation. La monnaie de l’escompte

compensé finance un abaissement du prix en faveur

du consommateur.

Si la production disponible est de 12 milliards

et le pouvoir d’achat qui lui fait face de 9 milliards

seulement, l’Office de Crédit National décrète un

abaissement de tous les prix de 25 pour cent, un

escompte sur tous les produits lors de leur vente

au consommateur ultime. C’est abaisser les prix

au niveau du pouvoir d’achat. L’escompte est com-

pensé au marchand détaillant, c’est-à-dire que l’Of-

fice de Crédit lui fournit la monnaie qu’il a sacrifiée

par l’escompte. Cette monnaie est créée par l’Office

de Crédit exactement de la même manière que la

monnaie de banque d’aujourd’hui. Cette nouvelle

monnaie favorise en réalité le consommateur, mais

à la condition qu’il achète; elle va au marchand à la

condition que la vente ait été faite. C’est une mon-

naie qui écoule la production en abaissant le prix et

satisfait tout le monde: l’acheteur, le vendeur et le

producteur qui ne demande pas mieux qu’à écouler

sa production.

Le dividende national

Le dividende national, comme son nom l’impli-

que, est la distribution d’un dividende, d’une somme

d’argent représentant un surplus ou le revenu d’un

capital, à tous les membres de la société — donc à

chaque homme, femme et enfant du Canada.

Ce dividende est fondé sur l’existence de l’héri-

tage culturel, ou capital social appartenant à tout le

monde, capital consistant dans les découvertes et

inventions de la science. Ce capital prend une part de

plus en plus grande dans la production, tandis que

le labeur humain y prend une part de plus en plus

petite. Le travail doit être récompensé, mais le capital

aussi, même le capital social. Nous sommes tous héri-

tiers des accumulations des générations passées, tous

capitalistes, et tous nous avons droit au moins à un

dividende suffisant pour nous soustraire à l’indigence.

Conclusion

Pour comprendre la possibilité de l’application

du régime monétaire préconisé par le Crédit Social,

il ne faut pas perdre de vue que le monde est entré

dans l’ère de l’abondance; que, s’il y a des pauvres,

ce n’est pas parce qu’il y a des riches, mais parce

que l’abondance n’est pas distribuée. Il n’est donc

aucunement besoin de dévaliser les riches en faveur

des pauvres, il suffit de mettre de la technique dans

le système monétaire, de ne pas se contenter de dire

que la monnaie est faite pour l’homme, mais d’éta-

blir un système qui la met, nécessairement au ser-

vice de l’homme, de tous les hommes.

v

Louis EVEN

Statue de Louis Even devant la Maison Saint-

Michel à Rougemont, chef-d’oeuvre de

Robert Roy, sculpteur de St-Jean Port-Joli

par

Louis Even

Progrès au cours des siècles

Tout le monde a vu ou entendu parler des castors,

des abeilles, des fourmis, des écureuils et d’autres

animaux dont le savoir faire et le succès dans leur

mode de vie paraissent remarquables.

Mais, si nous avions vécu il y a 10.000 ans, 50.000

ans, nous aurions vu les castors construire leurs bar-

rages exactement comme aujourd’hui, avec la même

somme de travail; les abeilles s’affairer aux fleurs, bu-

tiner comme aujourd’hui, pour se faire des réserves de

miel. La même chose pour les autres animaux. Leurs

réalisations peuvent être merveilleuses, mais pas plus

qu’autrefois. Réussite, oui; mais progrès, non.

Il n’en est pas de même de l’homme. Depuis

toujours, l’homme s’efforce de soulager son labeur,

d’obtenir autant ou même davantage avec moins de

travail, en moins de temps. Depuis des siècles, il a

appris à se servir d’outils, à les perfectionner, à les

combiner en machines de toutes sortes, de plus en

plus ingénieuses. Il a appris à utiliser la force muscu-

laire du cheval et d’autres animaux; à utiliser aussi la

force de l’eau courante pour faire tourner ses meules,

celle du vent pour actionner ses machines ou pour

franchir les mers.

Mais, le progrès est surtout phénoménal depuis

un peu moins de trois siècles, par la transformation

de l’énergie de diverses sources pour l’appliquer de

mille et mille façons avec de plus en plus de succès.

L’énergie de la vapeur comprimée, celle de l’électrici-

té, largement obtenue de la transformation des forces

de l’eau tombante en pouvoir électrique; l’énergie des

carburants, avec l’invention du moteur à combustion

interne. Et nous arrivons maintenant à l’âge des ordi-

nateurs et de la robotsation.

L’humanité, dans les pays évolués au moins, a

ainsi passé de l’âge de l’outil à l’âge de la machine;

puis de la mécanisation à la motorisation.

Vers l’automation

Jusqu’à tout récemment, cependant, les machi-

nes mues par de l’énergie extra humaine, tout en

soulageant considérablement le travail de l’homme,

nécessitaient tout de même sa présence et son action

pour les conduire, les surveiller, contrôler leurs diver-

ses opérations. Mais, voici que les applications d’une

science nouvelle, l’électronique, font faire au progrès

un bond de plus en avant, en introduisant des machi-

nes surveillantes pour contrôler elles-mêmes les ma-

chines productrices.

C’est l’ère de l’automation qui s’ouvre, qui est déjà

ouverte, qui progresse à grands pas, pour donner

congé à l’homme dans la production. L’automation

absolue, ce serait la production totale sans le concours

d’aucun employé. Il y en a déjà des exemples. L’auto-

mation progressive, c’est la production requérant de

moins en moins d’employés.

Mal accueillie — Pourquoi ?

Apportant le congé aux hommes, l’automation

devrait être saluée comme une bénédiction. Et pour-

tant, elle est regardée avec appréhension dans le

monde ouvrier. Des hommes publics, eux-mêmes,

sont inquiets à la perspective des effets probables de

l’automation sur la situation de l’emploi.

Pourquoi donc cet accueil froid, cette hostilité

envers un progrès notoire dans le domaine de la pro-

duction. En toute logique, n’est-ce pas le contraire qui

devrait avoir lieu?

Voici un homme, appelons-le monsieur Laflamme.

Monsieur Laflamme procure à sa femme une machine

à laver automatique. Le lavage hebdomadaire ne pren-

dra plus qu’un quart de journée au lieu d’une journée

entière. Et quand madame a placé le linge dans le

moulin, le savon dans le compartiment à cette fin, et

qu’elle aura ouvert les deux robinets, l’amenée d’eau

chaude et l’amenée d’eau froide, elle n’a plus qu’à

laisser faire. L’automation va faire le reste. La machine

passera d’elle-même du trempage au lavage, du lava-

ge au rinçage, du rinçage à l’essorage, pour s’arrêter

automatiquement lorsque le linge sera prêt à retirer

du baquet.

L’automation grandissante,

bénédiction ou calamité ?

Depuis des siècles, les castors construisent leurs

barrages de la même façon. Ils le font par instinct,

non par intelligence. L’homme, par contre, a amélio-

ré ses techniques de production au cours des siècles.

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2017

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