Table of Contents Table of Contents
Previous Page  20-21 / 48 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 20-21 / 48 Next Page
Page Background

Chemin de croix de l'Église

Ici, apparaissent ensuite deux personnes humaines:

l'évêque vêtu de blanc («nous avons eu le pressentiment

que c'était le Saint-Père»), d'autres évêques, des prêtres,

des religieux et religieuses, et enfin des hommes et des

femmes de toutes classes et toutes catégories sociales.

Le Pape semble précéder les autres, tremblant et

souffrant à cause de toutes les horreurs qui l'entou-

rent. Non seulement les maisons de la ville sont à

moitié écroulées, mais son chemin passe au milieu

de cadavres des morts. La marche de l'Église est ainsi

décrite comme un chemin de croix, comme un che-

min dans un temps de violence, de destruction et de

persécutions. On peut trouver représentée dans ces

images l'histoire d'un siècle entier. De même que les

lieux de la terre sont synthétiquement représentés par

les deux images de la montagne et de la ville, et sont

orientés vers la croix, de même aussi les temps sont

présentés de manière condensée:

dans la vision, nous

pouvons reconnaître le siècle écoulé comme le siècle

des martyrs, comme le siècle des souffrances et des

persécutions de l'Église, comme le siècle des guerres

mondiales et de beaucoup de guerres locales, qui en

ont rempli toute la seconde moitié et qui ont fait faire

l'expérience de nouvelles formes de cruauté. Dans le

«miroir» de cette vision, nous voyons passer les té-

moins de la foi de décennies.

À ce sujet, il semble opportun de mentionner une

phrase de la lettre que Soeur Lucie a écrite au Saint-

Père le 12 mai 1982: «La troisième partie du “secret”

se réfère aux paroles de Notre-Dame: “Sinon (la Rus-

sie répandra ses erreurs à travers le monde, favori-

sant guerres et persécutions envers l'Église. Les bons

seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souf-

frir, diverses nations seront détruites”».

Dans le chemin de croix de ce siècle, la figure

du Pape a un rôle spécial. Dans sa pénible montée

sur la montagne, nous pouvons sans aucun doute

trouver rassemblés différents Papes qui, depuis Pie

X jusqu'au Pape actuel, ont partagé les souffrances

de ce siècle et se sont efforcés d'avancer au milieu

d'elles sur la voie qui mène à la croix.

Dans la vision, le Pape aussi est tué sur la voie des

martyrs. Lorsque, après l'attentat du 13 mai 1981, le

Pape se fit apporter le texte de la troisième partie du

«secret», ne devait-il pas y reconnaître son propre des-

tin? Il a été très proche des portes de la mort et il a lui-

même expliqué de la manière comment il a été sauvé:

«C'est une main maternelle qui guida la trajectoire de

la balle et le Pape agonisant s'est arrêté au seuil de la

mort» (13 mai 1994).

Qu'ici une «main maternelle» ait dévié la balle

mortelle montre seulement encore une fois qu'il

n'existe pas de destin immuable, que la foi et la prière

sont des puissances qui peuvent influer sur l'histoire

et que, en définitive, la prière est plus forte que les

projectiles, la foi plus puissante que les divisions.

Le sang des martyrs

La conclusion du «secret»: «Des Anges recueillent

sous les bras de la croix le sang des martyrs et irri-

guent ainsi les âmes qui s'approchent de Dieu.» Le

sang du Christ et le sang des martyrs doivent être

considérés ensemble: le sang des martyrs jaillit des

bras de la croix. Leur martyre s'accomplit en solidarité

avec la passion du Christ, il devient un tout avec elle.

Ils complètent pour le Corps du Christ ce qui manque

encore à ses souffrances (cf. Col 1, 24). Leur vie est

devenue elle-même eucharistie, incorporée dans le

mystère du grain de blé qui meurt et qui devient fé-

cond. Le sang des martyrs est semence de chrétiens,

a dit Tertullien. De même que de la mort du Christ, de

son côté ouvert, est née l'Église, de même la mort des

témoins est féconde pour la vie future de l'Église.

La vision de la troisième partie du «secret», telle-

ment angoissante à ses débuts, s'achève donc sur une

image d'espérance: aucune souffrance n'est vaine,

et précisément une Église souffrante, une Église des

martyrs, devient un signe indicateur pour l'homme à

la recherche de Dieu. Dans les mains amoureuses de

Dieu sont accueillies non seulement les personnes

qui souffrent comme Lazare, qui a trouvé une gran-

de consolation et qui mystérieusement représente le

Christ, Lui qui a voulu devenir pour nous le pauvre

Lazare; mais il y a plus encore: des souffrances des

témoins provient une force de purification et de re-

nouveau, parce qu'elle est une actualisation de la souf-

france même du Christ, et qu'elle transmet aujourd'hui

son efficacité salvatrice.

Nous sommes ainsi arrivés à une ultime inter-

rogation: que signifie dans son ensemble (dans ses

trois parties) le «secret» de Fatima? Que nous dit-il à

nous? L'exhortation à la prière comme chemin pour

le «salut des âmes» et, dans le même sens, l'appel à

la pénitence et à la conversion.

Je voudrais enfin reprendre encore une autre paro-

le-clé du «secret» devenue célèbre à juste titre:

«Mon

Coeur immaculé triomphera»

. Qu'est-ce que cela si-

gnifie? Le Coeur ouvert à Dieu, purifié par la contem-

plation de Dieu, est plus fort que les fusils et que les

armes de toute sorte. Le

fiat

de Marie, la parole de son

coeur, a changé l'histoire du monde, parce qu'elle a

introduit le Sauveur dans le monde – car, grâce à son

«oui», Dieu pouvait devenir homme dans notre monde

et désormais demeurer ainsi pour toujours.

Le Malin a du pouvoir sur ce monde, nous le

voyons et nous en faisons continuellement l'expérien-

ce; il a du pouvoir parce que notre liberté se laisse

continuellement détourner de Dieu. Mais, depuis que

Dieu lui-même a un coeur d'homme et a de ce fait

tourné la liberté de l'homme vers le bien, vers Dieu, la

liberté pour le mal n'a plus le dernier mot. Depuis lors,

s'imposent les paroles: «Dans le monde, vous trouve-

rez la détresse, mais ayez confiance; moi je suis vain-

queur du monde» (Jn 16, 33). Le message de Fatima

nous invite à nous fier à cette promesse.

v

u

C’est la guérison «inexpliquable» d’un petit enfant

du Brésil, Lucas Maeda de Olivera, que l’Église a re-

connu comme miracle pour la canonisation des deux

petits bergers de Fatima, Jacinta et Francisco, procla-

més saints ce 13 mai par le pape François. Deux jours

avant que le Saint-Père n’arrive à Fatima, les parents

de Lucas ont partagé leur témoignage «à la demande»

de leur fils. L’enfant a aujourd’hui 10 ans. Il est ori-

ginaire du diocèse de Campo Mourao, dans l’État de

Paraná, au sud du Brésil, et la reconnaissance officielle

de sa guérison miraculeuse par intercession des deux

petits voyants a été promulguée le 23 mars dernier.

Le premier miracle obtenu par leur intercession et

retenu pour leur béatification, en 2000, était la guéri-

son, le 25 mars 1987, de María Emilia Santos, de Leiria

(Portugal), paraplégique, suite à une neuvaine récitée

lors d’une retraite pour les malades, à Fatima.

Le récit du drame: nous sommes en mars 2013. Le

petit Lucas, alors âgé de cinq ans, se trouve chez son

grand-père et joue avec sa petite sœur, quand tout à

coup il glisse et tombe de la fenêtre, se fracassant le

crâne après une chute de plus de six mètres de haut,

racontent les parents. Transféré immédiatement à

l’hôpital le plus proche, l’enfant arrive dans le coma,

et fait deux arrêts cardiaques avant d’être opéré d’ur-

gence, dans des conditions absolument inappropriées

pour un traumatisme crânien aussi grave. Le pire est

à craindre. «Votre fils a peu de chance de survivre»,

pronostiquent les médecins, ou alors «il vivra dans un

état végétatif permanent avec de graves déficiences

neurologiques et cognitives».

Mais c’était sans compter sur la foi profonde de

la famille de Lucas, la famille du petit garçon, «très

dévouée» à Notre-Dame de Fatima, qui s’est immé-

diatement mise en contact avec le carmel de Campo

Mourão pour demander aux sœurs de prier pour leur

petit garçon. Les religieuses n’ont cessé de prier de-

vant les reliques des bienheureux Francisco et Jacinta

posées près du tabernacle de leur chapelle: «Pas-

toureaux, sauvez ce petit garçon, qui est un enfant

comme vous !», ne cessaient-elles de prier à tout bout

de champs et à tour de rôle. D’abord une, puis toute

la communauté. Et la famille faisait la même chose de

son côté.

La guérison miracu-

leuse: le 9 mars, soit six

jours après le drame, Lu-

cas s’est réveillé et s’est

mis à parler. Déjà, au

moment de l’accident,

en ramassant son fils sur

le trottoir, le père de Lu-

cas avait invoqué Notre-

Dame de Fatima et les

deux petits bienheureux.

Douze jours après son hospitalisation, Lucas était

remis sur pied, sans aucune thérapie à suivre, son

état jugé «totalement revenu à la normalité»... Lucas,

affirment ses parents, «est complètement rétabli, sans

aucun symptôme ni séquelle. Il est resté celui qu’il

était avant l’accident: son intelligence, son caractère,

il est resté le même». Les médecins consultés ont re-

connu ne pas s’expliquer ce rétablissement, «même

les non-croyants».

Source:

https://fr.aleteia.org/

«Votre fils a peu de chance de survivre…»

Récit du second miracle de Fatima

Lucas à Fatima avec sa soeur et ses parents

Lucas embrasse le pape François durant la

messe de canonisation à Fatima, le 13 mai 2017

20

VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2017

VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2017

www.versdemain.org www.versdemain.org

21