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Depuis qu’il a communié, il n’éprouve plus la moin-

dre douleur. Vers 10 heures du soir, il dit à sa mère:

«Regarde, maman, quelle belle lumière, là, près de la

porte». Au bout d’un moment: «Je ne la vois plus».

Son visage s’illumine d’une clarté angélique et, sans

agonie, avec un léger sourire sur les lèvres, son âme

se détache de son corps et va rejoindre la Dame dont,

sur la terre, il a entrevu la Beauté. Le dernier à la Cova,

François entre le premier en Paradis.

Jacinthe, elle aussi, est frappée par l’épidémie.

De petite fille boudeuse, délicate, aimant à la folie les

jeux et la danse, l’enfant est devenue patiente, forte

et même rude devant la souffrance. Cependant elle

n’est pas morne. Conduisant les brebis ou cueillant

des fleurs, elle chante, sur des airs improvisés: «Doux

Coeur de Marie, soyez mon salut! Immaculé Coeur de

Marie, convertissez les pécheurs, préservez leurs âmes

de l’enfer». Son amour du Pape est singulier. Lors de

l’apparition du 13 juillet 1917, la Sainte Vierge avait dit:

«Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir». Un peu plus

tard, Jacinthe reçoit deux révélations particulières.

Un jour, elle dit à Lucie: «J’ai vu le Saint-Père, dans

une très grande maison, à genoux devant une table,

la tête dans les mains, et pleurant. Dehors, il y avait

beaucoup de monde. Les uns lui jetaient des pierres,

d’autres lui adressaient des injures et lui disaient de

vilaines paroles. Pauvre Saint-Père ! Il nous faut prier

beaucoup pour lui !» Une autre fois, elle voit le Pape

priant, avec une foule, devant le Coeur Immaculé de

Marie. Ces révélations inspirent à Jacinthe une ferveur

pleine d’amour dans ses prières pour le Saint-Père.

«C’est si bon d’être avec Lui !»

Un jour, Jacinthe confie à Lucie: «Notre-Dame est

venue me voir. Elle veut que j’aille dans deux hôpi-

taux. Mais ce n’est pas pour guérir: c’est pour souffrir

davantage par amour pour Notre-Seigneur et pour les

pécheurs». En attendant, elle prie

beaucoup et ne manque aucune

occasion de faire des sacrifices: elle

se lève la nuit pour réciter à genoux

la prière de l’Ange, accepte de boire

des tasses de lait qui lui soulèvent

le coeur, fait le sacrifice de ne pas

se retourner dans son lit en dépit de

la douleur. Lorsque Lucie revient de

la Messe, elle lui dit: «Approche-toi

tout près de moi puisque tu portes

dans ton coeur Jésus caché... Je ne

sais comment, je sens Notre-Sei-

gneur en dedans de moi, et, sans Le

voir ni L’entendre, je comprends ce

qu’Il me dit. C’est si bon d’être avec

Lui !...»

On la transporte à l’hôpital de

Vila Nova de Ourém. La séparation

de Lucie lui coûte plus que tout,

car seule sa cousine est à même

de la comprendre. Une fistule s’est

ouverte à son côté gauche. «Ne dis à personne que la

plaie me fait mal, confie-t-elle à Lucie qui est venue la

visiter… Dis à Jésus au Tabernacle que je l’aime beau-

coup». Un jour, elle rapporte à Lucie: «La Sainte Vierge

m’a annoncé que j’irai à Lisbonne dans un autre hôpi-

tal. Je ne te reverrai plus, ni mes parents. Après avoir

souffert beaucoup, je mourrai seule». Cette perspec-

tive la fait beaucoup souffrir: «Que t’importe, lui fait

remarquer Lucie, si la Sainte Vierge vient te chercher!

– Oui, c’est vrai. Mais il y a des moments où j’oublie

qu’Elle viendra me prendre avec Elle».

Jacinthe est transférée à Lisbonne pour une inter-

vention chirurgicale d’autant plus douloureuse que la

faiblesse de la malade ne permet pas une anesthésie

totale. L’opération achevée, les pansements font atro-

cement souffrir l’enfant. La Très Sainte Vierge vient la

visiter et lui enlève toutes ses douleurs.

Jacinthe fait part à Soeur Marie-Purification des

paroles reçues de Notre-Dame: «Les péchés qui jet-

tent le plus d’âmes en Enfer sont les péchés d’impu-

reté. Il viendra certaines modes qui offenseront beau-

coup Notre-Seigneur. Les personnes qui servent Dieu

ne doivent pas suivre ces modes».

Quelques jours après l’opération, des complica-

tions surviennent. Le 20 février 1920, au soir, Jacinthe

se confesse; le prêtre croit pouvoir attendre le lende-

main pour lui apporter la Sainte Eucharistie. Pourtant,

le soir même, vers dix heures trente, elle expire dou-

cement. (

C’est le 20 février qu’on célèbre la fête litur-

gique des deux nouveaux saints.

)

Encore quelque temps...

Le 13 juin 1917, Lucie avait demandé à la Sainte

Vierge de les emmener tous trois au Paradis. «Oui,

répondit Marie. Pour Jacinthe et pour François, je les

prendrai bientôt. Mais toi tu resteras ici-bas encore

quelque temps. Jésus veut se servir de toi pour me

faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la

dévotion à mon Coeur Immaculé... Je ne t’abandonne-

rai jamais. Mon Coeur Immaculé sera ton refuge et la

voie qui te conduira à Dieu». En prononçant ces paro-

les, raconte Lucie, «la Sainte Vierge écarta les mains

et, pour la seconde fois nous communiqua le reflet

de la lumière intense qui l’enveloppait, dans laquelle

nous nous vîmes comme plongés en Dieu. Jacinthe et

François paraissaient être dans une partie qui s’élevait

vers le Ciel et moi dans celle qui se répandait sur la

terre. Au-dessus de la paume de la main gauche de

Notre-Dame, il y avait un Coeur entouré d’épines qui

s’y enfonçaient. Nous comprîmes que c’était le Coeur

Immaculé de Marie, outragé par les péchés de l’huma-

nité, qui demandait réparation».

Durant sa maladie, Jacinthe avait dit à Lucie:

«Il ne

s’en faut plus beaucoup pour que j’aille au Ciel. Toi,

tu resteras ici pour dire que Dieu veut établir dans

le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie...

Quand tu auras à le dire, ne te cache pas !... Dis à

tout le monde que Dieu nous accorde ses grâces par

le moyen du Cœur Immaculé de Marie; qu’il faut les

lui demander à Elle; que le Cœur de Jésus veut qu’on

vénère, à côté de lui, le Cœur Immaculé de Marie.

Que l’on demande la paix au Cœur Immaculé de Ma-

Le pape François priant devant la tombe de Jacinthe et François, dans

la basilique de Fatima. Depuis février 2005, la troisième voyante, Soeur

Lucie Dos Santos, est enterrée à côté des deux autres pastoureaux.

rie, parce que Dieu la lui a confiée à Elle ! Ah! si je

pouvais mettre dans le cœur de tout le monde le feu

que j’ai là dans la poitrine, qui me brûle, et me fait

tant aimer le Cœur de Jésus et le Cœur de Marie !»

Le souci d’une Mère

Comme une bonne Mère qui se soucie de nous,

Marie donne des avertissements en vue de notre salut

éternel et de notre conversion. Le 13 octobre 1917,

elle dit aux petits voyants: «Il faut que les hommes se

corrigent, qu’ils demandent pardon de leurs péchés;

qu’ils n’offensent plus Dieu Notre-Seigneur, qui est

déjà trop offensé». Dès lors, les enfants ne pouvaient

retenir leurs larmes en se rappelant la tristesse du vi-

sage de l’Apparition. Lucie commentera ainsi ces pa-

roles de Notre-Dame: «Quelle amoureuse plainte elles

contiennent et quelle supplication! Oh! que je vou-

drais qu’elles résonnent dans le monde entier et que

tous les enfants de la Mère céleste écoutent sa voix!»

Se convertir, changer de vie, signifie revenir vers

Dieu en Lui témoignant notre regret de L’avoir offensé.

Particulièrement frappé par la tristesse de Notre-Dame

lorsqu’elle demande que l’on n’offense plus son Fils,

François désirait consoler Celui-ci, en commençant

par s’abstenir de tout péché. «J’aime tant Notre-Sei-

gneur ! Mais Il est si triste à cause de tous les péchés.

Non! nous ne ferons plus aucun péché». Aussi, les

trois enfants sont-ils prêts à affronter les persécutions

et la mort plutôt que de mentir pour se libérer des

contradictions. Mais le changement de vie comprend,

en plus de la confession sacramentelle pour recevoir

le pardon des péchés, la mortification du coeur et des

sens pour réparer les péchés passés et s’unir au Christ

dans sa Passion.

Fait très remarquable: les apparitions allumèrent

dans les coeurs des trois voyants un zèle ardent de

prendre part aux souffrances du Christ. Par exemple,

ils décident de donner leur goûter quotidien à des

enfants pauvres et de se contenter de ce qu’ils pour-

raient trouver dans la nature. Un jour, la mère de l’un

des enfants les appelle pour leur faire manger des fi-

gues d’une variété succulente. Jacinte s’assoit à côté

du panier et déjà se délecte à la pensée de manger de

si beaux fruits. Elle en prend un. Puis, subitement, elle

se ravise: «Nous n’avons encore fait aucun sacrifice

pour les pécheurs. Faisons celui-ci». Et elle replace la

figue dans le panier.

La pénitence que Dieu attend

Quels sont les sacrifices qui plaisent davantage

à Dieu? Quelques mois avant la première apparition

de Notre-Dame, les enfants eurent la visite d’un Ange.

Celui-ci leur dit: «Surtout, acceptez et supportez les

souffrances que le Seigneur vous enverra». Bien des

années plus tard, le 20 avril 1943, Soeur Lucie écrira

à l’évêque de Leiria: «Le Bon Dieu désire grandement

le retour de la paix, mais Il est peiné de voir un si

petit nombre d’âmes en état de grâce et disposées à

pratiquer les renoncements qu’Il leur demande pour

Jacinthe Marto et Lucie Dos Santos, en 1917

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2017

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