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ment à sa sœur, à qui elle

donne rendez-vous à des

heures précises pour prier

ensemble. Elle rédige éga-

lement des poèmes et des

écrits spirituels. Elle désire

partager avec tous ses amis

cette expérience de la pré-

sence du Dieu-Trinité dans

son âme: «Cette meilleure

part qui semble être mon

privilège en ma bien-aimée

solitude du Carmel, est of-

ferte par Dieu à toute âme

de baptisé.» Elle écrit à une de ses amies: «C’est si

simple. Il est toujours avec nous, soyez toujours avec

Lui, à travers toutes vos actions, dans vos souffran-

ces, quand votre corps est brisé, demeurez sous son

regard, voyez-le présent, vivant en votre âme.» Selon

Élisabeth, il suffit, pour vivre cette réalité, de «faire des

actes de recueillement en Sa présence».

Un nom nouveau

En 1905, un passage de saint Paul la touche pro-

fondément: D

ieu le Père nous a d’avance destinés à

devenir pour lui des fils par Jésus-Christ: voilà ce

qu’il a voulu dans sa bienveillance, à la louange de

sa gloire, de cette grâce dont il nous a comblés en

son Fils bien-aimé

(Ep 1, 5-6). Au cours des mois qui

suivent, elle médite ce texte et y devine le nom nou-

veau qu’elle aura au Ciel:

laudem gloriæ

(louange de

gloire). La louange de gloire devient le centre de sa

spiritualité: «Mon rêve, écrit-elle, est d’être louange

de sa gloire. C’est dans saint Paul que j’ai lu cela et

mon Époux m’a fait entendre que c’était là ma voca-

tion dès l’exil.» Sœur Élisabeth commence à signer

des lettres avec ces mots

Laudem gloriæ

. Pour elle,

être louange de gloire consiste à refléter la gloire de

Dieu, et pour cela, il est nécessaire de s’oublier, de

se dépouiller de tout, et de rechercher le silence. Cet

oubli et ce silence favorisent l’adoration et la contem-

plation qui permettent à Dieu de transformer la per-

sonne, de restaurer en elle son image et d’en faire sa

louange de gloire.

Dès le printemps de 1905, Élisabeth commence à

ressentir les premiers symptômes de la maladie d’Ad-

dison, une insuffisance surrénalienne, alors inguéris-

sable et très pénible. Le 19 mars 1906, elle entre à

l’infirmerie. «Je m’affaiblis de jour en jour, écrit-elle,

et je sens que le Maître ne tardera plus beaucoup à

venir me chercher. Je goûte, j’expérimente des joies

inconnues: les joies de la douleur... Avant de mou-

rir, je rêve d’être transformée en Jésus crucifié et cela

me donne tant de force dans la souffrance.» Élisabeth

de la Trinité voit dans sa maladie la possibilité de res-

sembler à Jésus-Christ, qui a voulu Lui-même passer

par la souffrance (cf. Lc 24, 26), et ainsi de Lui rendre

amour pour amour. Elle appelle donc sa maladie, la

«maladie de l’amour».

Le dimanche des Ra-

meaux, sœur Élisabeth

tombe en syncope et reçoit

l’Extrême-Onction, mais le

samedi suivant sa santé

s’améliore un peu. Elle com-

pose la retraite «Le Ciel dans

la foi», pour sa sœur Guite,

puis elle fait sa retraite per-

sonnelle. Mère Germaine lui

demande d’écrire, pendant

cette retraite, ses «bonnes

rencontres»: le manuscrit

sera appelé «Dernière Re-

traite». Elle y développe notamment une méditation

sur la Vierge Marie, décrivant celle-ci comme le mo-

dèle à suivre dans la vie intérieure mais aussi dans la

souffrance.

Quelque temps avant de mourir, Élisabeth donne

comme testament à une amie: «À la lumière de l’éter-

nité, l’âme voit les choses au vrai point. Oh ! Comme

tout ce qui n’a

pas été fait pour

Dieu et avec Dieu

est vide. Je vous

en prie, marquez

tout du sceau de

l’amour. Il n’y a

que cela qui de-

meure.» Au cours

de l’automne, la

maladie s’aggra-

ve et soeur Élisa-

beth meurt le 9

novembre 1906,

après neuf jours

d’agonie. Ses dernières paroles intelligibles sont: «Je

vais à la Lumière, à l’Amour, à la Vie !» Elle a été cano-

nisée par le Pape François, le 16 octobre 2016.

Peu de temps avant sa mort, Élisabeth de la Tri-

nité écrivait: «C’est ce qui a fait de ma vie, je vous le

confie, un ciel anticipé: croire qu’un Être, qui s’appel-

le l’Amour, habite en nous à tout instant du jour et

de la nuit et qu’Il nous demande de vivre en société

avec Lui.» Son désir le plus cher est de nous attirer

dans cette intimité divine: «Il me semble qu’au Ciel,

ma mission sera d’attirer les âmes en les aidant à

sortir d’elles pour adhérer à Dieu par un mouvement

tout simple et tout amoureux, et de les garder en ce

grand silence du dedans qui permet à Dieu de s’im-

primer en elles, de les transformer en Lui-même».

Puissions-nous découvrir ce trésor caché et en vivre !

Dom Antoine Marie osb, abbé

Reproduit avec la permission de l’Abbaye Saint

Joseph de Clairval, en France, qui publie chaque mois

une lettre spirituelle sur la vie d’un saint. Adresse pos-

tale: Abbaye Saint Joseph de Clairval, 21150 Flavigny

sur Ozerain, France. Site internet:

www.clairval.com.

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Façace nord du Carmel de Dijon

Soeur Elisabeth à l’infirmerie

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VERS DEMAIN janvier-février 2017

www.versdemain.org

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