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donnée: «Il me sembla, dira-t-elle,

que le mot “Carmel” était prononcé

dans mon âme.»

Mais sa mère ne veut toujours

pas accepter sa vocation. Respec-

tant cette volonté, Élisabeth, qui

n’a pas atteint sa majorité légale,

s’arme de patience. Les poésies

qu’elle écrit, de quatorze à dix-neuf

ans, murmurent les noms de son

Bien-Aimé Jésus, de son bon ange,

des saints du paradis, en particulier

de sainte Jeanne d’Arc, «la vierge

qu’on ne peut flétrir.»

Les vacances se passent sou-

vent en montagne, dans les Pyré-

nées, le Jura, les Vosges et les Alpes

suisses, ou au bord de la mer. Elles

donnent l’occasion de danser, de

jouer de la musique et de faire des

excursions. À l’âge de dix-huit ans,

Élisabeth commence à tenir un jour-

nal intime. On y lit, en date du 30 janvier 1899: «J’ai

eu aujourd’hui la joie d’offrir à mon Jésus plusieurs

sacrifices sur mon défaut dominant, mais comme ils

m’ont coûté ! Je reconnais là ma faiblesse... Il me sem-

ble, lorsque je reçois une observation injuste, que je

sens bouillir mon sang dans les veines, tant mon être

se révolte... Mais Jésus était dans mon cœur et alors

j’étais prête à tout supporter pour l’amour de Lui.»

Un jour, sa mère ayant eu connaissance d’un bon

parti, lui propose de se marier; mais Élisabeth réaf-

firme sa volonté d’entrer au Carmel. Madame Catez

l’autorise finalement à rencontrer la supérieure du

couvent, mais refuse qu’elle devienne religieuse avant

l’âge de sa majorité, vingt et un ans.

«Il est là l»

Au début de 1899, Élisabeth lit le «Chemin de la

perfection» de sainte Thérèse d’Avila. Dans les expli-

cations de la sainte, elle reconnaît ce que le Seigneur

lui a déjà enseigné sur l’oraison. «Cela m’intéresse

énormément et me fait beaucoup de bien», écrit-elle

dans son journal. Elle recherche la présence de Dieu

dans son âme, et avoue à une amie: « Il me semble

qu’Il est là.» Le Père Vallée, dominicain qu’elle rencon-

tre plusieurs fois au Carmel, attise son amour pour

Dieu, charité infinie,

trop grand Amou

r (Ep 2, 4) qui

nous est offert en Jésus. Puis, il lui rappelle que ce

Dieu d’amour dont elle expérimente déjà la présence,

est Père, Fils et Saint-Esprit; il l’oriente vers le mys-

tère de la Très Sainte Trinité, en conformité avec cette

parole de saint Jean:

Si quelqu’un m’aime, mon Père

l’aimera; nous viendrons en lui et nous ferons en lui

notre demeure

(Jn 14, 23)

.

Nous savons que Dieu est Trinité grâce à Jésus qui

nous a révélé ce mystère de la vie intime du Créateur.

Le

Catéchisme de l’Église Catholique

enseigne: «L’In-

carnation du Fils de Dieu révèle que

Dieu est le Père éternel, et que le Fils

est consubstantiel au Père, c’est-

à-dire qu’il est en lui et avec lui le

même Dieu unique... La mission du

Saint-Esprit, envoyé par le Père au

nom du Fils, et par le Fils d’auprès

du Père, révèle qu’il est avec eux le

même Dieu unique. Avec le Père et

le Fils il reçoit même adoration et

même gloire» (CEC 262,263). C’est

pourquoi l’Église affirme: «Nous ne

confessons pas trois dieux, mais un

seul Dieu en trois personnes... Les

personnes divines ne se partagent

pas l’unique divinité mais chacune

d’elles est Dieu tout entier... Les

personnes divines sont réellement

distinctes entre elles... “Père”, “Fils”,

“Esprit Saint” ne sont pas simple-

ment des noms désignant des mo-

dalités de l’être divin, car ils sont

réellement distincts entre elles... Ils

sont distincts entre eux par leurs relations d’origine:

“C’est le Père qui engendre, le Fils qui est engendré,

le Saint-Esprit qui procède”» (CEC 253-254).

«La fin

ultime de toute l’économie divine, c’est l’entrée des

créatures dans l’unité parfaite de la Bienheureuse

Trinité. Mais dès maintenant nous sommes appelés

à être habités par la Très Sainte Trinité» (CEC 260).

Ce mystère, dont a vécu Élisabeth, est la lumière de

notre vie spirituelle.

En 1900, celle-ci visite l’exposition universelle à

Paris. Toutefois, elle lui préfère les basiliques du Sacré-

Cœur de Montmartre et de Notre-Dame-des-Victoires.

Au cours des mois qui suivent, Élisabeth traverse une

épreuve de sécheresse spirituelle au point qu’elle se

dit «insensible comme une bûche». Au milieu des fêtes

mondaines, pourtant, elle garde la nostalgie du cloître.

À une amie, elle montre l’importance de l’attention à

la présence de Dieu: «Dieu en moi, et moi en Lui», que

ce soit notre devise !»

«Puis-je l’abandonner ?»

Enfin, son entrée au Car-

mel de Dijon est fixée au 2 août

1901. Le jeudi 1er, Élisabeth

passe en prière une partie de

la nuit, voulant accompagner

le Bien-Aimé dans la solitude

de Gethsémani. Madame Catez

ne peut dormir. Elle vient s’age-

nouiller près du lit de sa fille.

Leurs larmes se mêlent: «Alors,

pourquoi me quitter ? — Ah !

ma chère maman, puis-je résis-

ter à la voix de Dieu qui m’ap-

pelle? Il me tend les bras et me

dit qu’Il est méconnu, outragé,

Elisabeth à 20 ans

Elisabeth lors de

son entrée au novi-

ciat le 2 août 1901

u

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