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C'est que, à la base du Crédit Social, il y a le prin-

cipe, tant proclamé par, Douglas, que toute associa-

tion doit faire obtenir à ses membres les avantages

résultant du fait de l'association. Les membres d'un

groupe n'existent pas pour le groupe: c'est le groupe

qui existe pour eux, pour eux tous : chacun d'eux doit

individuellement être bénéficiaire, de l'enrichissement

dû au fait de l'association (en anglais,

increment of

association

). Et Douglas, fort justement, applique ce

principe à la société nationale, rencontrant ainsi l'en-

seignement cité de Pie XI et de Pie XII.

Dans une économie de Crédit Social, le pouvoir

d'achat en face de la production offerte proviendrait

donc en partie, comme aujourd'hui, de la rémunération

au personnel engagé dans la production, et en partie

du dividende national à tous. La proportion entre l'un

et l'autre devrait logiquement, après une période de

rodage, s'établir selon le rapport entre la production

due aux activités du personnel et la production due à

l'utilisation du progrès. Celle-ci va en augmentant et

l'autre en diminuant, à mesure de la mécanisation, de

la motorisation, de l'automation.

Dans des pays équipés, cette part est déjà consi-

dérable, et le dividende périodique à chaque citoyen

devrait lui assurer au moins le nécessaire à la vie, puis

graduellement, et assez vite, selon les termes de Pie XI,

«des biens assez abondants pour satisfaire les besoins

d'une honnête subsistance et permettre d'atteindre; à

ce degré d'aisance et de culture qui, pourvu qu'on en

use sagement, ne met pas d'obstacle à la vertu mais

au contraire en facilite singulièrement l'exercice.»

Le dividende à tous et à chacun serait bien la

meilleure formule de «sécurité sociale». Ce serait

pour chaque citoyen ce que Douglas appelle la «sé-

curité économique absolue», c'est-à-dire non condi-

tionnée. Infiniment supérieure au dispositif lourd,

lent, boiteux et fort défectueux qui pressure des

taxés pour faire vivoter des «secourus».

Avec un dividende à tous, il n'est plus question de

secourus, mais de capitalistes. Tous les citoyens capi-

talistes. Quel argument socialiste pourrait être accueilli

dans un tel pays?

C'est une possibilité, à condition de changer un

système financier rigide, forçant les réalités à se plier

à ses ordres, en un système souple, finançant automa-

tiquement les activités librement choisies de produc-

teurs libres pour répondre aux besoins librement ex-

primés par des consommateurs libres. Le sujet ouvre

des horizons lumineux. Nous y reviendrons.

v

Louis Even

Le 20 novembre 2016, pour la conclusion du

Jubilé de la Miséricorde, le pape François était inter-

viewé par la chaîne de télévision catholique italienne

TV2000. Voici un extrait de cet interview:

Question: «Saint-Père, vous dites

souvent que vous aimeriez une Eglise

pauvre pour les pauvres est-ce vrai-

ment possible, et comment ? Cela

concerne l’Église comme institution

ou en réalité chacun de nous aussi ?»

Réponse du pape:

«L’Église com-

me institution c’est nous tous, cha-

cun de nous, qui devons la faire; la

communauté c’est nous. L’ennemi le

plus grand – le plus grand! – de Dieu c’est l’argent.

Pensez à Jésus qui a donné à l’argent un statut de

seigneur, de maître quand il a dit: « Personne ne

peut servir deux maîtres, deux seigneurs: Dieu et

l’argent.» Dieu et les richesses. Il ne dit pas Dieu et

je ne sais quelle maladie, ou Dieu et autre chose,

mais l’argent. Car l’argent est l’idole. On le voit bien

aujourd’hui, n’est-ce pas? Dans ce monde où l’argent

semble avoir pris les commandes.

«L’argent est un moyen fait pour servir, et la pau-

vreté est au cœur de l’Évangile. Jésus parle de ce

conflit: deux seigneurs, deux maîtres.

Ou je m’enrôle dans l’un ou je m’enrô-

le dans l’autre. Je choisis le camp du

Père; ou je choisis celui qui fait de moi

un esclave. Et puis la vérité: le diable

entre toujours par les poches, tou-

jours. C’est sa porte d’entrée.

«On doit lutter pour faire une

Église pauvre pour les pauvres, selon

l’évangile, n’est-ce pas? On doit lut-

ter. Et quand je lis Matthieu, au chapitre 25, qui est

le protocole sur lequel nous serons jugés, je com-

prends mieux ce que signifie une Église pauvre pour

les pauvres: les œuvres de miséricorde, n’est-ce pas?

Au chapitre 25 de Matthieu. C’est possible mais nous

devons toujours lutter car la tentation des richesses

est très forte.»

«Le plus grand ennemi de Dieu, c’est l’argent»

Prions pour nos chers défunts

Ruth Tremblay

, d'Alma, Lac St-Jean, est décé-

dée le 14 décembre 2016 à l'age de 85 ans. Une

bonne et fidèle Pèlerine de saint Michel depuis

1975. Sa fille Lise Tremblay a donné 2 ans de sa

jeunesse à plein temps dans notre Œuvre. Elle était

aussi la tante de Dyane Côté qui l'accompagnait

toujours. Souvent les assemblées de la région

avaient lieu dans son foyer.

VERS DEMAIN janvier-février 2017

www.versdemain.org

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