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par

Louis Even

A qui le crédit national ?

Les principales sources du crédit réel, c'est-à-dire

de la capacité productive d'une communauté natio-

nale, sont:

En premier lieu: l'existence de richesses naturelles

du pays — sol, forêts, rivières, etc. — sans lesquelles

on ne pourrait attendre aucune production. Or, à qui

appartiennent ces richesses naturelles? Qui les a mi-

ses là? Ce sont évidemment des gratuités du Créateur

à l'humanité, dont la gérance, l'utilisation, la sage ex-

ploitation est placée entre les mains des générations

qui se succèdent dans un pays.

Comptent aussi évidemment la compétence et les

efforts des hommes qui exploitent ces gratuités, qui

effectuent les transformations nécessaires de la ma-

tière première naturelle au produit fini, pour en faire

des biens répondant aux besoins privés ou publics de

la population.

Comptent également les inventions, les techni-

ques perfectionnées, les machines, l'apport croissant

de diverses formes d'énergie qui augmentent la capa-

cité productive, tout en diminuant le labeur humain

dans les activités de production, de transport, de

livraison des biens. Tous ces éléments-là peuvent se

classer sous le nom de «progrès». Progrès transmis

d'une génération à l'autre, faisant de chaque généra-

tion l'héritière' des précédentes.

Voilà donc à quoi est redevable la capacité cou-

rante, de production d'un pays: gratuités reçues du

Créateur, efforts et savoir-faire de la population, héri-

tage des générations précédentes.

Tout cela compose un crédit réel national, dont

personne autre que la communauté nationale ne

peut se proclamer propriétaire légitime. Et les pre-

miers «ayant droit» à la production, fruit de ce crédit

réel, sont certainement les membres de la commu-

nauté nationale qui en est la propriétaire.

Quant au crédit financier, qui n'a ni valeur ni raison

d'être sans le crédit réel, il n'est légitime que s'il facilite

la mise en oeuvre de la capacité de production du pays

et la distribution à tous des fruits de cette production.

Dans la mesure où le système financier accomplit cet-

te fonction, il est bon; dans la mesure où il s'en écarte,

il est défectueux; et s'il entrave, paralyse et étrangle,

il doit être châtié, redressé ou radicalement changé.

Fable ou fait

Imaginons un instant que se lève un être puissant

qui s'adresse au monde entier. Où le situer n'a aucune

importance: il ne tient nullement à être vu, il veut seu-

lement être obéi et faire savoir à tous qu'il a l'intention

et le pouvoir de briser toute résistance. Écoutez:

«Tout pouvoir est entre mes mains. Oh ! Je ne pos-

sède pas d'armée ni de police: je n'en ai pas besoin. Je

ne suis ni chef d'État, ni ministre, pas même député:

je vous laisse vous amuser périodiquement avec ces

Les pouvoirs de la dictature bancaire

Distribuer un dividende à tous parce que

tous sont de véritables capitalistes

Dans un système de crédit social, ou démocratie économique, personne ne serait mis de

côté et tous, riches ou pauvres, en tant que cohéritiers des richesses naturelles et du pro-

grès, recevraient un dividende leur permettant au moins le nécessaire pour vivre.

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VERS DEMAIN janvier-février 2017

www.versdemain.org

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