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«Il faut que Jésus règne sur nos volon-

tés: nous devons observer les lois et les

commandements de Dieu. Il faut qu'il

règne sur nos cœurs: nous devons sacri-

fier nos affections naturelles et aimer

Dieu par-dessus toutes choses et nous

attacher à lui seul.» – Pie XI

u

Un royaume avant tout spirituel

Quand les Juifs, et même les Apôtres, s'imaginent

à tort que le Messie affranchira son peuple et restau-

rera le royaume d'Israël, il détruit cette illusion et leur

enlève ce vain espoir; lorsque la foule qui l'entoure

veut, dans son enthousiasme, le proclamer roi, il se

dérobe à ce titre et à ces honneurs par la fuite et en se

tenant caché; devant le gouverneur romain, encore, il

déclare que son royaume n'est pas de ce monde. Dans

ce royaume, tel que nous le dépeignent les Évangiles,

les hommes se préparent à entrer en faisant péniten-

ce. Personne ne peut y entrer sans la foi et sans le bap-

tême; mais le baptême, tout en étant un rite extérieur,

figure et réalise une régénération intime.

Ce royaume s'oppose uniquement au royaume de

Satan et à la puissance des ténèbres; à ses adeptes

il demande non seulement de détacher leur cœur des

richesses et des biens terrestres, de pratiquer la dou-

ceur et d'avoir faim et soif de la justice, mais encore

de se renoncer eux-mêmes et de porter leur croix.

C'est pour l'Église que le Christ, comme Rédempteur,

a versé le prix de son sang; c'est pour expier nos pé-

chés que, comme Prêtre, il s'est offert lui-même et

s'offre perpétuellement comme victime: qui ne voit

que sa charge royale doit revêtir le caractère spirituel

et participer à la nature supraterrestre de cette dou-

ble fonction?

D'autre part, ce serait une erreur grossière de refu-

ser au Christ-Homme la souveraineté sur les choses

temporelles, quelles qu'elles soient: il tient du Père sur

les créatures un droit absolu, lui permettant de dis-

poser à son gré de toutes ces créatures. Néanmoins,

tant qu'il vécut sur terre, il s'est totalement abstenu

d'exercer cette domination terrestre, il a dédaigné la

possession et l'administration des choses humaines,

abandonnant ce soin à leurs possesseurs.

Ainsi donc, le souverain domaine de notre Ré-

dempteur embrasse la totalité des hommes… Et, à

cet égard, il n'y a lieu de faire aucune différence entre

les individus, les familles et les États; car les hommes

ne sont pas moins soumis à l'autorité du Christ dans

leur vie collective que dans leur vie privée. Il est l'uni-

que source du salut, de celui des sociétés comme de

celui des individus: Il n'existe de salut en aucun autre;

aucun autre nom ici-bas n'a été donné aux hommes

qu'il leur faille invoquer pour être sauvés (Actes, 3, 12).

Il est l'unique auteur, pour l'État comme pour cha-

que citoyen, de la prospérité et du vrai bonheur: «La

cité ne tient pas son bonheur d'une autre source que

les particuliers, vu qu'une cité n'est pas autre chose

qu'un ensemble de particuliers unis en société

(Saint

Augustin, Epist. CLIII ad Macedonium ch. III, PL XXXIII,

656.).» Les chefs d'État ne sauraient donc refuser de

rendre – en leur nom personnel, et avec tout leur peu-

ple – des hommages publics, de respect et de soumis-

sion à la souveraineté du Christ; tout en sauvegardant

leur autorité, ils travailleront ainsi à promouvoir et à

développer la prospérité nationale…

La peste du laïcisme

C'est ici Notre tour de pourvoir aux nécessités

des temps présents, d'apporter un remède efficace à

la peste qui a corrompu la société humaine. Nous le

faisons en prescrivant à l'univers catholique le culte du

Christ-Roi. La peste de notre époque, c'est le laïcisme,

ainsi qu'on l'appelle, avec ses erreurs et ses entrepri-

ses criminelles.

Comme vous le savez, Vénérables Frères, ce fléau

n'est pas apparu brusquement; depuis longtemps, il

couvait au sein des États. On commença, en effet, par

nier la souveraineté du Christ sur toutes les nations;

on refusa à l'Église le droit – conséquence du droit

même du Christ – d'enseigner le genre humain, de

porter des lois, de gouverner les peuples en vue de

leur béatitude éternelle. Puis, peu à peu, on assimila

la religion du Christ aux fausses religions et, sans la

moindre honte, on la plaça au même niveau. On la

soumit, ensuite, à l'autorité civile et on la livra pour

ainsi dire au bon plaisir des princes et des gouver-

nants. Certains allèrent jusqu'à vouloir substituer à

la religion divine une religion naturelle ou un simple

sentiment de religiosité. Il se trouva même des États

qui crurent pouvoir se passer de Dieu et firent consis-

ter leur religion dans l'irréligion et l'oubli conscient et

volontaire de Dieu.

Les fruits très amers qu'a portés, si souvent et

d'une manière si persistante, cette apostasie des indi-

vidus et des États désertant le Christ, Nous les avons

déplorés dans l'Encyclique

Ubi arcano

. Nous les déplo-

VERS DEMAIN janvier-février 2017

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