Table of Contents Table of Contents
Previous Page  18 / 32 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 18 / 32 Next Page
Page Background

Pour comprendre le sens de la fête du Christ-Roi,

et par extension, pourquoi le Christ peut être reconnu

Roi d’une nation, comme c’est maintenant le cas en

Pologne, malgré une époque marquée par le pluralis-

me des religions, il faut se référer aux origines de cette

fête, qui a été instituée par le pape Pie XI, par sa let-

tre encyclique «Quas Primas», datée du 11 décembre

1925. À l'origine, elle était célébrée le dernier diman-

che d'octobre (c'est-à-dire le dimanche qui précédait

la Toussaint); depuis la réforme liturgique de 1969, les

catholiques la célèbrent le dernier dimanche du calen-

drier liturgique, soit vers la fin du mois de novembre,

sous le nom de la fête du «Christ Roi de l'univers».

Voici de larges extraits de cette encyclique de Pie XI:

Dans la première Encyclique qu'au début de Notre

Pontificat Nous adressions aux évêques du monde

entier (

Ubi arcano

, 23 décembre 1922), Nous recher-

chions la cause intime des calamités contre lesquelles,

sous Nos yeux, se débat, accablé, le genre humain. Or,

il Nous en souvient, Nous proclamions ouvertement

deux choses: l'une, que ce débordement de maux sur

l'univers provenait de ce que la plupart des hommes

avaient écarté Jésus-Christ et sa loi très sainte des

habitudes de leur vie individuelle aussi bien que de

leur vie familiale et de leur vie publique; l'autre, que

jamais ne pourrait luire une ferme espérance de paix

durable entre les peuples tant que les individus et les

nations refuseraient de reconnaître et de proclamer la

souveraineté de Notre Sauveur. C'est pourquoi, après

avoir affirmé qu'il fallait chercher la paix du Christ par

le règne du Christ, Nous avons déclaré Notre intention

d'y travailler dans toute la mesure de Nos forces ; par

le règne du Christ, disions-Nous, car, pour ramener

et consolider la paix, Nous ne voyions pas de moyen

plus efficace que de restaurer la souveraineté de Notre

Seigneur.

Depuis longtemps, dans le langage courant, on

donne au Christ le titre de Roi au sens métaphori-

que; il l'est, en effet, par l'éminente et suprême per-

fection dont il surpasse toutes les créatures… Mais,

pour entrer plus à fond dans Notre sujet, il est de toute

évidence que le nom et la puissance de roi doivent

être attribués, au sens propre du mot, au Christ dans

son humanité; car c'est seulement du Christ en tant

qu'homme qu'on peut dire: Il a reçu du Père la puis-

sance, l'honneur et la royauté (Daniel 7, 13-14); com-

me Verbe de Dieu, consubstantiel au Père, il ne peut

pas ne pas avoir tout en commun avec le Père et, par

suite, la souveraineté suprême et absolue sur toutes

les créatures.

Écoutons maintenant les témoignages du Christ

lui-même sur sa souveraineté. Dès que l'occasion se

présente – dans son dernier discours au peuple sur les

récompenses ou les châtiments réservés dans la vie

éternelle aux justes ou aux coupables; dans sa répon-

se au gouverneur romain, lui demandant publique-

ment s'il était roi; après sa résurrection, quand il confie

aux Apôtres la charge d'enseigner et de baptiser tou-

tes les nations – il revendique le titre de roi (Matthieu

25, 31-40), il proclame publiquement qu'il est roi (Jean

18, 37), il déclare solennellement que toute puissance

lui a été donnée au ciel et sur la terre (Matthieu 28,

18). Qu'entend-il par-là, sinon affirmer l'étendue de sa

puissance et l'immensité de son royaume?

Pourquoi une fête du Christ-Roi?

«Pour combattre la peste du laïcisme», dit Pie XI

18

VERS DEMAIN janvier-février 2017

www.versdemain.org