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L’article suivant donne quelques points de la

conférence donnée par M. Louis Even au Front Uni-

versitaire de Montréal, le 21 avril 1953:

par

Louis Even

Remarques utiles avant l'exploration

Ce n'est évidemment pas en écoutant une confé-

rence d'une heure ou deux que l'on peut bien saisir

tout le sens, la portée et l'impor-

tance des propositions du Crédit

Social. Logiques, assurément,

et riches d'humanisme; mais tel-

lement différentes des concep-

tions financières généralement

reconnues ou plutôt acceptées

sans examens !

Comme pour toute science

d'ailleurs, il faut apporter à cette

étude au moins un minimum de

temps et beaucoup d'applica-

tion. Il faut aussi l'aborder avec

un esprit ouvert, et non pas dans

la seule intention d'y trouver la

confirmation d'une conclusion

faite d'avance.

Ne pas isoler une proposi-

tion partielle du Crédit Social

et en soupeser la possibilité

d'application dans l'orbite du

système financier actuel. Rien

n'est plus propre à fausser la

perspective.

Par exemple: un dividende

périodique à tout le monde,

sans taxe; un abaissement des

prix sans nuire au producteur;

une finance automatique de la

production, sans inflation, sont

manifestement incompréhen-

sibles si l'on prétend les réali-

ser sans faire d'abord le chan-

gement majeur dans le mode

d'émission et d'annulation de

l'argent et dans la politique mo-

nétaire de distribution des pro-

duits. Pour le poisson qui a tou-

jours vécu dans l'eau, l'idée de

voler dans l'air peut avoir tous

les caractères d'une utopie;

mais l'oiseau voit la chose d'une

autre manière.

L'étude du Crédit Social

se complique du fait que ni le

Crédit Social, ni rien en appro-

chant, n'a jamais été appliqué, pas même mis à l'essai,

nulle part. Il ne peut donc être question simplement

d'expliquer ou d'interpréter des expériences faites.

Mais il s'agit d'une investigation du possible dans une

économie qui n'existe pas et dont on ne trouve aucun

exemple dans l'histoire, d'un possible économique qui

n'admettrait pas d'autres limitations que celles afférant

à la nature même des choses. Pour bien faire une telle

investigation, il faut, en quelque

sorte, s'évader complètement

du seul monde économique

que nous connaissons, et re-

penser les premières notions,

en matière de finance, d'écono-

mie, et surtout de philosophie

de l'économie. Car le Crédit

Social est un retour à la logique

et à l'intégration des fins et des

moyens, affreusement offensés

par l'économie actuelle.

Postulats fondamentaux

Impossible de s'entendre en

matière de Crédit Social, si l'on

n'admet pas d'abord certains

principes, certains postulats

fondamentaux, qui imprègnent

toute la théorie créditiste. On

y revient souvent dans la lit-

térature créditiste présentée

au Canada français. Pour n'en

mentionner que quelques-uns:

1. La terre et ses richesses

ont été créées pour tous les

hommes. Pour tous, sans ex-

ception. Donc, chaque être hu-

main vivant doit pouvoir obte-

nir une part, au moins suffisante

pour ses besoins d'existence.

Lui refuser cette part, c'est lui

refuser le droit à la vie.

Un système est humain ou

inhumain, dans la mesure où il

facilite ou rend difficile à cha-

que homme l'accès à ces biens.

2. Les moyens doivent être

ordonnés aux fins, et non vice

versa, à titre d'exemples:

L'activité économique a

pour fin de satisfaire les besoins

humains. C'est donc à cette fin

que doit être ordonné tout l'ap-

pareil économique, son aspect

financier y compris.

u

Dans l’article précédent,

Louis Even explique que le Cré-

dit Social est une conviction,

une philosophie de la vie éco-

nomique. Ici, Geoffrey Dobbs,

créditiste britannique disciple

de Douglas, décrit en détail

ce qu’est cette philosophie, et

pourquoi elle a une importance

capitale pour l’avenir du chris-

tianisme. Dans son pamphlet «Qu’est-ce que le Crédit

Social ?», publié en 1981, Geoffrey Dobbs écrit:

«Le terme “crédit social” (sans majuscules) dési-

gne quelque chose qui existe dans toutes les socié-

tés, mais à laquelle on n’avait jamais donné de nom

auparavant, parce qu’on prenait cette chose pour

acquis. Nous prenons conscience de l’existence du

“crédit social”, du crédit de la société, seulement

lorsque nous le perdons.

«Le mot “crédit” est synonyme de foi, ou confian-

ce; ainsi, nous pouvons dire que le crédit est la foi ou

confiance qui lie ensemble les membres d’une so-

ciété — la confiance ou croyance mutuelle dans cha-

que autre membre de la société, sans laquelle c’est

la peur, et non la confiance, qui cimente cette socié-

té... Quoique aucune société ne puisse exister sans

une certaine sorte de crédit social, ce crédit social,

ou confiance en la vie en société, atteint son maxi-

mum lorsque la religion chrétienne est pratiquée, et

atteint son minimum lorsqu’on nie le christianisme

ou qu’on s’en moque.

«Le crédit social est donc un résultat, ou une

expression en termes concrets, du vrai christianis-

me dans la société, un de ses fruits les plus recon-

naissables; et c’est le but et la ligne de conduite

des créditistes d’augmenter ce crédit social, et de

s’efforcer d’empêcher son déclin. Il y a des milliers

d’exemples de ce crédit social qu’on tient pour ac-

quis dans la vie de tous les jours. Comment pour-

rions-nous vivre le moindrement en paix si nous ne

pouvons pas faire confiance à nos voisins? Com-

ment pourrions-nous utiliser les routes si nous

n’avions pas confiance que les autres automobilis-

tes observent le Code de la route? (Et qu’arrive-t-il

lorsqu’ils ne le font pas ! )

«A quoi servirait-il de cultiver des fruits ou des

légumes dans des jardins ou des fermes si d’autres

gens venaient les voler ? Comment n’importe quel-

le activité économique pourrait-elle exister — que

ce soit produire, vendre ou acheter — si les gens

ne peuvent, en général, compter sur l’honnêteté et

des transactions justes? Et qu’arrive-t-il lorsque le

concept de mariage chrétien, de famille chrétienne et

d’éducation chrétienne des enfants est abandonné?

Nous réalisons donc que le christianisme est quelque

chose de réel avec des conséquences pratiques terri-

blement vitales, et que d’aucune manière le christia-

nisme ne se limite à un ensemble d’opinions qui peu-

vent être choisies par ceux qui y sont intéressés.» (...)

«J’en arrive donc enfin à la question de l’argent.

Certaines personnes pensent que le Crédit Social

se résume à une question d’argent. Ils ont tort !

Le Crédit Social n’est pas avant tout une question

d’argent, mais essentiellement une tentative d’ap-

pliquer le christianisme dans les questions sociales,

dans la vie en société; et si le système d’argent se

trouve être un obstacle à une vie plus chrétienne (et

c’est effectivement le cas), alors nous, et tout chré-

tien, devons nous soucier de ce qu’est la nature de

l’argent, et pourquoi l’argent est un obstacle.

«Il existe un urgent besoin que plus de gens exa-

minent de plus près le fonctionnement du système

monétaire actuel, quoiqu’il ne soit pas demandé à

tout le monde d’être des experts sur ce sujet. Mais

lorsque les conséquences du système monétaire

actuel sont si abominables, tout le monde doit au

moins saisir les grandes lignes de ce qui ne fonc-

tionne pas et doit être corrigé, afin de leur permet-

tre d’agir en conséquence...»

v

Geoffrey Dobbs

Le Crédit Social, c’est la confiance

qu’on puisse vivre ensemble en société

Geoffrey Dobbs

Notre libération par le Crédit Social

Louis Even salue «la relève» au congrès

de 1955 à Québec. Jeunes, l’avenir du Mou-

vement de Vers Demain vous appartient, pre-

nez-le en main ! C’est l’industriel Henry Ford

qui disait: «La jeunesse qui pourra résoudre

la question monétaire fera plus pour le mon-

de que toutes les armées de l’histoire.»

Assemblées mensuelles

Maison de l’Immaculée

1101 rue Principale, Rougemont

Congrès: 30 septembre, 1-2 oct.

22 octobre, 26 novembre

10 heures a.m.: Ouverture. Chapelet

4.30 hres p.m. Sainte Messe à la chapelle

«La bataille finale de la

chrétienté se fera autour du

problème de l’argent, et tant

que ce problème ne sera pas

résolu, il ne pourra y avoir

d’application universelle du

christianisme.» –

Honoré de

Balzac, écrivain français

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VERS DEMAIN août-septembre 2017

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