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Coopératrice de notre rédemption

Un homme et une femme ayant coopéré à notre

ruine (Adam et Ève), il convenait, remarque saint Ber-

nard, qu'un autre homme et une autre femme coopé-

rassent à notre réparation; et c'est ce qu'ont fait Jésus

et Marie. Sans doute, ajoute-t-il, pour nous racheter,

c'était assez de Jésus-Christ seul; mais il était plus

convenable que les deux sexes concourussent à notre

salut, comme ils avaient concouru à notre perte. C'est

pourquoi le bienheureux Albert le Grand donne à Marie

le titre de Coopératrice de la Rédemption. Elle disait

elle-même un jour à sainte Brigitte que, comme Adam

et Ève ont vendu le monde pour un seul fruit, elle et son

divin Fils l'ont racheté d'un même coeur. Selon la pen-

sée de saint Anselme, Dieu a bien pu créer le monde de

rien; mais, le monde s'étant perdu par le péché, Dieu

n'a pas voulu le restaurer sans la coopération de Marie.

Suivant Suarez, la divine Mère a contribué à notre

salut de trois manières: c'est d'abord qu'elle a mérité

d'un mérite de convenance, comme disent les théolo-

giens, l'Incarnation du Verbe; c'est ensuite que, pendant

sa vie mortelle, elle s'est appliquée avec beaucoup de

zèle à prier pour nous; c'est enfin qu'elle a fait géné-

reusement le sacrifice de la vie de son Fils pour notre

rédemption. Eh bien ! en récompense de l'immense

gloire qu'elle a rendue à Dieu et de l'ineffable amour

qu'elle nous a témoigné en travaillant ainsi à la réhabi-

litation de tous les hommes, Dieu a statué avec justice

qu'aucun n'obtiendrait le salut, si ce n'est par son inter-

cession.

Suivant Bernardin de Bustis, Marie s'appelle la

Coopératrice de notre justification, parce que Dieu lui

a confié toutes les grâces qu'il voulait bien nous faire.

Et saint Bernard en conclut qu'elle est le centre et le

point culminant des siècles, et comme le phare salu-

taire qui attira les regards des générations passées, qui

doit attirer ceux de la génération présente, et de toutes

les générations futures. (…)

Il est écrit de la Femme forte: Pareille au navire

d'un marchand, elle apporte son pain de loin. Telle est

bien Marie, vaisseau béni qui apporta au monde Jé-

sus-Christ, le Pain vivant descendu du ciel pour nous

donner la vie éternelle. Je suis, dit-il, le Pain vivant des-

cendu du ciel; si quelqu'un mange de ce pain, il vivra

éternellement. D'un autre côté, selon la remarque de

Richard, tous ceux-là périront qui voguent sur la mer

orageuse du monde en dehors de ce mystique navire,

c'est-à-dire sans être protégés par Marie. Ainsi donc,

ajoute-t-il, chaque fois que les tentations ou les révoltes

des passions, si fréquentes dans cette vie, nous met-

tent en péril, il nous faut recourir à Marie et pousser

vers elle ce cri de détresse: Au secours, ô notre Reine !

sauvez-nous, ou bien vous aller nous voir perdus.

D'après le glorieux saint Gaétan, nous pouvons

bien demander les grâces, mais nous ne pourrons ja-

mais les obtenir sans cet appui. Ce que confirma saint

Antonin par cette belle expression: «Demander et vou-

loir obtenir les grâces sans l'intercession de Marie, c'est

prétendre voler sans ailes». Pharaon confia à Joseph

un plein pouvoir sur toute l'Égypte; et, dès lors, tous

ceux qui venaient au palais demander des secours, il les

renvoyait en leur disant: Allez à Joseph; ainsi, quand

nous sollicitons des grâces, le Seigneur nous renvoie à

la bienheureuse Vierge: Allez, dit-il, allez à Marie. Car il a

décrété, assure saint Bernard, de ne rien nous accorder,

si ce n'est par les mains de Marie. Si donc les Égyptiens

ont pu dire à Joseph: Notre salut est entre vos mains,

nous avons bien plus de sujet, remarque Richard de le

dire à Marie; car vraiment «notre salut est en son pou-

voir». (...)

Puissante Reine, lui dit saint Bernardin de Sienne,

vous êtes la dispensatrice de toutes les grâces; la grâce

du salut ne peut donc nous venir que de votre main, et

partant notre salut dépend de vous.

Richard a donc eu raison de dire: «Comme une pier-

re tombe dès qu'on ôte ce qui la soutient, ainsi une âme

qui perd l'appui de Marie, tombe d'abord dans le péché

et puis dans l'enfer.»

Saint Bonaventure ajoute que Dieu ne nous sau-

vera pas si Marie n'intercède pas pour nous; comme

un enfant ne saurait vivre qui n'a pas de nourrice, dit-il

encore, ainsi une âme ne saurait se sauver sans l'aide

de Marie. «Que votre âme, conclut-il, soit donc comme

altérée des pratiques de dévotion envers Marie; atta-

chez-vous à cette bonne Mère, et ne la quittez point que

vous n'ayez reçu sa bénédiction en paradis.» (…)

Pour conclure, je dirai avec saint Bernard: «Consa-

crons toutes les affections de notre coeur à honorer

Marie, car telle est la volonté que nous a manifestée le

Seigneur, en réglant que tout bien nous viendrait par

l'entremise de cette divine Mère». Chaque fois donc que

nous désirons et sollicitons une grâce, efforçons-nous

de faire appuyer notre requête par Marie, et tenons-

nous sûr de l'obtenir par elle: «Cherchons la grâce, dit

saint Bernard, et cherchons-la par Marie; car si nous

sommes indignes d'être exaucés, Marie en est digne,

elle, et la faveur que nous souhaitons, elle la deman-

dera pour nous». Voulons-nous faire agréer au Seigneur

l'offrande de quelque bonne oeuvre, de quelque prière?

Suivons le conseil du même saint, ayons soin de remet-

tre tout entre les mains de Marie; par là, jamais nous ne

serons rebuté.

v

Saint Alphonse-Marie de Liguori

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Le 29 juin 2017, Mgr Douglas Crosby, O.M.I., évê-

que de Hamilton et président de la Conférence des

évêques catholiques du Canada (CECC) a écrit à l’ho-

norable Chrystia Freeland, ministre des Af-

faires étrangères, concernant son discours

du 6 juin 2017 sur la politique étrangère ca-

nadienne. Dans son discours à la Chambre

des communes, la Ministre avait associé les

droits des femmes au droit à l’avortement

et aux « droits en matière de sexualité et

de santé reproductive » en déclarant que

«ces droits sont au cœur de notre politique

étrangère» et «qu’ils constituent en outre

des droits de la personne et qu’ils orien-

teront la politique étrangère du Canada

aujourd’hui et à l’avenir.». Dans sa lettre,

Mgr Crosby exprime sa profonde inquiétude et son

désaccord affirmant que cette déclaration est « erro-

née, troublante et malavisée… et fait ressortir qu’une

«partie importante de la population (tant au Canada

qu’à l’étranger) estime que l’enfant à naître

est un être humain créé par Dieu, qui mérite

de vivre et d’être aimé», alors que la Cour

suprême du Canada a unanimement recon-

nu dans sa décision de la cause Morgenta-

ler en 1988 que l’État a un intérêt légitime à

protéger l’enfant à naître. Le Président de la

CECC insiste que «dans un contexte d’incer-

titude où la voix et le leadership du Canada

ont du poids sur de nombreux sujets, une

idéologie politique ne devrait pas dicter la

politique étrangère et l’emporter sur le bon

sens et sur nos obligations humanitaires en-

vers ceux et celles en grand besoin. »

L’avortement n’est pas une valeur canadienne

Lettre à la ministre des Affaires étrangères

Mgr Crosby

Le projet de loi C-16, Loi modifiant la Loi cana-

dienne sur les droits de la personne et le Code cri-

minel, a récemment été adopté par le Parlement du

Canada et a reçu la sanction royale le 19 juin 2017.

Cette loi ajoute l'identité de genre et l'expression de

genre à la liste des distinctions illicites en vertu de la

Loi canadienne sur les droits de la personne, et elle

modifie le Code criminel afin d'étendre la protection

contre la propagande haineuse aux membres des

groupes qui se distinguent par l'identité de genre ou

l'expression de genre.

L'Église catholique regarde toutes les personnes,

quelle que soit la manière dont elles s'identifient ou

dont elles choisissent de vivre leur vie, comme in-

vesties d'une dignité inhérente que leur confère Dieu

notre Créateur... Toutes les personnes, y compris

celles qui se disent «transgenres», doivent toujours

être traitées avec compassion, respect et amour.

Bien que la Conférence des évêques catholiques

du Canada soutienne l'objectif du projet de loi C 16,

qui vise à assurer la protection des Canadiennes et

des Canadiens, certains des principes qui le sous-

tendent – si largement reçus qu'ils puissent être

dans notre société – ne sauraient être appuyés par

les catholiques. Le plus grave parmi ceux-ci prétend

que le genre puisse être séparé de la sexualité bio-

logique et choisi par l'individu. Ce principe clé de la

théorie contemporaine du genre contrevient à la loi

naturelle et à la révélation chrétienne, et, par consé-

quent, il a explicitement été rejeté par le pape Fran-

çois et le pape Benoît XVI.

Selon la Genèse, nous sommes créés homme

et femme, à l'image de Dieu (Genèse 1, 26.27). Cha-

cune et chacun de nous est donc appelé à accomplir

sa vocation d'une façon qui est à la fois individuel-

lement unique et néanmoins fidèle à celle ou à celui

pour lequel nous avons été créés. Pour reprendre

les mots du Catéchisme de l'Église catholique, aux

numéros 2332 et 2333, «il revient à chacun, homme

et femme, de reconnaître et d'accepter son identité

sexuelle», laquelle comprend «la différence et la

complémentarité physiques, morales et spirituelles»

et «affecte tous les aspects de la personne humaine,

dans l'unité de son corps et de son âme». Cette iden-

tité «concerne particulièrement l'affectivité, la capa-

cité d'aimer et de procréer, et, d'une manière plus

générale, l'aptitude à nouer des liens de communion

avec autrui.»

Soucieux du bien-être, non seulement des ca-

tholiques mais aussi de toutes les Canadiennes et

tous les Canadiens, nous tenons à exprimer de nou-

veau nos graves inquiétudes au sujet du projet de loi

C-16. Il est probable que cette législation soulèvera

des questions liées à la liberté de parole, la liberté

d'association et la liberté de religion. Nous invitons

instamment tous les fidèles catholiques et toutes les

personnes de bonne volonté à faire preuve de dili-

gence en défendant ces libertés et la conception de

la dignité humaine sur laquelle elles sont fondées.

Mgr Douglas Crosby, OMI

Évêque de Hamilton et Président de la CECC

Le 7 juillet 2017

Les évêques canadiens dénoncent la théorie du genre

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VERS DEMAIN août-septembre 2017

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