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«L‘Assomption est donc le point d’arrivée de la

lutte qui a mobilisé l’amour généreux de Marie pour

la rédemption de l’humanité, et elle est le fruit de sa

participation unique à la victoire de la Croix.»

Selon Marie d’Agreda

La vénérable religieuse espagnole Marie d’Agreda

(1602-1665) a écrit «La cité mystique de Dieu», dictée

par la Vierge Marie, qui relate en détail la vie de Notre-

Dame. Voici des extraits de ce qui y est rapporté au

sujet de l’Assomption où, tout comme le suggérait

saint François de Sales, cité précédemment par saint

Jean-Paul II, Marie serait «morte d’amour»:

«Le jour auquel Marie devait

être placée dans le temple de la

Jérusalem céleste s’approchait;

trois jours auparavant les apô-

tres et les disciples furent réunis

dans le cénacle par le ministère

des anges. (…) Après quelque

temps, elle les pria de prier tous

en silence pour elle et avec elle.

Au milieu de ce silence, le Verbe

incarné, descendit du ciel, sur un

trône de gloire ineffable, accom-

pagné de tous les saints et d’un

nombre infini d’anges et le céna-

cle fut tout rempli de lumière. La

chère mère lui baisa les pieds,

et l’adora, elle fit le dernier acte

d’humilité et de culte dans sa vie

mortelle par lequel elle surpassa

tous les hommes ensemble, elle

se recueillit et se confondit avec

la poussière, quoiqu’elle fût mère de Dieu.

«Le divin fils la bénit et en présence de cette as-

semblée de saints, il lui dit: “Chère mère, il est déjà

temps de passer pour toujours au paradis, où un trô-

ne vous est préparé à ma droite; puisque je vous ai

fait, comme ma mère, entrer dans le monde, pure et

exempte de toute tache de péché, ainsi pour en sortir,

la mort n’a aucun droit de vous toucher; si donc, vous

ne voulez pas passer par elle à la vie bienheureuse,

venez avec moi sans mourir, participer à la gloire que

vous avez déjà mérité.”

«La mère, avec un visage joyeux et la tête inclinée,

répondit: “Mon fils et mon Seigneur, je vous demande

que votre mère et votre servante entre dans la vie éter-

nelle, par la porte commune des enfants d’Adam et

comme vous Dieu véritable.” Le Seigneur approuva ce

sacrifice d’humilité, les anges commencèrent à chan-

ter quelques versets du Cantique des cantiques...

«Lorsque les anges arrivèrent en chantant à ce

verset: “Surge, propera, amica mea” (“Lève-toi, mon

amie, ma belle, et viens” (2, 10), elle dit à son divin

fils les mêmes paroles qu’il avait prononcées, lorsqu’il

expira sur la croix: “Seigneur je remets mon âme en-

tre vos mains.” Et ayant fermée ses yeux très purs, la

sainte Vierge expira. De sorte que la maladie, qui lui

ôta la vie, fut l’amour, sans aucune autre cause, ni ma-

ladie d’aucune espèce; et cela se fit ainsi: le pouvoir

divin suspendit le concours miraculeux, par lequel

jusqu’alors elle avait conservé les forces naturelles,

pour ne pas être consumée par l’ardeur surnaturelle et

le feu sensible qu’entretenait en elle l’amour divin…»

Le couronnement de Marie

La suite logique de l’Assomption de Marie, c’est son

couronnement lors de son arrivée au ciel. C’est ce qu’on

médite dans les quatrième et cinquième mystères glo-

rieux du Rosaire. Et ce couronnement de Marie fait aussi

l’objet d’une fête liturgique —Ma-

rie, Reine de l’univers — qui a été

instituée par le pape Pie XII par sa

lettre encyclique

Ad Caeli Regi-

nam

(Vers la Reine du Ciel) datée

du 11 octobre 1954. Cette fête,

fixée tout d’abord au 31 mai, est

maintenant célébrée dans l’octa-

ve de l’Assomption, le 22 août.

Dans sa catéchèse du mercredi

23 juillet 1997, le pape saint Jean-

Paul II apportait les réflexions sui-

vantes sur cette fête de la Vierge

Marie, Reine de l’Univers:

«Mon vénéré prédécesseur

Pie XII, dans l’Encyclique

Ad Cae-

li Reginam

à laquelle se réfère le

texte de la Constitution Lumen

Gentium, indique comme fon-

dement de la royauté de Marie,

outre sa maternité, sa coopéra-

tion à l’oeuvre de la Rédemption. L’Encyclique rappelle

le texte liturgique: “Sainte Marie, Reine du Ciel et Sou-

veraine du monde, se tenait debout, dans la douleur,

près de la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ”. Elle

établit ensuite une analogie entre Marie et le Christ, qui

nous aide à comprendre la signification de la royauté

de la Vierge. Le Christ est roi non seulement en tant

que Fils de Dieu, mais aussi en tant que Rédempteur;

Marie est reine non seulement parce qu’elle est Mère

de Dieu, mais aussi parce que, associée comme nou-

velle Ève au nouvel Adam, elle coopéra à l’oeuvre de la

Rédemption du genre humain. (...)

«En citant la Bulle

Ineffabilis Deus

de Pie IX, le

Souverain Pontife Pie XII met en évidence la dimen-

sion maternelle de la royauté de la Vierge: “Ayant pour

nous une affection maternelle et assumant les intérêts

de notre salut, elle étend sa sollicitude à tout le genre

humain. Établie par le Seigneur Reine du Ciel et de la

terre, élevée au-dessus de tous les chœurs des anges

et de toute la hiérarchie céleste des saints, siégeant

à la droite de son Fils unique, notre Seigneur Jésus-

Christ, elle obtient audience par la puissance de ses

supplications maternelles; elle reçoit tout ce qu’elle

demande et n’éprouve jamais de refus”. (...)

«Loin, donc, de créer une distance entre nous et

elle, l’état glorieux de Marie suscite une proximité

continuelle et pleine d’attentions. Elle connaît tout ce

qui advient dans notre existence et nous soutient de

son amour maternel dans les épreuves de la vie. Éle-

vée dans la gloire du Ciel, Marie se consacre totale-

ment à l’œuvre du salut pour communiquer à tout être

vivant la félicité qui lui a été concédée. Elle est une

Reine qui donne tout ce qu’elle possède, partageant

surtout la vie et l’amour du Christ.»

Selon Marie d’Agreda

Voici comment Marie d’Agreda, dans

La Cité mysti-

que de Dieu

, relate ce couronnement de Marie au ciel:

«Le divin rédempteur la présenta sous ce titre

auguste devant le trône divin, et il dit: “Mon Père éter-

nel, ma chère mère, votre fille bien-aimée, et l’épouse

chérie de l’Esprit-Saint, vient recevoir la possession

éternelle de la couronne, et de la gloire que nous lui

avons préparée en récompense de ses mérites. C’est

celle qui est née parmi les enfants d’Adam comme une

rose entre les épines, sans tâche, pure et belle, digne

d’être reçue dans nos mains; c’est notre élue, notre uni-

que et singulière, à qui nous avons donné la grâce et la

participation de nos perfections, au-dessus des règles

ordinaires des autres créatures, en elle nous avons dé-

posé le trésor de notre divinité; c’est celle qui a trouvé

grâce à nos yeux et en qui nous avons pris nos com-

plaisances. Il est donc juste, que ma mère reçoive la

récompense comme mère, et si pendant tout le cours

de sa vie, elle a été semblable à moi au degré possible à

une pure créature, elle doit encore aussi me ressembler

dans la gloire et être sur le trône de notre majesté, afin

que là où est la sainteté par essence, soit aussi celle qui

en a reçu la plus grande participation. (…)

«Après ces paroles, les trois personnes divines pla-

cèrent sur la tête auguste de la très-sainte Vierge, une

couronne de gloire, d’une splendeur si belle, qu’il ne

s’en était jamais vue auparavant, et qu’il ne s’en verra

donner à l’avenir à une pure créature. Dans le même

instant, il sortit une ‘voix du trône, qui dit: Notre amie

et élue entre toutes les créatures, notre royaume vous

appartient, vous êtes souveraine, reine, maîtresse de

tous les Séraphins et de tous les anges nos ministres,

et de l’universalité de toutes nos créatures; veillez

donc, commandez et régnez heureusement sur elles;

dans notre suprême Consistoire nous vous donnons

l’empire, la majesté et le domaine, parce que, quoi-

que remplie de grâce au-dessus de toutes les créa-

tures, vous vous êtes humiliée dans votre esprit, et

vous vous êtes toujours mise au dernier rang; recevez

maintenant le rang sublime qui vous est du, et partici-

pez au souverain domaine que notre divinité possède

sur tout ce que. notre toute-puissance a créé. De votre

trône royal vous commanderez jusqu’au centre de la

terre, et par le pouvoir que nous vous donnons, vous

tiendrez l’enfer assujetti; tous vous craindront et vous

obéiront jusque dans les cavernes infernales; vous

règnerez sur la terre, et sur tous les éléments, nous

mettons dans vos mains les vertus et les effets de tou-

tes les causes naturelles, et leur conservation, afin que

vous disposiez des influences du ciel et des fruits de

la terre, de tout ce qui existe et existera; distribuez-le

selon votre bon plaisir, et notre volonté sera toujours

prompte à accomplir la vôtre. Vous êtes impératrice

et reine de l’Eglise militante, sa protectrice, son avo-

cate, sa mère et sa maîtresse. Vous serez l’amie, la

patronne, la protectrice de tous les justes nos amis,

vous les consolerez, les Fortifierez et les remplirez de

biens, selon qu’ils s’en rendront dignes par leur dévo-

tion. Vous êtes la Dépositaire de toutes nos richesses

divines, la Trésorière de nos biens. Nous laissons dans

vos mains les secours et les faveurs de noire grâce,

afin que vous les dispensiez; car nous ne voulons rien

accorder au monde, qui ne passe par vos mains, et

nous ne voulons rien refuser, de ce que vous accorde-

rez. La grâce sera répandue sur vos lèvres, pour tout

ce que vous, voudrez et ordonnerez dans le ciel et sur

la terre; les anges et les hommes vous obéiront en

tout lieu, parce que tout ce qui est à nous vous appar-

tient, de même que vous nous avez toujours apparte-

nue, et vous règnerez avec nous pour l’éternité.»

Combien sont grands ces mystères de l’Assomp-

tion et du couronnement de Marie, et surtout, combien

devons-nous être reconnaissants à Dieu de nous avoir

donné une si bonne Mère, qui continue de veiller sur

chacun de ses enfants. N’hésitons pas à avoir recours à

elle en tout temps, surtout par la prière du chapelet.

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VERS DEMAIN août-septembre 2017

www.versdemain.org