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à la propriété privée des biens durables: une mai-

son, une terre, un outillage artisanal, l’équipement

d’une ferme familiale, quelques actions d’entrepri-

ses moyennes ou grandes.»

(Jean XXIII,

Mater et

Magistra

, nn. 114-115.)

Le capitalisme a été vicié

par le système financier

Les maux du système capitaliste ne proviennent

donc pas de sa nature (propriété privée, libre entrepri-

se), mais du système financier qu’il utilise, un système

financier qui domine au lieu de servir, qui vicie le capi-

talisme. Le Pape Pie XI écrivait dans son encyclique

Quadragesimo anno

, en 1931:

«Le capitalisme n’est

pas à condamner en lui-même, ce n’est pas sa consti-

tution qui est mauvaise, mais il a été vicié.»

Ce que l’Eglise condamne, ce n’est pas le capita-

lisme en tant que système producteur, mais, selon les

mots du Pape Paul VI, le «néfaste système qui l’acom-

pagne», le système financier:

«Ce libéralisme sans frein conduit à la dictature

à bon droit dénoncée par Pie XI comme génératrice

de ‘l’impérialisme de l’argent’. On ne saurait trop

réprouver de tels abus, en rappelant encore une fois

solennellement que l’économie est au service de

l’homme. Mais s’il est vrai qu’un certain capitalisme

a été la source de trop de souffrances, d’injustices et

de luttes fratricides aux effets durables, c’est à tort

qu’on attribuerait à l’industrialisation elle-même des

maux qui sont dus au néfaste système qui l’accompa-

gnait. Il faut au contraire en toute justice reconnaître

l’apport irremplaçable de l’organisation du travail et

du progrès industriel à l’œuvre du développement.»

(Encyclique

Populorum progressio

, sur le développe-

ment des peuples, 26 mars 1967, n. 26.)

Le vice du système: l’argent

est créé par les banques

sous forme de dette

Le système financier n’accomplit pas son rôle, car

il a été détourné de sa fin. L’argent devrait être un ins-

trument de service, mais les banquiers, en s’en réser-

vant le contrôle de la création, en ont fait un instru-

ment de domination:

«Ce pouvoir est surtout considérable chez ceux

qui, détenteurs et maîtres absolus de l’argent et du

crédit, gouvernent le crédit et le dispensent selon

leur bon plaisir. Par là, ils distribuent le sang à l’orga-

nisme économique dont ils tiennent la vie entre leurs

mains, si bien que, sans leur consentement, nul ne

peut plus respirer.»

(Pie XI, encyclique

Quadragesimo

anno.)

Aucun pays ne peut rembourser sa dette dans

le système actuel, puisque tout argent est créé sous

forme de dette: tout l’argent qui existe vient en circu-

lation seulement lorsqu’il est prêté par les banques, à

intérêt. Et chaque fois qu’un prêt est remboursé, cette

somme d’argent cesse d’exister, est retirée de la cir-

culation.

Le défaut fondamental dans ce système est que

lorsque les banques créent de l’argent nouveau sous

forme de prêts, elles demandent aux emprunteurs

de ramener à la banque plus d’argent que ce que la

banque a créé. (Les banques créent le capital qu’elles

prêtent, mais pas l’intérêt qu’elles exigent en retour.)

Puisqu’il est impossible de rembourser de l’argent

qui n’existe pas, la seule solution est d’emprunter de

nouveau pour pouvoir payer cet intérêt, et d’accumu-

ler ainsi des dettes impayables.

Cette création d’argent sous forme de dette par les

banquiers est leur moyen d’imposer leur volonté sur

les individus et de contrôler le monde:

«Parmi les actes et les attitudes contraires à la

volonté de Dieu et au bien du prochain et les ‘struc-

tures’ qu’ils introduisent, deux éléments paraissent

aujourd’hui les plus caractéristiques: d’une part le dé-

sir exclusif du profit et, d’autre part, la soif du pouvoir

dans le but d’imposer aux autres sa propre volonté.»

(Jean-Paul II, encyclique

Sollicitudo rei socialis

, n. 37.)

Même s’il n’existait qu’un seul dollar en circulation

dans le pays, ce dollar devrait d’abord être prêté par

une banque afin d’exister. Supposons que la banque

prête ce dollar à un taux d’intérêt de 6%. Alors, à la

fin de l’année, il faut rembourser à la banque un dollar

plus 6% d’intérêt, soit 6 cents. Le fait est qu’il n’existe

qu’un dollar dans le pays, pas 1,06$. Il est impossi-

ble de rembourser à la fois capital et intérêt, puisque

l’intérêt n’a jamais été créé.

Pour qu’il y ait de l’argent en circulation, les dettes

(et faillites) doivent nécessairement s’accumuler, car

la dette totale ne peut en aucun cas être remboursée.

Cette façon de créer l’argent sous forme de dette pour

le pays est la chose la plus absurde qui puisse exister.

Et le pire dans tout cela, c’est que les gouvernements

s’obstinent à emprunter à intérêt des banques privées

l’argent qu’ils pourraient créer eux-mêmes, sans inté-

rêt, obligeant ainsi les citoyens à payer des intérêts sur

une dette astronomique, alors qu’il ne devrait pas y

avoir de dette du tout ! Le premier devoir de tout gou-

vernement souverain est de créer, d’émettre sa propre

monnaie selon les besoins de sa population. L’aban-

don de cette fonction à des compagnies privées (ban-

ques à charte) est la plus grande trahison de l’histoire.

Ce n’est pas le banquier qui donne la valeur à l’ar-

gent qu’il a créé, mais la production du pays. Le ban-

quier ne produit absolument rien, il ne fait que créer

des chiffres qui permettent au pays de

faire usage de sa propre capacité de

production, de sa propre richesse. Le

gouvernement peut donc très bien, au

moyen de sa banque centrale, créer lui-

même ces chiffres, sans passer par les

banques, et sans s’endetter.

Puisque l’argent est un instrument

essentiellement social, la doctrine du

Crédit Social propose que l’argent soit

émis par la société, et non par des ban-

quiers privés pour leur profit:

«Il y a certaines catégories de biens

pour lesquelles on peut soutenir avec

raison qu’ils doivent être réservés à

la collectivité lorsqu’ils en viennent à

conférer une puissance économique tel-

le qu’elle ne peut, sans danger pour le

bien public, être laissée entre les mains

de personnes privées.»

(Pie XI, encycli-

que

Quadragesimo anno

.)

Les effets de l’intérêt composé

Les institutions comme le FMI (Fonds Monétaire

International) et la Banque Mondiale prétendent venir

en aide aux pays en difficultés financières avec leurs

prêts, mais à cause des intérêts que ces pays doivent

payer, ces prêts les appauvrissent encore davantage.

En voici quelques exemples frappants:

En dix ans, de 1980 à 1990, les pays d’Amérique

latine ont payé 418 milliards $ d’intérêt sur un emprunt

original de 80 milliards $... et ils doivent encore le capi-

tal, même s’ils l’ont remboursé plus de cinq fois!

Selon la Coalition pour le Jubilé 2000, p

our cha-

que dollar versé en aide aux pays pauvres, 8 dollars

sont remboursés par ces mêmes pays en intérets.

(Voir la caricature ci-dessous.)

Ce sont des exemples semblables qui ont amené

Saint Léon à écrire:

«C’est une avarice injuste et in-

solente que celle qui se flatte de rendre service au

prochain alors qu’elle le trompe... Celui-là jouira du

repos éternel qui entre autres règles d’une conduite

pieuse n’aura pas prêté son argent à usure... tandis

que celui qui s’enrichit au détriment d’autrui, mérite

en retour la peine éternelle.»

Saint Jean Chrysostome

écrivait aussi:

«Rien n’est plus honteux, ni plus cruel

que l’usure.»

Les dettes doivent être effacées

Toute personne la moindrement sensée réalisera

qu’il est criminel et immoral d’exiger des pays de conti-

nuer à payer des intérêts sur des dettes dont le capital

a déjà été remboursé plusieurs fois par l’intérêt. On

peut donc comprendre pourquoi l’Église condamne si

fortement l’usure (le prêt d’argent à intérêt), et deman-

de l’effacement des dettes. Lorsqu’on comprend que

l’argent prêté par les banques est littéralement créé à

partir de rien, d’un simple trait de plume, alors il est

facile de comprendre que les dettes peuvent être effa-

«Ce pouvoir est surtout considéra-

ble chez ceux qui gouvernent le cré-

dit et le dispensent selon leur bon

plaisir. Par là, ils distribuent le sang

à l’organisme économique dont ils

tiennent la vie entre leurs mains, si

bien que, sans leur consentement,

nul ne peut plus respirer.»

– Pie XI

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au bureau de Vers Demain.

Pour chaque dollar versé en aide aux pays pauvres,

8 dollars sont remboursés par ces pays en intérêts.

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2016

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