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Le 21 octobre 2016, Pedro Pablo Kuczynski, Pré-

sident du Pérou depuis le 28 juillet dernier, a consa-

cré solennellement son pays, sa famille et lui-même

au Sacré-Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de

Marie. Cette consécration, écrite par le groupe «la

mission de l’amour de Dieu pour le monde entier»,

a été faite lors du déjeuner de la prière nationale,

tenue au Swissôtel à Lima, en présence des mem-

bres de la Chambre et du Sénat. Sur les 21 déjeu-

ners tenus jusqu’ici au Pérou, c’est la première fois

que le président du pays y assistait. Voici le texte de

cette consecration:

«Moi, Pedro Pablo Kuc-

zynski, Président de la Répu-

blique du Pérou, avec l'auto-

rité qui m'est conférée, je

fais un acte de consécration

de moi-même, ma famille, ici

présente et de ma femme,

et la République du Pérou à

l'amour et à la protection de

Dieu Tout-Puissant, par l'in-

tercession du Sacré-Cœur de

Jésus et du Cœur Immaculé

de Marie.

«Je mets dans vos mains

aimantes mon gouvernement

avec tous les travailleurs et

les citoyens qui sont sous ma responsabilité.

Dieu Tout-Puissant, je vous offre mes pensées et

mes décisions en tant que président afin de les

utiliser pour le bien de notre pays et de toujours

être conscient des Dix Commandements pour

gouverner. Je demande à Dieu, par l'intercession

du Sacré-Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé

de Marie, d'écouter et d'accepter mon acte de

consécration et de couvrir notre pays d'une pro-

tection spéciale.

«En faisant cette prière, je demande le par-

don de Dieu pour tous les péchés qu'on a com-

mis dans le passé, tous ce qui a été fait dans le

passé de la République et toutes les décisions

qui ont été prises contre ses commandements

et je demande son aide pour changer tout ce qui

nous sépare de Lui. Moi, Pedro Pablo Kuczynski,

en tant que Président de la République du Pé-

rou, je fais ce serment solennel devant Dieu et

devant les citoyens de notre pays aujourd'hui 21

octobre 2016.»

À remarquer que Pedro Pablo Kuczynski n’est

pas le descendant d’une vieille famille catholique

polonaise, comme son nom pourrait le laisser pen-

ser. Son père était un médecin juif allemand qui

s’était installé au Pérou pour fuir le nazisme, avec sa

femme, une française, Madeleine Godard, descen-

dante d’une famille protestante.

Prenant le nouveau chef de l’État péruvien au

mot, Mgr José Antonio Eguren,

archevêque de Piura au Pérou,

dans une lettre pastorale datée

du 24 octobre, se réjouit de

cette consécration. Mais ajoute

que le président et son gouver-

nement doivent agir en cohé-

rence avec cette consécration:

«Malheureusement,

cela

fait déjà plusieurs années que

l’on a vu se détériorer les va-

leurs (de la vie et de la famille)

parce que divers gouverne-

ments ont privilégié une poli-

tique favorable à l’avortement,

sous prétexte qu’il s’agit d’un

droit, et en même temps on a

installé et développé dans l’appareil de l’État l’idéo-

logie du genre. Ces deux choses sapent le bien

commun et les fondements de la famille dans le

pays. Malheureusement, le gouvernement actuel a

insisté pour poursuivre avec une vision bien précise

d’une “modernité” qui semble comporter ces deux

choix politiques malgré sa promesse, au cours de la

campagne électorale, de défendre la vie humaine et

la famille», écrit-il.

Mgr Eguren dénonce ensuite le «divorce» entre

ce que pensent réellement les Péruviens et la majo-

rité des moyens de communication sociale, favora-

bles à l’avortement et à l’idéologie du genre, et qui

œuvrent à obtenir parmi le peuple «un changement

de ses valeurs et de sa vision de la réalité».

Donc, nous félicitons le président du Pérou pour

cette consécration, mais souhaitons qu’elle soit

aussi le début d’une véritable conversion, et se tra-

duise en gestes concrets et cohérents !

Le Président Pedro Pablo Kuczynski

A plusieurs occasions, le Pape François a vive-

ment critiqué la théorie du genre (ou «gender»),

qui vise à effacer toute différence, biologique

comme sociale, entre les hommes et les femmes,

qu’on peut choisir soi-même son genre (homme ou

femme), peu importe qu’on soit né biologiquement

un ou l’autre.

Par exemple, le 2 octobre 2016, lors d’une

conférence de presse sur l’avion qui le ramenait à

Rome, de retour de son voyage en Azerbaïdjan, le

pape François a précisé devant les journalistes qui

l'accompagnaient ce qu'il avait voulu dire la veille

en parlant de «guerre mondiale

contre le mariage» à propos de

la diffusion de la «théorie du gen-

re».

«Ce que j'ai critiqué (samedi)

est la mal qu'il y a dans le fait

d'ériger la théorie du genre en

doctrine. Un papa français m'a

raconté qu'un soir, en famille, il

a demandé à son fils de 10 ans:

“Que veux-tu faire quand tu se-

ras grand?” “Être une fille !” lui

répond l'enfant. Le papa s'était

alors rendu compte que dans les livres du collège,

on enseignait la théorie du genre. Ceci est contre

les choses naturelles ! Pour une personne, une

chose est d'avoir cette tendance, cette option, et

même de changer de sexe, autre chose est de faire

l'enseignement dans les écoles sur cette ligne, pour

changer la mentalité. C'est cela que j'appelle la co-

lonisation idéologique.»

Le 27 juillet 2016, lors d’une réunion privée

avec les évêques de la Pologne à l’occasion des

Journées mondiales de la Jeunesse à Cracovie, le

Pape François déclara:

«Nous vivons un moment d’anéantissement de

l’homme comme image de Dieu… En Europe, en

Amérique, en Amérique latine, en Afrique, dans

certains pays d’Asie, il y a de véritables colonisa-

tions idéologiques. Et une de celles-ci — je le dis

clairement avec “le nom et le prénom” — est le

“genre” ! Aujourd’hui, à l’école, on enseigne ceci

aux enfants — aux enfants ! — que chacun peut

choisir son sexe. Et pourquoi enseigne-t-on ceci ?

Parce que les livres sont ceux des personnes et des

institutions qui te donnent l’argent. Ce sont des co-

lonisations idéologiques soutenues aussi par des

pays très influents. Et c’est terrible !

«En parlant avec le pape Benoît, qui va bien et

qui a une pensée claire, il me disait: “Sainteté, notre

époque est celle du péché contre le Dieu créateur !”

Il est très perspicace ! Dieu a créé l’homme et la

femme; Dieu a créé le monde comme ceci, comme

ceci, comme cela… et nous faisons le contraire.

Dieu nous a donné un état “inculte” pour que nous

le fassions devenir culture; et ensuite avec cette

culture, nous faisons des choses qui nous ramè-

nent à l’état “inculte” ! Ce que le pape Benoît a dit,

nous devons y penser: “C’est l’époque du péché

contre le Dieu Créateur !”. Et cela nous aidera.»

Le Saint-Père a aussi spécifiquement condam-

né la création de lois imposant

cette théorie du genre dans son

exhortation apostolique

Amo-

ris Laetita

(La joie de l’amour),

au pragraphe 56:

«Un autre défi apparaît sous

diverses formes d’une idéo-

logie, généralement appelée

“gender”, qui nie la différence

et la réciprocité naturelle entre

un homme et une femme. Elle

laisse envisager une société

sans différence de sexe et sape

la base anthropologique de la famille. Cette idéolo-

gie induit des projets éducatifs et des orientations

législatives qui encouragent une identité person-

nelle et une intimité affective radicalement coupées

de la diversité biologique entre masculin et fémi-

nin. L’identité humaine est laissée à une option indi-

vidualiste, qui peut même évoluer dans le temps.

«Il est inquiétant que certaines idéologies de

ce type, qui prétendent répondre à des aspira-

tions parfois compréhensibles, veulent s’imposer

comme une pensée unique qui détermine même

l’éducation des enfants. Il ne faut pas ignorer que

le sexe biologique (sex) et le rôle socioculturel du

sexe (gender), peuvent être distingués, mais non

séparés...

«Une chose est de comprendre la fragilité hu-

maine ou la complexité de la vie, autre chose est

d’accepter des idéologies qui prétendent diviser

les deux aspects inséparables de la réalité. Ne tom-

bons pas dans le péché de prétendre nous subs-

tituer au Créateur. Nous sommes des créatures,

nous ne sommes pas tout-puissants. La création

nous précède et doit être reçue comme un don.

En même temps, nous sommes appelés à sauve-

garder notre humanité, et cela signifie avant tout

l’accepter et la respecter comme elle a été créée.»

Le Pape François condamne la théorie du genre

Le Président du Pérou consacre son

pays au Sacré-Coeur de Jésus

et au Coeur Immaculé de Marie

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2016

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