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Pape François: s’écouter mutuellement,

s’expliquer avec douceur sans hurler

L’année sainte de la miséricorde vient de se ter-

miner. Qu’avons-nous retenu de cette année, dont le

thème était «Soyez miséricordieux comme votre Père

est miséricordieux»? Deux principaux points sont à

retenir: d’abord, pardonner à ceux qui nous ont offen-

sés, comme nous le répétons dans la prière du Notre

Père. Et aussi, puisque le mot «miséricorde» vient

des mots latin «miseria» (misère, malheur) et «cor»

(cœur), mettre en pratique la miséricorde signifie

donc «avoir le cœur sensible au malheur, à la misère

des autres», approcher notre cœur de la misère du

prochain. Cela se réalise de façon concrète par la pra-

tique des œuvres de miséricorde, qui se divisent en

deux catégories: corporelles et spirituelles.

Ces œuvres de miséricorde consistent en actes

tout simples de la vie de tous les jours, mais le Pape

François a mentionné que si elles étaient mises en

pratique par chaque chrétien, ce serait la face du

monde qui serait changée. Les œuvres de miséricor-

de corporelles sont plus connues, puisqu’elles sont

tirées des Béatitudes de l’Évangile: donner à manger

aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir

ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les

malades, visiter les prisonniers, et on a ajouté: ense-

velir les morts.

Les oeuvres de miséricorde spirituelles sont

moins connues, mais toutes aussi importantes:

conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les

ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés,

pardonner les offenses, prier Dieu pour les vivants et

pour les morts, supporter patiemment les personnes

ennuyeuses.

Cette dernière œuvre de miséricorde signifie qu’il

faut être patient envers notre prochain, comme Dieu

est patient envers nous. Dans la vie de tous les jours,

cela s’applique surtout au dialogue: lorsque nous

discutons avec quelqu’un, on a souvent tendance à

l’interrompre, et même à ne pas lui laisser finir ce qu’il

voulait dire, quand on voit qu’il ne partage pas notre

point de vue. C’est souvent la cause de bien des mal-

entendus, qui peuvent tourner en rancœurs, conflits

et même guerres ouvertes, tant au niveau individuel,

familial, professionnel, ou même international .

Le dialogue était justement le thème de la caté-

chèse donnée par le pape François place Saint-Pierre,

le samedi 22 octobre 2016. Voici les paroles du Saint-

Père, à méditer longuement… et à mettre en pratique !

Chers frères et sœurs, bonjour !

Le passage de l’Évangile de Jean que nous avons

écouté (cf. 4, 6-15) rapporte la rencontre de Jésus avec

une femme samaritaine. Ce qui frappe dans cette ren-

contre est le dialogue très intense entre la femme et

Jésus. Cela nous permet de souligner aujourd’hui un

aspect très important de la miséricorde, qui est propre

au dialogue.

Le dialogue permet aux personnes de se connaître

et de comprendre les exigences les uns des autres.

Celui-ci est tout d’abord un grand signe de respect,

car il place les personnes dans une attitude d’écoute

et dans la condition de recevoir les meilleurs aspects

de l’interlocuteur. En deuxième lieu, le dialogue est

une expression de charité, car, sans ignorer les diffé-

rences, il peut aider à rechercher et à partager le bien

commun. En outre, le dialogue nous invite à nous

placer devant l’autre en voyant ce dernier comme un

don de Dieu, qui nous interpelle et qui nous demande

d’être reconnu.

Très souvent, nous ne rencontrons pas nos frè-

res, bien que vivant à leurs côtés, en particulier quand

nous faisons prévaloir notre position sur celle de

l’autre. Nous ne dialoguons pas quand nous n’écou-

tons pas assez ou bien quand nous tendons à inter-

rompre l’autre pour démontrer que nous avons raison.

Pourtant, combien de fois, combien de fois quand

nous sommes en train d’écouter une personne, nous

l’arrêtons et nous disons: «Non! Non! Ce n’est pas

comme ça ! » et nous ne laissons pas la personne finir

d’expliquer ce qu’elle veut dire. Et cela empêche le

dialogue: cela est une agression. Le véritable dialo-

gue, en revanche, a besoin de moments de silence,

pendant lesquels saisir le don extraordinaire de la

présence de Dieu chez notre frère.

Chers frères et sœurs, dialoguer aide les person-

nes à humaniser les relations et à surmonter les in-

compréhensions. Il y a tellement besoin de dialogue

dans nos familles, et comme l’on résoudrait plus faci-

lement les problèmes si l’on apprenait à s’écouter réci-

proquement! Il en est ainsi dans la relation entre mari

et femme, et entre parents et enfants. Une grande aide

peut également provenir du dialogue entre les ensei-

gnants et leurs élèves; ou bien entre les dirigeants et

les ouvriers, pour découvrir les meilleures exigences

du travail.

L’Église vit aussi du dialogue entre les hommes et

les femmes de chaque époque, pour comprendre les

nécessités qui sont au cœur de chaque personne et

pour contribuer à la réalisation du bien commun. Pen-

sons au grand don de la création et à la responsabilité

que nous avons tous de sauvegarder notre maison

commune : le dialogue sur un thème aussi central est

une exigence inéluctable. Pensons au dialogue entre

les religions, pour découvrir la vérité profonde de leur

mission au milieu des hommes, et pour contribuer à la

construction de la paix et d’un réseau de respect et de

fraternité (cf. Enc. Laudato si’, n. 201).

Pour conclure, toutes les formes de dialogue sont

l’expression de la grande exigence d’amour de Dieu,

qui va à la rencontre de tous et place en chacun une

semence de sa bonté, pour que la personne puisse

collaborer à son œuvre créatrice. Le dialogue abat les

murs des divisions et des incompréhensions; il crée

des ponts de communication et ne permet à personne

de s’isoler, en se renfermant dans son petit monde.

N’oubliez pas: dialoguer signifie écouter ce que

me dit l’autre et dire avec douceur ce que je pense.

Si les choses se déroulent ainsi, la famille, le quar-

tier, le lieu de travail seront meilleurs. Mais si je ne

laisse pas l’autre dire tout ce qu’il a sur le cœur et que

je commence à hurler — aujourd’hui on hurle beau-

coup — cette relation entre nous ne se terminera pas

bien; la relation entre mari et femme, entre parents

et enfants ne se terminera pas bien. Écouter, expli-

quer, avec douceur, ne pas crier contre l’autre, ne pas

hurler, mais avoir un cœur ouvert.

Jésus connaissait bien ce qu’il y avait dans le cœur

de la samaritaine, une grande pécheresse; malgré

cela, il n’a pas refusé qu’elle s’exprime, il l’a laissée

parler jusqu’au bout, et il est entré peu à peu dans le

mystère de sa vie. Cet enseignement vaut également

pour nous. A travers le dialogue, nous pouvons faire

grandir les signes de la miséricorde de Dieu et en faire

un instrument d’accueil et de respect.

Pape François

Le 9 novembre 2016, notre pèlerin infatigable Marcel Lefebvre partait pour une autre tournée en Afrique, qui

doit durer deux mois et demi, et qui s’annonce encore des plus fructueuses. Voici une photo de la rencontre du

dimanche 13 novembre 2016 dans le village d'Abatta en Côte d’Ivoire, qui rassemblait l 500 catéchistes de l'archi-

diocèse d'Abidjan. M. Lefebvre leur explique notre solution sur le plan économique, le crédit social (ou démocratie

économique).

C’est

un 9.

Non,

c’est un

6..

Notre vision des choses dépend de notre point

de vue: avant de dire que l’autre a tort, il faut

écouter ses arguments, c’est-à-dire se mettre à sa

place pour pouvoir comprendre son point de vue...

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2016

www.versdemain.org