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cées de la même manière, sans que personne ne soit

pénalisé.

Le Pape Jean-Paul II écrivait dans son encyclique

Centesimus annus (n. 35.):

«Il n’est pas licite de de-

mander et d’exiger un paiement quand cela revien-

drait à imposer en fait des choix politiques de nature

à pousser à la faim et au désespoir des populations

entières. On ne saurait prétendre au paiement des

dettes contractées si c’est au prix de sacrifices insup-

portables. Dans ce cas, il est nécessaire — comme

du reste cela est en train d’être partiellement fait —

de trouver des modalités d’allégement de report ou

même d’extinction de la dette, compatibles avec le

droit fondamental des peuples à leur subsistance et

à leur progrès.»

Une fois les dettes effacées, la seule façon d’em-

pêcher les pays de s’endetter de nouveau est de créer

eux-mêmes leur propre argent, sans intérêt et sans

dette, car si vous laissez aux banques le pouvoir de

créer l’argent, les dettes s’accumuleront de nouveau.

C’est ce qui faisait dire à Sir Josiah Stamp, alors qu’il

était gouverneur de la Banque d’Angleterre:

«Le système bancaire fut

conçu dans l’iniquité et né dans

le péché... Les banquiers pos-

sèdent la planète. Enlevez-leur,

mais laissez-leur le pouvoir de

créer l’argent, et d’un trait de

plume, ils créeront assez d’ar-

gent pour racheter la planète et

en devenir les propriétaires...

Si vous voulez continuer d’être

les esclaves des banquiers et

de payer le prix de votre pro-

pre esclavage, alors laissez les banquiers continuer de

créer l’argent et de contrôler le crédit.»

Les systèmes au service de l’homme

Les systèmes mis au service de l’homme, la pri-

mauté de la personne humaine, c’est précisément là le

principe de base de la doctrine sociale de l’Eglise. Le

Pape Jean XXIII écrivait dans son encyclique

Mater et

Magistra

, en 1961 (nn. 219 et 226):

«La doctrine sociale chrétienne a pour lumière la

Vérité, pour objectif la Justice et pour force dynami-

que l’Amour... Son principe de base est que les êtres

humains sont et doivent être fondement, but et su-

jets de toutes les institutions où se manifeste la vie

sociale.»

Le Crédit Social partage la même philosophie.

Clifford Hugh Douglas écrivait au début de son tout

premier livre,

Economic Democracy

: «Les systèmes

sont faits pour l’homme, et non pas l’homme pour les

systèmes, et l’intérêt de l’homme, qui est son propre

développement, est au-dessus de tous les systèmes.»

Tous les systèmes doivent être au service de

l’homme, y compris les systèmes financiers et écono-

miques:

«En tant que société démocratique, veillez

attentivement à tout ce qui se passe dans le puis-

sant monde de l’argent ! Le monde de la finance

est aussi un monde humain, notre monde, soumis

à la conscience de nous tous; pour lui aussi il y a

des principes éthiques. Veillez donc surtout à ce que

vous apportiez une contribution au service du mon-

de avec votre économie et vos banques, et non une

contribution — peut-être indirecte — à la guerre et à

l’injustice !»

(Jean-Paul II, Fluëli, Suisse, 14 juin 1984.)

Le but de l’économique:

la satisfaction des besoins humains

Donc, le but des systèmes économique et finan-

cier, selon l’Eglise, est aussi le service de l’homme. Le

but du système économique, c’est la satisfaction des

besoins humains. C’est ce que Pie XI rappelle dans

son encyclique

Quadragesimo anno

:

«L’organisme économique et social sera saine-

ment constitué et atteindra sa fin alors seulement

qu’il procurera à tous et à chacun de ses membres

tous les biens que les ressources de la nature et de

l’industrie, ainsi que l’organisation vraiment sociale

de la vie économique, ont le moyen de leur procurer.

«Ces biens doivent être assez abondants pour

satisfaire aux besoins d’une honnête subsistance et

pour élever les hommes à ce degré d’aisance et de

culture qui, pourvu qu’on en use sagement, ne met

pas d’obstacle à la vertu, mais en facilite au contrai-

re singulièrement l’exercice.»

Les biens de la terre sont destinés à tous

Le Pape parle de «tous et chacun» des membres

de la société qui ont droit aux biens matériels. Il rap-

pelle là cet autre principe de base de la doctrine so-

ciale de l’Église: les biens de la terre sont destinés à

tous:

«Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient

à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples,

en sorte que les biens de la création doivent équita-

blement affluer entre les mains de tous, selon les rè-

gles de la justice, inséparables de la charité.»

(Concile

Vatican II, Constitution

Gaudium et Spes

, n. 69.)

Ce que l’Eglise reproche au système capitaliste,

c’est que tous et chacun des êtres vivants sur la pla-

nète n’ont pas accès à un minimum de biens maté-

riels, permettant une vie décente, et que même dans

les pays les plus avancés, il existe des milliers de per-

sonnes qui ne mangent pas à leur faim. C’est le prin-

cipe de la destination universelle des biens qui n’est

pas atteint: la production existe en abondance, mais

c’est la distribution qui est défectueuse:

«Dieu a donné la terre à tout le genre humain

pour qu’elle fasse vivre tous ses membres, sans ex-

clure ni privilégier personne. C’est là l’origine de la

destination universelle des biens de la terre... C’est

un strict devoir de justice et de vérité de faire en

sorte que les besoins humains fondamentaux ne

restent pas insatisfaits et que ne périssent pas les

hommes qui souffrent de ces carences.»

(Jean-Paul II,

encyclique

Centesimus annus

, nn. 31 et 34.)

Le dividende du Crédit Social

Cela serait rendu possible par le dividende du Cré-

dit Social, un revenu garanti versé à chaque citoyen

du pays, qui ferait en sorte que tous soient réellement

capitalistes et aient au moins le nécessaire pour vivre,

sans prendre dans la poche des riches, ni voler ou

taxer personne. Ce dividende est basé sur deux cho-

ses: l’héritage des richesses naturelles et des inven-

tions des générations précédentes:

«L’homme, par son travail, hérite d’un double

patrimoine: il hérite d’une part de ce qui est donné

à tous les hommes, sous forme de ressources natu-

relles et, d’autre part, de ce que tous les autres ont

déjà élaboré à partir de ces ressources, en réalisant

un ensemble d’instruments de travail toujours plus

parfaits. Tout en travaillant, l’homme hérite du travail

d’autrui.»

(Jean-Paul II, encyclique Laborem exercens,

sur le travail humain, 15 septembre 1981, n. 12.)

La machine: alliée ou ennemie?

Dans le système actuel, seulement ceux qui sont

employés dans la production ont droit à un revenu, qui

est distribué sous forme de salaire. Cela est contraire

aux faits, puisque grâce aux nouvelles inventions, à la

technologie, au progrès, on a de moins en moins be-

soin de labeur humain, de travailleurs, pour produire

les biens: ce sont les ordinateurs, les robots, qui font

le travail à notre place.

La technologie est-elle un mal ? Faut-il se révolter et

détruire les machines parce qu’elles prennent notre pla-

ce? Non, si le travail est fait par la machine, tant mieux,

cela permet à l’homme de se consacrer à d’autres ac-

tivités, des activités libres, des activités de son choix.

Mais cela, à condition de lui donner un revenu pour

remplacer le salaire qu’il a perdu avec la mise en place

de la machine. Sinon, la machine, qui devrait être l’al-

liée de l’homme, devient son adversaire, puisqu’elle lui

enlève son revenu, et l’empêche de vivre:

«La technologie a tant contribué au bien-être de

l’humanité; elle a tant fait pour améliorer la condi-

tion humaine, servir l’humanité et faciliter son labeur.

Pourtant, à certains moments, la technologie ne sait

plus vraiment où se situe son allégeance: elle est

pour l’humanité ou contre elle... Pour cette raison,

mon appel s’adresse à tous les intéressés... à quicon-

que peut apporter une contribution pour que la tech-

nologie qui a tant fait pour édifier Toronto et tout le

Canada serve véritablement chaque homme, chaque

femme et chaque enfant de ce pays.»

(Jean-Paul II,

Toronto, Canada, 17 septembre 1984.)

Le matérialisme du plein emploi

Le dividende du Crédit Social est la seule solu-

tion logique au remplacement du labeur humain par

la machine. Mais si l’on veut persister à tenir tout le

monde, hommes et femmes, employés dans la pro-

duction, même si la production pour satisfaire les

besoins de base est déjà toute faite, et cela, avec de

moins en moins de labeur humain, alors il faut créer

de nouveaux emplois complètement inutiles, et dans

le but de justifier ces emplois, créer de nouveaux be-

soins artificiels, par une avalanche de publicité, pour

que les gens achètent des produits dont ils n’ont pas

réellement besoin. C’est ce qu’on appelle «la société

de consommation».

De même, on fabriquera des produits dans le but

qu’ils durent le moins longtemps possible, dans le but

d’en vendre plus, et faire plus d’argent, ce qui entraîne

un gaspillage non nécessaire des ressources naturel-

les, et la destruction de l’environnement.

Dans son encyclique Populorum progressio sur

le développement des peuples, le pape Paul VI écri-

vait «

Plus que quiconque, celui qui est animé d’une

vraie charité est ingénieux à découvrir les causes de

la misère, à trouver les moyens de la combattre, à la

vaincre résolument.»

Louis Even a découvert la cause de la pauvreté

du peuple – la création et le contrôle de l’argent par

les banques privées – et aussi le moyen de combattre

cette escroquerie: l’éducation du peuple. C’est pour-

quoi il a fondé le journal Vers Demain, pour éduquer le

peuple. Alors, que tous ceux qui ont soif de justice se

mettent donc à étudier et à répandre le Crédit Social,

en faisant connaître Vers Demain autour d’eux.

Alain Pilote

Sir Josiah Stamp

«L’homme, par son travail, hérite d’un dou-

ble patrimoine: de ce qui est donné à tous

les hommes, sous forme de ressources

naturelles, et de ce que tous les autres ont

déjà élaboré à partir de ces ressources, en

réalisant un ensemble d’instruments de tra-

vail toujours plus parfaits.»

– Jean-Paul II

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2016

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