Table of Contents Table of Contents
Previous Page  8-9 / 32 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 8-9 / 32 Next Page
Page Background

Juan Diego court à l’évêché. À son arrivée, les

serviteurs le font attendre de longues heures. Étonnés

de sa patience, et intrigués par ce qu’il porte dans sa

tilma, ils finissent par avertir l’évêque qui, bien qu’en

compagnie de plusieurs personnes, le fait introduire

immédiatement. L’Indien raconte son aventure, déplie

sa tilma et laisse s’éparpiller à terre les fleurs encore

luisantes de rosée. Les larmes aux yeux, Mgr Zumár-

raga tombe à genoux, admirant les roses de son pays.

Tout à coup, il aperçoit, sur la tilma, le portrait de No-

tre-Dame. Marie est là, comme imprimée sur le man-

teau, très belle et pleine de douceur. Les doutes de

l’évêque font place à une foi solide et une espérance

émerveillée. Il prend la tilma et les roses, les dépose

avec respect dans son oratoire privé. Le lendemain, il

se rend avec Juan Diego à la colline des apparitions.

Après avoir examiné les lieux, il laisse le voyant re-

tourner auprès de son oncle. Juan Bernardino est bel

et bien guéri. Sa guérison a eu lieu à l’heure même où

Notre-Dame apparaissait à son neveu. Il raconte: «Moi

aussi, je l’ai vue. Elle est venue ici-même et m’a parlé.

Elle veut qu’on lui élève un temple sur la colline de

Tepeyac et qu’on appelle son portrait «Sainte Marie de

Guadalupe». Mais Elle ne m’a pas expliqué pourquoi».

Le nom de Guadalupe est bien connu des Espagnols,

car il existe dans leur pays un sanctuaire très ancien

dédié à Notre-Dame de Guadalupe.

La rumeur du miracle se répand rapidement;

en peu de temps, Juan Diego devient populaire:

«J’étendrai ta renommée»

, lui avait dit Marie; mais

l’Indien demeure toujours aussi humble. Afin de faci-

liter la contemplation de l’Image, Mgr de Zumárraga

fait transporter la tilma dans sa cathédrale. Puis on

entreprend la construction d’une petite église et d’un

ermitage, pour Juan Diego, sur la colline des appari-

tions. Le 25 décembre suivant, l’évêque consacre sa

cathédrale à la Très Sainte Vierge, pour la remercier

des faveurs insignes dont Elle comble son diocèse,

puis, en une magnifique procession, on porte l’Image

miraculeuse vers le sanctuaire de Tepeyac tout juste

achevé. Pour manifester leur joie, les Indiens tirent des

flèches. L’une d’elles, lancée sans précaution, vient

transpercer la gorge d’un assistant qui tombe à terre,

blessé à mort. Un silence impressionnant se fait et une

supplication intense monte vers la Mère de Dieu. Sou-

dain, le blessé, que l’on a déposé au pied de l’Image

miraculeuse, reprend ses esprits et se relève, plein de

vigueur. L’enthousiasme de la foule est à son comble.

Des millions d’Indiens devenus chrétiens

Juan Diego s’installe dans son petit ermitage,

veillant à l’entretien et à la propreté des lieux. Sa

vie reste bien modeste: il cultive soigneusement un

champ mis à sa disposition près du sanctuaire. Il reçoit

les pèlerins, de plus en plus nombreux, prenant plaisir

à parler de la Sainte Vierge et à raconter inlassable-

ment le détail des apparitions. Toutes sortes d’inten-

tions de prières lui sont confiées. Il écoute, compatit,

réconforte. Une bonne partie de ses temps libres se

passe en contemplation devant l’image de sa Dame;

ses progrès dans les voies de la sainteté sont rapides.

Il remplit, jour après jour, sa mission de témoin jusqu’à

sa mort survenue le 9 décembre 1548, dix-sept ans

après la première apparition.

Lorsque les Indiens eurent appris la nouvelle des

apparitions de Notre-Dame, un enthousiasme et une

joie jamais connus se répandirent parmi eux. Renon-

çant à leurs idoles, à leurs superstitions, à leurs sacri-

fices humains et à la polygamie, beaucoup demandè-

rent le Baptême. Neuf ans après les apparitions, neuf

millions d’entre eux se sont convertis à la foi chrétien-

ne, soit presque 3000 par jour ! Les détails de l’Image

de Marie touchent profondément ces Indiens: cette

femme est plus grande que le dieu-soleil puisqu’elle

apparaît debout devant le soleil; elle surpasse le dieu-

lune puisqu’elle tient la lune sous ses pieds; elle n’est

plus de ce monde puisqu’elle est entourée de nuages

et tenue au-dessus du monde par un ange; ses mains

jointes la montrent en prière, ce qui signifie qu’il y a

quelqu’un de plus grand qu’elle...

Mais, de nos jours encore, le mystère de cette

Image miraculeuse n’est pas éclairci. La tilma, grand

tablier tissé à la main avec des fibres de cactus, porte

l’Image sacrée qui mesure 1,43 m (4 pieds et 8 pouces)

de haut. La figure de la Vierge est parfaitement ovale et

de couleur grise tirant sur le rose. Les yeux possèdent

une grande expression de pureté et de douceur. La

bouche semble sourire. La très belle figure, semblable

à celle d’une Indienne métisse, est encadrée par une

chevelure noire qui, vue de près, comporte des che-

veux soyeux. Une ample tunique, d’un rose incarnat

qu’on n’a jamais pu copier, la revêt jusqu’aux pieds.

Son manteau, bleu-vert, est bordé d’un galon d’or et

parsemé d’étoiles. Un soleil aux divers tons forme un

magnifique fond où brillent des rayons d’or.

La conservation de la tilma depuis 1531

jusqu’aujourd’hui, est inexpliquée. Après plus de qua-

tre siècles, cette étoffe de qualité médiocre conserve la

même fraîcheur de fabrique, la même vivacité de tons

qu’à l’origine. Par comparaison, une copie de l’Image

de Notre-Dame de Guadalupe peinte au XVIIIe siècle

avec un très grand soin et conservée dans les mêmes

conditions climatiques que celle de Juan Diego, s’est

totalement détériorée en peu d’années.

Au début du XXe siècle, période douloureuse de

révolutions pour le Mexique, une charge de dynamite

fut déposée par des mécréants sous l’Image, dans un

vase garni de fleurs. L’explosion détruisit les marches

de marbre de l’autel majeur, les candélabres, tous les

porte-fleurs; le retable en marbre de l’autel fut cassé

en morceaux, le Christ en laiton du tabernacle se plia

en deux. Les vitres de la plupart des maisons proches

de la basilique furent brisées, mais celle qui protégeait

l’Image ne fut pas même fêlée; l’Image demeura in-

tacte.

L’expérience la plus bouleversante de ma vie

En 1936, un examen réalisé sur deux fibres de la

tilma, l’une rouge et l’autre jaune, aboutit à des conclu-

sions stupéfiantes: les fibres ne contiennent aucun co-

Juan Diego déplie son manteau pour montrer les fleurs à l’évêque, et en même temps, l’image miraculeuse de Marie.

lorant connu. L’ophtalmologie et l’optique confirment

la nature inexplicable de l’image: celle-ci ressemble à

une diapositive projetée sur le tissu. Une étude appro-

fondie montre qu’il n’y a aucune trace de dessin ou

d’esquisse sous la couleur, même si des retouches

parfaitement reconnaissables ont été réalisées sur

l’original, retouches qui se détériorent d’ailleurs avec

le temps; de plus, le support n’a reçu aucun apprêt, ce

qui paraît inexplicable s’il s’agit véritablement d’une

peinture, car même sur une toile plus fine, on pose

toujours un enduit, ne serait-ce que pour éviter que la

toile ne boive la peinture et que les fils n’affleurent à

la surface. On ne distingue aucun coup de pinceau. À

la suite d’une étude à l’infrarouge, effectuée le 7 mai

1979, un professeur de la NASA écrit: «Il n’y a aucun

moyen d’expliquer la qualité des pigments utilisés

pour la robe rose, le voile bleu, le visage et les mains,

ni la permanence des couleurs, ni l’éclat des pigments

après plusieurs siècles pendant lesquels ils auraient

dû normalement se détériorer... L’étude de l’Image a

été l’expérience la plus bouleversante de ma vie».

Des astronomes ont constaté que toutes les

constellations présentes au ciel au moment où Juan

Diego ouvre sa tilma devant l’évêque Zumárraga, le

12 décembre 1531, se retrouvent à leur place sur le

manteau de Marie. On a découvert aussi qu’en appli-

quant une carte topographique du Mexique central sur

la robe de la Vierge, les montagnes, les rivières et les

principaux lacs coïncident avec la décoration de cette

robe.

Des examens ophtalmologiques aboutissent à la

conclusion que l’oeil de Marie est un oeil humain qui

semble vivant, incluant la rétine où se reflète l’image

d’un homme aux mains étendues: Juan Diego. L’ima-

ge dans l’oeil obéit aux lois connues de l’optique, no-

tamment à celle qui affirme qu’un objet bien éclairé

peut se refléter trois fois dans l’oeil (loi de Purkinje-

Samson). Une étude postérieure a permis de décou-

vrir dans l’oeil, en plus du voyant, Mgr Zumárraga

et plusieurs autres personnages, présents lorsque

Le crucifix en laiton courbé par l’explosion du

14 novembre 1921, causée par une bombe

cachée dans un vase garni de fleurs.

u

u

8

VERS DEMAIN mars-avril 2016

VERS DEMAIN mars-avril 2016

www.versdemain.org www.versdemain.org

9