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l’intention, donne la mort afin de supprimer la dou-

leur, constitue un meurtre gravement contraire à la

dignité de la personne humaine et au respect du Dieu

vivant, son Créateur.” (

Catéchisme de l’Église catho-

lique, 2277)...

«Mes frères évêques et moi exhortons les gou-

vernements et les cours à interpréter la décision

d’aujourd’hui au sens le plus strict du terme, à ré-

sister aux pressions d’aller plus loin en approuvant

de prétendus actes d’«homicide par compassion»

et d’euthanasie. Nous faisons de nouveau appel

aux gouvernements provinciaux et territoriaux pour

qu’ils assurent des soins palliatifs de qualité dans

toutes leurs juridictions.»

La seule solution morale: les soins palliatifs

Le 26 février 2016, Mgr Douglas Crosby, OMI,

évêque de Hamilton et Président actuel de la Confé-

rence des évêques catholiques du Canada, écrivait le

texte suivant:

Le 25 février dernier, le Comité mixte spécial du

gouvernement du Canada sur « l’aide médicale à mou-

rir» a publié son rapport intitulé

L’aide médicale à mou-

rir: une approche centrée sur le patient.

Le rapport

recommande notamment:

– Que le suicide assisté soit accessible aux per-

sonnes atteintes d’une maladie psychiatrique;

– Que les souffrances psychologiques soient au

nombre des critères ouvrant droit au suicide assisté;

– Que d’ici environ trois ans le suicide assisté soit

accessible aux adolescents et peut-être également

aux enfants qui pourraient être considérés comme des

«personnes mineures matures»;

– Que tous les professionnels de la santé soient

tenus à tout le moins d’«aiguiller correctement» les

patients qui demandent le suicide assisté (Recomman-

dation 10)

– Que tous les établissements de santé subven-

tionnés par l’État au Canada offrent le suicide assisté;

Par ailleurs, le rapport n’indique pas comment les

soins palliatifs et les soins à domicile peuvent offrir de

véritables options aux personnes qui sont tentées par

le suicide, et il ne demande pas de plan national pour

prévenir les suicides...

L’enseignement de l’Église catholique et la posi-

tion des évêques catholiques du Canada sont clairs.

Le suicide n’est pas un soin de santé. Tuer les per-

sonnes souffrant de maladies physiques ou men-

tales, qu’elles soient jeunes ou âgées, est contraire à

la sollicitude et à l’amour pour nos frères et sœurs. La

dignité de la personne humaine et l’épanouissement

de la communauté humaine exigent: 1) la protection

et le respect de chaque vie humaine de la concep-

tion à la mort naturelle; et 2) la liberté de conscience

et de religion pour chaque personne et pour chaque

établissement. Le bien-être social, la sécurité per-

sonnelle et le bien commun – accompagnés de la foi

religieuse – signifient protéger la vie de ceux et celles

qui souffrent et non de la menacer.

Les recommandations qui précèdent et l’idée maî-

tresse du rapport ne sont absolument pas «centrées

sur le patient»; elles ne soutiennent et n’aident en au-

cun point les mourants et les personnes vulnérables.

Pour reprendre les mots du pape François, les recom-

mandations du rapport suivent l’approche d’une so-

ciété du «jetable». Elles ne révèlent pas le visage de la

miséricorde de Dieu.

Avec mes frères évêques, catholiques et ortho-

doxes, et avec les dirigeants des communautés reli-

gieuses protestantes évangéliques, juives et musul-

manes, et plusieurs autres croyants et non-croyants,

je vous exhorte de faire savoir à vos représentants

élus pourquoi l’euthanasie, le suicide assisté et les

recommandations susmentionnées sont complète-

ment inacceptables.

Déclaration du Cardinal Thomas Collins

Plusieurs évêques canadiens

ont pris fortement position contre

l’euthanasie ou suicide assisté, et

une des meilleures déclarations

sur le sujet provient du Cardinal

Thomas Collins de Toronto, qui a

écrit, le 1er mars 2016, une lettre

sur le sujet, qu’il a fait lire dans

toutes les églises de son diocèse.

En voici des extraits:

«Envisagez-vous le suicide? Nous pouvons vous

aider!» Il fut un temps où une telle publicité pointait

vers un centre de crise, où quelqu’un se tenait prêt

pour vous conseiller et vous donner espoir pour sup-

porter une situation de douleur intolérable. Nous vi-

vons maintenant des temps très différents. Dans seu-

lement quelques mois, le suicide assisté, sa sinistre

réalité discrètement dissimulée derrière des termes

trompeurs comme «l’aide médicale à mourir», sera

déclaré et inscrit dans la loi comme une alternative

acceptable dans notre pays. Alors que le gouverne-

ment fédéral prépare la législation en vue de la mise

en œuvre de la décision de la Cour Suprême, il est

crucial de prendre conscience des conséquences de

ce changement fondamental dans nos lois. (...)

On demandera bientôt aux médecins, à travers le

pays, qui ont consacré leur vie à guérir leurs patients,

de faire maintenant complètement le contraire. On

ne leur demandera plus d’atténuer les souffrances

de leurs patients en fournissant un traitement et des

soins attentionnés, mais en les condamnant à mourir.

En fait, tuer un patient ne sera plus considéré comme

un crime, mais plutôt comme des services médicaux

appuyés et réglementés par la législation.

Les services de soins palliatifs sont actuellement

accessibles à seulement 30 % des Canadiens. Ceci

est une tragédie, et est aussi inacceptable. Au lieu de

déployer des moyens pour accélérer la mort, nous

devrions nous assurer de pourvoir aux soins palliatifs

de chaque Canadien, de fournir de meilleurs soins aux

personnes atteintes de maladie mentale et de l’aide

aux personnes qui ont tenté de se suicider.

Déclaration des évêques du Québec

Le 8 décembre 2015, Mgr Paul Lortie, évêque de

Mont-Laurier et président de l’Assemblée des évêques

catholiques du Québec, écrivait une lettre pastorale

intitulée «Approcher de la mort avec le Christ», dont

voici des extraits:

Aider les mourants, c’est d’abord en prendre soin.

C’est les accompagner, les soulager, les consoler, les

soutenir moralement et spirituellement, en leur offrant

tous les soins médicalement et humainement pos-

sibles, y compris, le temps venu, les soins palliatifs,

qui doivent absolument être accessibles à tous.

C’est aussi savoir renoncer à l’acharnement thé-

rapeutique, c’est-à-dire cesser des traitements inu-

tiles, disproportionnés, périlleux ou trop pénibles qui

sont une sorte de refus de la mort qui doit venir en

son temps. Cet arrêt de traitement est une décision

tout à fait légitime qu’il ne faut surtout pas confondre

avec «l’aide médicale à mourir». Cesser un traitement

qui ne sert à rien ou «débrancher» quelqu’un qui ne

pourra jamais recouvrer la santé et qui est maintenu

en vie artificiellement n’est pas de l’euthanasie; c’est

tout simplement laisser mourir quand le temps est

venu. Comme le dit le Catéchisme de l’Église catho-

lique (n. 2278), «on ne veut pas ainsi donner la mort;

on accepte de ne pas pouvoir l’empêcher.»

Aider les mourants, c’est également les aider à se

préparer à la mort et au passage dans la vie éternelle,

en particulier par la prière pour eux et, s’ils le sou-

haitent, par les sacrements et la prière avec eux.

Aider les mourants, c’est les aider à bien mourir,

en prenant bien soin d’eux, et non pas les faire mourir.

«Envisagez-vous le suicide ? Nous pouvons vous aider...»

La fausse compassion de l’euthanasie

Le gouvernement canadien doit légiférer d’ici juin

2016 sur la question de l’euthanasie et du suicide as-

sisté, suite au jugement de la Cour suprême du Canada

du 6 février 2015 qui décriminalisait le suicide assisté.

Le 25 février 2016, un comité de députés du parlement

canadien déposait un rapport qui allait encore plus loin

que ce que la Cour suprême suggère, soit d’étendre le

droit à l’euthanasie à ceux qui ne sont pas en phase

terminale, et même aux enfants.

Bien sûr, personne ne désire souffrir, mais tuer un

malade, ce n’est pas le soigner. En tant que chrétiens,

nous savons que l’unique réponse morale pour les soins

en fin de vie, ce sont les soins palliatifs, qui soulagent le

patient sans lui enlever la vie. Voici quelques textes qui

peuvent nous aider dans notre réflexion sur ce sujet:

Le Pape François

Dans

un discours aux membres de l’Association

des médecins catholiques italiens, réunis au Vatican

le 15 novembre 2014, le pape François rappelait que

l’avortement et l’euthanasie, loin d’être des gestes

de «compassion», demeurent des péchés graves

contre le Créateur. Voici des extraits de ce discours:

La pensée dominante propose parfois une «faus-

se compassion»: celle qui considère que c’est aider

une femme que de favoriser l’avortement, un acte de

dignité de procurer l’euthanasie, une conquête scien-

tifique de «produire» un enfant considéré comme un

droit au lieu de l’accueillir comme un don; ou d’utiliser

des vies humaines comme des cobayes de laboratoi-

re en prétendant en sauver d’autres. En revanche, la

compassion évangélique est celle qui accompagne au

moment du besoin, c’est-à-dire celle du Bon Samari-

tain, qui «voit», qui «a compassion», qui s’approche et

offre une aide concrète (cf. Lc 10, 33)....

Nous savons tous qu’avec autant de personnes

âgées, dans cette culture du rebut, il existe cette

euthanasie cachée. Mais il existe aussi l’autre. Et cela

signifie dire à Dieu: «Non, la fin de la vie c’est moi qui

la décide, comme je veux». Un péché contre Dieu

créateur. Il faut bien penser à cela.

Déclaration des évêques canadiens

Le même jour où la Cour suprême rendait son

jugement, Mgr Paul-André Durocher, archevêque de

Gatineau, et alors Président de la Conférence des

évêques catholiques du Canada écrivait:

«Aider une personne à se suicider n’est ni un acte

de justice ou de miséricorde, ni un soin palliatif. La

décision prise aujourd’hui par la Cour suprême du

Canada ne change pas l’enseignement catholique.

“Ainsi une action ou une omission qui, de soi ou dans

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