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une connaissance plus complète de la vie du Christ,

le Saint-Père suggère d’y insérer, en plus des quinze

mystères habituels, une série de mystères concernant

la vie publique de Jésus, mystères appelés «lumineux»

car le Christ est la lumière du monde (Jn 9, 5). Ce sont:

le Baptême au Jourdain, les noces de Cana, l’annonce

du Royaume de Dieu avec l’appel à la conversion, la

Transfiguration, l’institution de la Sainte Eucharistie.

Ordonné prêtre à l’âge de 27 ans, le 5 juin 1700,

Louis-Marie célèbre sa première Messe dans l’égli-

se Saint-Sulpice, à l’autel de la Sainte Vierge. Puis il

part avec un prêtre de Nantes qui a groupé quelques

confrères en vue de prêcher des Missions de village

en village. Après avoir oeuvré un certain temps avec

eux, il se met à la disposition de l’évêque de Poitiers.

Accueilli d’abord à l’hôpital de la ville pour y servir les

pauvres, il étonne les malheureux par sa profonde

piété. Voyant sa charité à leur égard, ceux-ci deman-

dent à l’évêque de nommer leur nouveau bienfaiteur

aumônier de l’hôpital.

Louis-Marie écrit: «L’hôpital pour lequel on me

destine est une maison de trouble, où la paix ne règne

point, et une maison de pauvreté où le bien, spirituel

et temporel, manque». En peu de mois d’un dévoue-

ment à toute épreuve et malgré la vive opposition de

personnes influentes ainsi que de quelques pauvres

de l’hôpital qui ne veulent pas des réformes, Louis-

Marie remet de l’ordre dans la maison. Son activité

s’étend aussi bien aux besoins matériels de ses proté-

gés, pour lesquels il organise des quêtes en ville, qu’à

leur bien spirituel: «Depuis que je suis ici, écrit-il, j’ai

été dans une Mission continuelle; confessant presque

toujours depuis le matin jusqu’au soir et donnant des

conseils à une infinité de personnes... Le grand Dieu,

mon Père, que je sers quoiqu’avec infidélité, m’a don-

né des lumières dans l’esprit que je n’avais pas, une

grande facilité pour m’énoncer et parler sur-le-champ

sans préparation, une santé parfaite et une grande

ouverture de coeur envers tout le monde».

Il groupe plusieurs femmes malades de bonne

volonté, leur donne une règle de vie marquée par l’hu-

milité et la pénitence, et les confie au Fils de Dieu, la

Sagesse éternelle. Peu après, une jeune fille de famille

bourgeoise, Marie-Louise Trichet, vient se confesser

à lui. Elle désire devenir religieuse et Louis-Marie l’as-

socie aux pauvres femmes qu’il vient de réunir. Le 2

février 1703, il lui donne un habit religieux qui en fait

la risée de tous. Mais elle le portera avec courage pen-

dant dix ans, avant de devenir la première Supérieure

des Filles de la Sagesse, Congrégation qui se dévoue

au soin des malades, des pauvres et des enfants et qui

compte aujourd’hui près de 2400 religieuses réparties

dans plus de 300 maisons.

Une lettre de quatre cents pauvres

Peu avant Pâques 1703, Louis-Marie part pour

Paris. Pendant plusieurs mois, il s’occupe des mala-

des de l’hôpital de La Salpêtrière. Puis, congédié par

l’administration de l’hôpital, il reste dans la capitale,

profitant de sa solitude pour intensifier son union à

Dieu; il laisse déborder son coeur dans des pages ar-

dentes qui prendront pour titre: L’amour de la Sagesse

éternelle. En 1704, arrive de Poitiers au Supérieur du

séminaire Saint-Sulpice, à Paris, une lettre étonnante

qui commence ainsi: «Nous, quatre cents pauvres,

vous supplions très humblement, par le plus grand

amour et la gloire de Dieu, nous faire venir notre vé-

nérable pasteur, celui qui aime tant les pauvres, Mon-

sieur Grignion...». Deux lettres de l’évêque de Poitiers,

adressées à Louis-Marie, l’appellent également et le

décident à revenir dans cette ville, où il reprend ses

fonctions d’aumônier de l’hôpital.

Cependant, son zèle et l’ordre qu’il restaure ne sont

pas du goût de tous: un an après son retour, il quitte

à nouveau l’hôpital et s’offre à l’évêque pour évangé-

liser Poitiers et ses alentours. Se faisant tout à tous,

il parcourt les ruelles du faubourg de Montbernage,

entre dans les maisons, s’intéresse aux santés, bénit

les enfants. Sa douceur, sa pauvreté et son humilité lui

ouvrent bientôt les coeurs, permettant de commencer

une Mission. Il aménage en chapelle une grange au

milieu de laquelle on place un grand crucifix. Quinze

étendards représentant les mystères du Rosaire or-

nent les murs. Processions, cantiques qu’il a lui-même

composés, chapelet récité en commun, transforment

peu à peu les coeurs. La Mission achevée, Louis-Ma-

rie complète son oeuvre par la plantation d’une croix.

Puis, dans la grange devenue chapelle «Notre-Dame

des Coeurs», il installe une statue de la Très Sainte

Vierge, demandant que quelqu’un s’engage à venir

réciter le chapelet devant elle chaque dimanche et

jour de fête. Aussitôt, un ouvrier du quartier s’offre à le

faire; il remplira sa promesse, pendant quarante ans.

Une telle fidélité suppose un grand amour de la

Très Sainte Vierge que manifeste la répétition des Ave

Maria du Rosaire: «Si l’on s’en tient à cette répétition

d’une manière superficielle, on pourrait être tenté de ne

voir dans le Rosaire qu’une pratique aride et ennuyeu-

se. Au contraire, on peut considérer le chapelet tout

autrement, si on le regarde comme l’expression de cet

amour qui ne se lasse pas de se tourner vers la per-

sonne aimée par des effusions qui, même si elles sont

toujours semblables dans leur manifestation, sont tou-

jours neuves par le sentiment qui les anime» (RV, 26).

Un champ assez vaste

Un jour qu’il confesse dans une église, Louis-Ma-

rie aperçoit un jeune homme qui prie longuement. Mû

par une inspiration, il le convie à l’aider dans son tra-

vail apostolique. Sous le nom de Frère Mathurin, ce

jeune homme consacrera sa vie à faire le catéchisme

aux enfants et à apprendre aux foules les cantiques du

Père, au cours des Missions. Calomnié par ceux qui

ne supportent pas son apostolat, Louis-Marie devient

suspect aux yeux de l’évêque qui finit par lui retirer sa

mission de prédicateur. Le coup est rude, mais le Père

de Montfort le reçoit avec humilité et y voit un des-

sein de la Providence. Il décide alors d’aller à Rome

demander conseil au Pape lui-même. Reçu en audien-

ce par Clément XI, au printemps de 1706, Louis-Marie

expose ses difficultés et son désir des Missions lointai-

nes. «Vous avez en France un champ d’apostolat assez

vaste pour exercer votre zèle, répond le Pape. Dans

vos Missions, enseignez avec force la doctrine au peu-

ple et aux enfants; faites renouveler les promesses

du Baptême». Puis, le Saint-Père lui confère le titre de

«Missionnaire apostolique». Louis-Marie fixe au som-

met de son bâton de routier un crucifix béni par le

Pape et part pour l’Abbaye Saint-Martin de Ligugé, au

diocèse de Poitiers, où il pense pouvoir se reposer un

peu. Mais ses anciens ennemis veillent, et il ne peut

rester là.

Statue de saint Louis-Marie Grignion de Mont-

fort dans la basilique Saint-Pierre à Rome. Le saint

terrasse le démon qui essaie de déchirer son livre

«Traité de la vraie dévotion».

Le calvaire de Pont-Château, tel qu’il existe aujourd’hui.

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2016

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