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par

Dom Antoine-Marie, o.s.b.

À l’ouverture de la vingt-cinquième année de son

pontificat, le 16 octobre 2002, le Pape Jean-Paul II pro-

clamait une «Année du Rosaire» et signait la Lettre

apostolique

Rosarium Virginis Mariæ

(RV). «Le Rosai-

re de la Vierge Marie est une prière aimée de nom-

breux saints et encouragée par le Magistère. Dans sa

simplicité et dans sa profondeur, il reste, même dans

le troisième millénaire commençant, une prière d’une

grande signification, destinée à porter des fruits de

sainteté... Il serait impossible de citer la nuée innom-

brable de saints qui ont trouvé

dans le Rosaire une authentique

voie de sanctification. Il suffira de

rappeler saint Louis-Marie Gri-

gnion de Montfort, auteur d’une

oeuvre précieuse sur le Rosai-

re...» (Jean-Paul II, RV, n. 1, 8).

Louis Grignion est né à Mont-

fort-sur-Meu, en Bretagne, le 31

janvier 1673. Dès le lendemain

de sa naissance, il reçoit le bap-

tême. Le jour de sa confirmation,

il ajoutera à son prénom celui de

Marie. Mis en nourrice chez une

fermière des environs, l’enfant en

gardera l’amour de la nature et

de la solitude. Son père, un avo-

cat, se montre d’un caractère vif

et parfois violent. Louis-Marie est

un garçon courageux qui étudie

avec une grande ardeur et mani-

feste beaucoup d’intelligence.

Dès son plus jeune âge, il se tour-

ne comme naturellement vers la

Très Sainte Vierge. Il l’appelle sa «bonne mère», lui

demande avec une simplicité enfantine tout ce dont il

a besoin et porte ses frères et soeurs à l’honorer. Lors-

que Louise-Guyonne, petite soeur qu’il chérit tout spé-

cialement, hésite à laisser ses jeux pour venir réciter le

chapelet avec lui, il lui dit d’un ton convaincant: «Ma

chère petite soeur, vous serez toute belle, et tout le

monde vous aimera, si vous aimez bien le Bon Dieu».

L’art de nous configurer au Christ

Louis-Marie entraîne les

siens vers Marie pour mieux les

conduire à Jésus. «Il ne s’agit

pas seulement d’apprendre ce

que le Christ nous a enseigné,

mais d’apprendre à le connaî-

tre Lui, rappelle le Pape. Et quel

maître, en ce domaine, serait

plus expert que Marie?... Saint

Louis-Marie Grignion de Mont-

fort expliquait ainsi le rôle de

Marie envers chacun de nous

pour nous configurer au Christ:

«Toute notre perfection consis-

tant à être conformes, unis

et consacrés à Jésus-Christ,

la plus parfaite de toutes les

dévotions est certainement

celle qui nous conforme, unit

et consacre le plus parfaite-

ment à Jésus-Christ. Or, Marie

étant de toutes les créatures la

plus conforme à Jésus-Christ,

il s’ensuit que, de toutes les

Maison natale de saint Louis-Marie Grignion. À

gauche, Louis Even visite cette maison, 65 ans après

avoir quitté son village natal de Montfort-sur-Meu.

dévotions, celle qui consacre et conforme le plus une

âme à Notre-Seigneur est la dévotion à la Très Sainte

Vierge, sa sainte Mère, et que plus une âme sera consa-

crée à Marie, plus elle le sera à Jésus-Christ». Jamais

comme dans le Rosaire, le chemin du Christ et celui

de Marie n’apparaissent aussi étroitement unis. Marie

ne vit que dans le Christ et en fonction du Christ !...

Si la répétition de l’Ave Maria s’adresse directement à

Marie, en définitive, avec elle et par elle, c’est à Jésus

que s’adresse l’acte d’amour» (RV, 14, 15, 26).

À l’âge de douze

ans, Louis-Marie entre

au collège des Jésuites

à Rennes. Bientôt, le

jeune homme se place

en tête de sa classe. Il

manifeste un goût et un

talent particuliers pour

la peinture. Guidé par

un prêtre pieux, il va,

en compagnie d’autres

élèves, visiter les mala-

des, leur apportant le

meilleur de son coeur;

il leur lit et commente

un passage d’Évangile,

puis les entretient de la

Sainte Vierge. Au collè-

ge de Rennes, il se fait

deux vrais amis, Jean-

Baptiste Blain, qui

écrira plus tard sa vie,

et Claude Poullard des

Places, futur fondateur

de la Congrégation des

Pères du Saint-Esprit.

Louis-Marie désire

devenir prêtre. Il subit

parfois de violentes

scènes de la part de

son père qui a d’autres

projets sur lui, mais

sa douceur finit par

l’emporter, et à l’âge

de vingt ans, il part à

pied pour le séminaire

Saint-Sulpice à Paris.

En route, il donne à

des malheureux tout

ce qu’il possède, puis fait voeu de ne jamais rien pos-

séder. À Paris, on l’accueille d’abord dans un séminai-

re établi pour les séminaristes pauvres. Ses résultats

sont excellents. Pendant les récréations, il se mêle à la

joie de tous, s’appliquant à réjouir ses confrères par

une conversation gaie et amusante. Avec l’aval de son

Supérieur, il s’adonne à toutes sortes de pénitences,

mais sa santé ne résiste pas et une grave maladie le

terrasse. Rétabli, il achève ses études au séminaire

Saint-Sulpice et forme une petite association dont les

membres se vouent spécialement à Notre-Dame. Lors

d’un pèlerinage à Chartres, Louis-Marie passe une

journée en oraison devant la statue de Notre-Dame-

sous-Terre.

C’est à l’école de la Sainte Vierge, et spécialement

en récitant le Rosaire, que notre Saint a appris à prier

et à contempler. «Le Rosaire se situe dans la meilleu-

re et dans la plus pure tradition de la contemplation

chrétienne, écrit le Pape Jean-Paul II... C’est à partir

de l’expérience de

Marie que le Rosaire

est une prière nette-

ment contemplative.

Privé de cette dimen-

sion, il en serait déna-

turé, comme le sou-

lignait Paul VI: «Sans

la contemplation, le

Rosaire est un corps

sans âme, et sa réci-

tation court le danger

de devenir une répé-

tition mécanique de

formules... Par nature,

la récitation du Rosaire

exige que le rythme

soit calme et que l’on

prenne son temps, afin

que la personne qui

s’y livre puisse mieux

méditer les mystères

de la vie du Seigneur,

vus à travers le coeur

de Celle qui fut la plus

proche du Seigneur»

(RV, 5, 12).

Une lumière

pour le monde

Par la contempla-

tion des mystères du

Rosaire, Louis-Marie

acquiert une familia-

rité toute simple avec

Jésus et Marie. «De

même que deux amis

qui se retrouvent sou-

vent ensemble finis-

sent par se ressembler

jusque dans leur manière de vivre, de même, nous

aussi, en parlant familièrement avec Jésus et avec la

Vierge, par la méditation des Mystères du Rosaire, et

en formant ensemble une même vie par la Commu-

nion, nous pouvons devenir, autant que notre bas-

sesse le permet, semblables à eux et apprendre par

leurs exemples sublimes à vivre de manière humble,

pauvre, cachée, patiente et parfaite» (Bienheureux

Bartolo Longo. Cf. RV, 15). Pour que le Rosaire favorise

Marie-Louise Trichet reçoit l’habit religieux des mains

de saint Louis-Marie de Montfort. Elle deviendra la première

supérieure des Filles de la Sagesse. Elle est décédée le 28 av-

ril 1759, quarante-trois ans jour pour jour après saint Louis-

Marie de Montfort, et est inhumée dans l’église de Saint-Lau-

rent-sur-Sèvre, à côté de la tombe du saint. Elle a été béatifiée

par Jean-Paul II le 16 mai 1993.

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2016

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