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Le 22 mai 1994, dimanche

de la Pentecôte, saint Jean-

Paul II signait la lettre aposto-

lique Ordinatio Sacerdotalis,

dans laquelle il déclarait de

façon définitive (et aussi in-

faillible, comme l’a expliqué le

cardinal Müller en page pré-

cédente) que l’ordination sa-

cerdotale était réservée exclu-

sivement aux hommes. Voici

des extraits de cette lettre:

Vénérables Frères dans

l’épiscopat,

Dans la Lettre apostoli-

que

Mulieris dignitatem (15

août 1988, sur la dignité et

la vocation de la femme)

, j'ai

moi-même écrit à ce sujet:

«En n'appelant que des hom-

mes à être ses Apôtres, le

Christ a agi d'une manière to-

talement libre et souveraine.

Il l'a fait dans la liberté même

avec laquelle il a mis en va-

leur la dignité et la vocation de la femme par tout

son comportement, sans se conformer aux usages

qui prévalaient ni aux traditions que sanctionnait la

législation de son époque».

En effet, les Évangiles et les Actes des Apôtres

montrent bien que cet appel s'est fait selon le des-

sein éternel de Dieu: le Christ a choisi ceux qu'il

voulait (cf. Mc 3,13-14; Jn 6,70) et il l'a fait en union

avec le Père, «par l'Esprit Saint» (Ac 1,2), après avoir

passé la nuit en prière (cf. Lc 6,12). C'est pourquoi,

pour l'admission au sacerdoce ministériel, l'Église a

toujours reconnu comme norme constante la ma-

nière d'agir de son Seigneur dans le choix des douze

hommes dont il a fait le fondement de son Église

(cf. Ap 21,14). Et ceux-ci n'ont pas seulement reçu

une fonction qui aurait pu ensuite être exercée par

n'importe quel membre de l'Église, mais ils ont été

spécialement et intimement associés à la mission

du Verbe incarné lui-même (cf. Mt 10,1.7-8; 28,16-

20; Mc 3,13-16; 16,14-15). Les Apôtres ont fait de

même lorsqu'ils ont choisi leurs collaborateurs, qui

devaient leur succéder dans le ministère. Dans ce

choix se trouvaient inclus

ceux qui, dans le temps de

l'Église, continueraient la

mission confiée aux Apôtres

de représenter le Christ Sei-

gneur et Rédempteur.

D'autre part, le fait que

la très sainte Vierge Marie,

Mère de Dieu et Mère de

l'Église, n'ait reçu ni la mis-

sion spécifique des Apôtres

ni le sacerdoce ministériel

montre clairement que la

non-admission des femmes

à l'ordination sacerdotale ne

peut pas signifier qu'elles

auraient une dignité moin-

dre ni qu'elles seraient l'objet

d'une discrimination; mais

c'est l'observance fidèle d'une

disposition qu'il faut attribuer

à la sagesse du Seigneur de

l'univers.

La présence et le rôle de

la femme dans la vie et dans

la mission de l'Église, bien que non liés au sacerdo-

ce ministériel, demeurent absolument nécessaires

et irremplaçables. Comme l'a observé la Déclaration

Inter insigniores, «l'Église souhaite que les femmes

chrétiennes prennent pleinement conscience de

la grandeur de leur mission: leur rôle sera capital

aujourd'hui, aussi bien pour le renouvellement et

l'humanisation de la société que pour la redécou-

verte, parmi les croyants, du vrai visage de l'Église».

Le Nouveau Testament et l'ensemble de l'histoire

de l'Église montre abondamment la présence, dans

l'Église, de femmes qui furent de véritables disciples

et témoins du Christ, dans leurs familles et dans

leurs professions civiles, ainsi que dans la consécra-

tion totale au service de Dieu et de l'Évangile. «L'Égli-

se, en effet, en défendant la dignité de la femme et

sa vocation, a manifesté de la gratitude à celles qui,

fidèles à l'Évangile, ont participé en tout temps à la

mission apostolique de tout le Peuple de Dieu, et

elle les a honorées. Il s'agit de saintes martyres, de

vierges, de mères de famille qui ont témoigné de

leur foi avec courage et qui, par l'éducation de leurs

enfants dans l'esprit de l'Évangile, ont transmis la foi

et la tradition de l'Église».

D'autre part, c'est à la sainteté des fidèles que

se trouve totalement ordonnée la structure hiérar-

chique de l'Église. Voilà pourquoi, rappelle la Décla-

ration Inter insigniores, «le seul charisme supérieur,

qui peut et doit être désiré, c'est la charité (cf. 1 Co

12-13). Les plus grands dans le Royaume des Cieux,

ce ne sont pas les ministres, mais les saints».

Bien que la doctrine sur l'ordination sacerdo-

tale exclusivement réservée aux hommes ait été

conservée par la Tradition constante et universelle

de l'Église et qu'elle soit fermement enseignée par le

Magistère dans les documents les plus récents, de

Des jumeaux dans le ventre de leur mère ont

une conversation intéressante:

– Tu crois vraiment qu’il y a une vie après la

naissance?

– Oui, bien sûr ! C’est évident pour tous qu’il

y a une vie après la naissance. Nous sommes en

train d’être fortifiés et préparés pour ce qui nous

attend là dehors.

– C’est vraiment stupide ! Il ne peut y avoir

aucune vie après la nais-

sance. C’est de la fantai-

sie. Comment penses-tu

que cette vie pourrait

être?

– Eh bien ! je ne

connais pas les détails,

mais je crois qu’il y aura

plus de lumière, qu’on

marchera certainement

et qu’on mangera avec

nos bouches.

– Quelle blague !

C’est n’importe quoi ! Il

est impossible de marcher et de manger avec nos

bouches. C’est ridicule, on a nos cordons ombili-

caux qui nous nourrissent. Ecoute-moi: c’est im-

possible qu’il y ait une vie après la naissance, parce

que notre vie est dans le cordon ombilical et que

ce cordon est relativement court.

– Je suis sûr que c’est possible. Tout sera sim-

plement différent. Je peux l’imaginer.

– Tu dois bien savoir que personne n’est jamais

retourné d’ici. C’est certain que la naissance, c’est

la fin de la vie. Et qu’est-ce que la vie au fait ? Juste

une incessante souffrance, ici, dans le noir.

– Non, non, je ne sais pas exactement com-

ment notre vie sera après la naissance. Mais, de

toute façon, on verra finalement notre mère et elle

veillera sur nous.

– Quoi ? Tu crois en maman? Où pourrait-elle

bien être?

– Elle est toujours autour de nous. On est en

elle et c’est grâce à elle qu’on vit. Sans elle, on

n’existerait pas.

– C’est de la folie !

Je n’ai jamais vu une

maman, alors c’est

clair que, pour moi, elle

n’existe pas.

– Je ne peux pas

être d’accord avec toi.

Parce que, de temps

en temps, quand tout

est silencieux, je peux

l’entendre chanter et je

peux sentir sa main qui

me bénit. Je suis per-

suadé que la vraie vie

commence seulement après la naissance.

Parfois, nous sommes comme ces deux bé-

bés dans le ventre de leur mère. Certains d’entre

nous doutent de l’existence de Dieu, d’autres non.

L’accouchement représente en quelque sorte une

petite mort. Après l’accouchement, nous pourrons

enfin voir cette personne invisible qui prend soin de

nous sans qu’on puisse la voir, qui nous nourrit par

son cordon ombilical, nous abreuve d’amour et de

joie, parce que nous sommes dans l’obscurité. De

même, on se demande souvent s’il y a une vie après

la mort. Et si la mort était en fait le début de la vraie

vie avec Dieu?

Conversation entre deux bébés dans le ventre de leur mère

La prêtrise est réservée aux hommes

Tel est l’enseignement définitif de l’Église

Lettre apostolique de Jean-Paul II

nos jours, elle est toutefois considérée de différents

côtés comme ouverte au débat, ou même on attri-

bue une valeur purement disciplinaire à la position

prise par l'Église de ne pas admettre les femmes à

l'ordination sacerdotale.

C'est pourquoi, afin qu'il ne subsiste aucun

doute sur une question de grande importance qui

concerne la constitution divine elle-même de l'Égli�

se, je déclare, en vertu de ma mission de confirmer

mes frères (cf. Lc 22,32), que l'Église n'a en aucune

manière le pouvoir de conférer l'ordination sacer�

dotale à des femmes et que cette position doit être

définitivement tenue par tous les fidèles de l'Église.

Saint Jean-Paul II

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2016

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