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Où prendre l’argent pour le dividend

e ?

par

Gilberte Côté-Mercier

Une des demandes fondamentales du Crédit So-

cial est de verser un dividende mensuel, une somme

d’argent à chaque citoyen, en tant que cohéritier des

richesses naturelles et du progrès.

«Mais, diront certains, où va-t-on prendre l'argent

pour un dividende à tout le monde?» On nous pose en-

core cette question. Où va-t-on prendre l'argent si on ne

le prend pas dans les taxes? C'est une question très op-

portune. Où prendre l'argent pour un dividende social ?

Avant de comprendre le moindre iota

dans la théorie du dividende social, il faut,

mes amis, savoir ce que c'est que l'argent.

L'argent, qu'est-ce-que c'est ? Vous en avez

dans votre poche.

Sortez-en, voulez-vous? Voici un billet

de cinq dollars. Qu'est-ce que c'est ? C'est

un rectangle de papier avec, des deux

côtés, des figures, et surtout, c'est l'impor-

tant, il y a le même chiffre souvent répété

un peu partout sur le rectangle de papier:

le chiffre 5.

L'argent, qu'est-ce que c'est ? C'est un

rectangle de papier ? Ah non ! Et la preuve,

la voici: Quand je regarde ce rectangle de

papier, la première chose que je regarde,

la seule chose au fond qui m'intéresse,

c'est le chiffre écrit sur le rectangle de

papier. Le chiffre, c'est la chose importante, l'unique

chose importante.

L'argent, qu'est-ce que c'est ? Un chiffre. Rien que

ça. Un chiffre pour acheter des produits, des servi�

ces. Le système d'argent, c'est une comptabilité. Rien

que ça. Une comptabilité pour acheter. Où prendre

l'argent ? La question ne devrait jamais se poser

puisqu'on ne se demande jamais où prendre les chif�

fres pour faire la comptabilité. Trouver des chiffres,

ce n'est pas un problème; l'arithmétique est pleine

de chiffres. Il n'y a pas de limite aux chiffres. Il ne doit

pas avoir de limite au chiffres-argent. Je dis, au chif�

fres-argent, je ne dis pas au pouvoir d'achat.

Mais quand on pose la question «Où prendre l'ar-

gent», on a dans l'idée le problème de trouver la matiè-

re de l'argent, ce qui constitue matériellement l'argent,

ce qu'on touche, n'est-ce pas? Comme si l'argent était

de l'or à tirer du sein de la terre. L'argent, ce n'est pas

de l'or, vous l'avez vu. C'est un rectangle de papier, ce

n'est pas de l'or. L'argent n'est pas non plus basé sur

l'or. L'argent, c'est matériellement un chiffre. Or les

chiffres peuvent être infinis. Il n'y a pas de limite aux

chiffres. On ne peut jamais manquer de chiffres. On ne

peut donc jamais manquer de chiffres-argent.

Voilà donc une bonne chose de réglée n'est-ce

pas? Pas de problème pour ce qui est de trouver le

matériel pour fabriquer l'argent puisque ce matériel

ce sont des chiffres. Mais, dira-t-on avec raison: tous

les chiffres ne sont pas de l'argent. Très bien. L'argent,

ce sont des chiffres avec lesquels on peut acheter;

des chiffres spéciaux qui ont la vertu d'acheter. Très

bien. Et quoi donc leur donne aux chiffres cette vertu

d'acheter ? Deux choses:

Les produits et services qui sont à vendre, premiè-

rement. Et deuxièmement, le sceau de la société qui

fait du pouvoir d'achat avec ces chiffres.

Je recommence: Qu'est-ce qui don-

ne aux chiffres la vertu d'acheter ? Deux

choses. Premièrement, les produits et les

services sont à vendre. S'il n'y avait pas

de produits et services à vendre, les chif-

fres ne pourraient pas acheter. Une autre

chose qui donne aux chiffres la vertu

d'acheter, c'est le sceau de la société qui

fait de ces chiffres-là un pouvoir d'achat.

Pour être capable d'acheter avec des

chiffres, il faut donc que ces chiffres réa-

lisent deux conditions: se trouver en pré-

sence de choses qui sont à vendre; au

Pôle Nord où il n'y a rien, mes chiffres-ar-

gent n'achètent pas. Et deuxièmement, il

faut que mes chiffres portent la signature

du roi qui fait de ces chiffres un instru-

ment social d'échange.

La cause formelle, comme disent les philosophes,

la cause formelle qui prend la matière de chiffres et qui

l'établit dans l'être de l'argent-pouvoir d'achat, la forme

c'est le sceau du roi pour marquer les biens offerts par

le pays.

Pour avoir de l'argent, il faut des chiffres. C'est faci-

le à trouver. Il n'en manque jamais, des chiffres. Pour

avoir de l'argent il faut des produits et des services of-

ferts sur le marché par la société. C'est facile à trouver

de nos jours; la surabondance de richesses réelles est

le lot de notre temps. Pour avoir de l'argent, il faut aus-

si le sceau du roi sur les chiffres devant les richesses.

Et voilà ce qui manque: le sceau du roi, maintenant.

Voilà pourquoi l'argent manque. Malgré les richesses

débordantes, malgré les chiffres infinis, l'argent man-

que, le pouvoir d'achat manque parce que le roi refuse

de frapper monnaie, de graver sa signature, le sceau

de sa royauté sur des chiffres.

Alors, c'est donc la faute de la Reine d'Angleterre

si l'argent est rare? Oh non ! Pauvre Reine d'Angleter-

re, elle n'y est pour rien, ni en Angleterre ni au Canada.

Mais qui donc est ce roi qui refuse d'apposer sa

signature pour que l'argent réponde aux richesses

offertes? Ce roi, c'est notre système financier omnipo-

tent et usurpateur qui tient sous sa dictature tous les

gouvernements.

Dans son encyclique

Quadragesimo Anno

, le pape

Pie XI, en 1931, parlant de la déchéance du pouvoir,

s'exprimait ainsi:

«Le pouvoir, lui qui devrait gouverner de haut,

comme souverain et suprême arbitre, est tombé au

rang d'esclave.»

Le roi, dans tous les pays du monde, c'est le sys-

tème financier. Tous les parlements et les gouverne-

ments sont soumis au système financier qu'on appelle

la finance internationale. C'est la finance internationale

qui décide la quantité d'argent à mettre en circulation.

Et les gouvernements n'ont rien à dire là-dedans. La

finance internationale qui déclenche les crises finan-

cières, c'est elle qui finance les guerres. Si la finance

internationale refusait de financer les guerres, il n'y

aurait pas de guerres.

L

e système financier, c'est lui le grand coupable

de la misère des peuples au milieu de l'abondance

donnée par Dieu, par le travail des hommes et par

la science. Toutes ces richesses sont tenues en péni�

tence par le système financier. Le système financier,

c'est lui l'assassin de millions d'hommes dans des

guerres apocalyptiques et les gouvernements sont

les valets du système financier. Ils lui sont soumis . Ils

ne le commandent pas en souverain. C'est le système

financier qui met sa signature sur les chiffres qui doi�

vent servir d'argent. Ce devrait être le gouvernement

le maître, le roi qui marquerait du sceau royal l'instru�

ment des échanges, l'argent.

C'est de l'usurpation de pouvoir; c'est de l'anarchie

que des particuliers comme les financiers, comme les

banquiers contrôlent l'argent. L'argent est un outil de

relation commerciale, un outil purement social. C'est

la société seule qui a le droit de commander l'argent à

sa naissance. La société représentée légitimement par

son roi, par son gouvernement.

Les faits d'aujourd'hui sont tout autres, puisque ce

sont des individus sans responsabilités sociales qui ne

rendent aucun compte ni au roi ni au peuple, qui ne

détiennent aucun mandat, ni de Dieu ni du peuple. Ce

sont des particuliers qui

contrôlent l'argent et le

crédit et qui sont deve-

nus les maîtres de nos

vies sans la permission

de qui nul ne peut res-

pirer. Voici les paroles

même de Pie XI, toujours

tirées de son encyclique

Quadragesimo Anno

:

«Ce pouvoir est surtout considérable chez ceux

qui, détenteurs absolus et maîtres de l'argent, gou�

vernent le crédit et le dispensent selon leur bon plai�

sir. Par là, ils distribuent en quelque sorte le sang à

l'organisme économique dont ils tiennent la vie entre

leurs mains si bien que sans leur consentement, nul

ne peut plus respirer.»

Et ces individus, les banquiers, contrôlent l'argent,

le crédit sans aucun soucis du bien commun. Ce sont

leurs intérêts personnels qui orientent et décrètent

toute la marche économique des pays. Voilà pourquoi

l'argent est rare, bien que les richesses réelles soient

abondantes. L'argent n'est pas le reflet des réalités.

Les familles ont de la peine à se procurer le néces-

saire quand le Canada pourrait faire vivre dix fois plus

d'habitants par ses richesses naturelles et sa produc-

tion annuelle.

Nous réclamons de l'argent conforme aux riches-

ses. Et cet argent doit être social, distribué à tous et

à chacun en dividende mensuel, qui pourrait être de

plus de 1000 dollars par mois aujourd’hui ,pour cha-

que Canadien.

Où prendre l'argent pour distribuer un dividende

de 1000 $ par mois à chaque Canadien? Prendre l'ar-

gent dans les chiffres, dans la comptabilité. Ce ne sont

pas les chiffres qui manquent ni les produits, c'est la

bonne volonté du système financier. Que nos gouver-

nements donnent l'ordre à notre système financier,

aux banquiers, de distribuer un dividende de 1000 $

par mois à chaque Canadien, de déposer 1000 $ par

mois dans le livre de banque de chacun. Il n'y aura pas

de problème où prendre l'argent.

Un dividende social et personnel à chacun nor-

malement sur les produits offerts et non vendus ac-

tuellement serait une finance saine et humaine. Où

prendre l'argent ? Dans les chiffres d'une comptabilité

financière conforme aux richesses du Canada et dans

la volonté d'un système financier purifié qui, sur l'ordre

du roi, du gouvernement, deviendrait le serviteur du

bien commun.

Gilberte Côté-Mercier

Un groupe de Pèlerins de

saint Michel de Ciudad

del Este, au Paraguay,

sous la direction de

l’abbé Damase Douze.

Notre Pèlerine à plein-

temps Maria Fretes

vient de ce groupe.

Gilberte Coté-Mercier

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2016

www.versdemain.org