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u

par Louis Even

A leur congrès de cette année, les créditistes de

Vers Demain entameront l’année d’apostolat 2016-

2017, et ils fêteront donc en même temps le cente�

naire des apparitions de Marie à Fatima au Portugal,

en 1917, et le centenaire de l’idée du Crédit Social.

I

l est vrai que l’ingénieur

écossais Clifford Hugh Douglas,

le génie qui a découvert la gran-

de idée du Crédit Social, qui en a

conçu et structuré les lignes maî-

tresses, ne l'a livrée à la publica-

tion pour la première fois qu'en

décembre 1918, dans un article

paru dans

The English Review

,

et plus longuement dans un li-

vre,

Economic Democracy

, dont

la première édition fut imprimée

en 1920. Mais le travail d'analyse,

de synthèse et de phraséologie

remonte à 1917. La préface écrite

par Douglas lui-même, pour son

livre

Economic Democracy

, porte

la date de novembre 1919: il y dit

que la plus grande partie de son

ouvrage fut rédigée sous les dif-

ficiles conditions de la première

guerre mondiale.

Depuis plusieurs années déjà, Vers Demain

fait remarquer que les deux plus puissantes armes

contre le communisme — Fatima sur le plan spirituel

et le Crédit Social sur le plan temporel — datent de

la même année que la première grande conquête

politique du communisme par sa prise du pouvoir en

Russie: 1917.

En ce qui concerne le Crédit Social, cette date

est ratifiée par le Social Credit Secretariat, organisme

fondé par Douglas pour protéger l'intégrité de son

enseignement. Dans un article intitulé

Social Credit

in 1967

, l'organe officiel de ce Secrétariat,

The Social

Crediter,

numéro du 3 juin 1967, commence ainsi :

«En 1917 – il y a cinquante ans – une idée vit le

jour, idée qui, si nous survivons à la présente crise

mondiale, devra sûrement être à la base de toute

poursuite d'une civilisation fondée sur la liberté ulti�

me de l'homme.»

Clifford Hugh Douglas, ingénieur consultant, qui

avait eu la charge de travaux considérables, surtout

en Angleterre et aux Indes, était alors (en 1917) enga-

gé dans une inspection des finances de l'Avionnerie

Royale de Farnborough, en Angleterre. Au cours de

ce travail, il découvrit ce que tout autre comptable

aurait aussi bien pu découvrir:

que le total du pouvoir d'achat dis-

tribué chaque semaine à des par-

ticuliers, en salaires, traitements

ou autrement, était toujours infé-

rieur à la somme des frais entrant

cette semaine-là dans le coût de

revient.

Puisqu'il en était ainsi chaque

semaine dans cet établissement,

il devait en être de même dans

toutes les autres industries. Dès

lors, le pouvoir d'achat global dis-

tribué en cours de la production

globale ne pouvait payer toute

cette production. D'où entrave à

l'écoulement de cette production,

à moins que l'écart soit comblé

par du pouvoir d'achat provenant

par un autre canal que cette pro-

duction.

Là encore, tout comptable

aurait pu tirer cette conclusion.

Mais Douglas n'était pas seulement un mathémati-

cien, pas seulement un ingénieur, c'était un génie.

Conjecturant les effets prévisibles de cet écart

(inhérent à la comptabilité la plus exacte des prix de

revient) entre la fabrique des prix et la fabrique du

pouvoir d'achat, et constatant l'existence de ces ef-

fets et leur nocivité, non seulement pour les consom-

mateurs individuels, mais pour tout le corps social,

Douglas perçut là un sujet majeur à approfondisse-

ment, et il s'y livra.

Il s'engagea dans l'étude du système économique

et du système financier actuels, y apportant un esprit

de philosophe et d'ingénieur. De philosophe, pour

voir en quoi les moyens servaient ou trahissaient les

fins, en quoi les fins elles-mêmes du système sont

ou non motivées par les aspirations fondamentales

des hommes en regard des possibilités d'y répon-

dre. En ingénieur, pour découvrir les entraves et les

vices du système, et suggérer les modifications les

plus efficaces pour y remédier. Remédiation compor-

tant le minimum de changements, sans révolution,

sans bouleversement, sans heurts, sans accrocs à

la dignité et à la liberté de l'individu, sans intrusions

des gouvernements dans des fonctions relevant des

personnes, des familles, des associations libres, des

administrations publiques locales.

D'ailleurs, tout l'enseignement de Douglas té-

moigne d'un culte indéfectible à l'égard de la liberté

personnelle, de l'initiative privée et de la responsabi-

lité liée à la fonction. Ce qui ne veut nullement dire

que l'individu soit laissé à ses seules ressources: au

contraire, il doit jouir de sa part des bénéfices résul-

tant de l'association, qu'il s'agisse de groupements

libres ou qu'il s'agisse de la grande communauté

nationale. C'est de plus en plus que la richesse pro-

duite provient des fruits du progrès, de l'héritage de

découvertes, de réalisations, de savoir-faire, accru

et transmis d'une génération à l'autre, grâce à la vie

en société. Facteur prépondérant dans la production

moderne. Grand capital réel, dont tous sont cohéri-

tiers, et qui doit bien donner à chaque personne vi-

vante un titre à une partie de l'accroissement de pro-

duction qui en résulte.

Le système actuel de distribution ne reconnaît

pas ce droit. Les gouvernements sont obligés d'inter-

venir, par une lourde et boiteuse fiscalité, pour atté-

nuer maladroitement les effets de cette injustice de

l'association envers tous les associés, de la commu-

nauté nationale envers tous

les citoyens.

Dès 1917, Douglas offrait

une formule géniale, par la

reconnaissance à chaque per-

sonne d'une part à l'exploita-

tion du crédit réel national.

Chaque citoyen recevrait à sa

naissance une action sociale,

inaliénable, non transférable,

devant lui apporter un divi-

dende périodique capable de

lui procurer de quoi subvenir

au moins à ses besoins vitaux

essentiels. Et à mesure que

le flot de production résulte-

rait davantage du progrès et

moins de l'effort du produc-

teur, la distribution de pouvoir

d'achat se ferait davantage par

les dividendes et moins par

les salaires.

C'est, en somme, la conception d'une société

dont tous les membres sont capitalistes. Avec un

revenu de moins en moins conditionné par l'embau-

chage. Avec la liberté accrue pour chacun de pouvoir

embrasser la carrière de son choix, tant que cela ne

porte pas atteinte à la même liberté chez les autres.

Capitalisme corrigé

Un capitalisme ainsi corrigé, avec une part gran-

dissante de revenu lié à la personne elle-même, non

pas à son emploi, ne laisserait personne dans l'indi-

gence, ni dans l'humiliation d'être assisté par l'Etat

après enquête et aux dépens des autres. La production

serait motivée par la demande efficace de consom-

mateurs munis de pouvoir d'achat. Avec la disparition

graduelle et sans doute rapide du gaspillage effroy-

able de richesses naturelles, de temps et d'activités

humaines, gaspillage dû au règlement fou qui exige

l'emploi dans une production quelconque, même inu-

tile, même nuisible, pour avoir droit à un revenu.

Et qu'est-ce que les tenants d'un régime socialiste

ou communiste pourraient reprocher à un système

qui répondrait efficacement aux besoins de toute la

population? Quelle prise auraient encore les théo-

ries économiques du communisme sur un peuple

dont chaque citoyen serait un capitaliste né, assuré

de l'être jusqu'à sa mort, avec la garantie d'un revenu

conditionné seulement par les possibilités physiques

de fournir les biens et services réclamés par les be-

soins?

Le centenaire du Crédit Social

Douglas a conçu le Crédit Social en 1917

La même année que les apparitions de Fatima

Clifford Hugh Douglas (1879-1952)

Procession et marche de

chapelet sur nos terrains de

Rougemont avec la statue de

Notre-Dame de Fatima.

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2016

VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2016

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