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«Le Crédit Social est une lumière sur mon chemin»

Témoignage de l’abbé Faustin Nyombayire du Rwanda

Dans l’article précédent, Louis Even explique que

le système financier actuel est défectueux, basé sur

une mauvaise comptabilité, et que les gens n’ont

pas de pouvoir d’achat suffisant pour se procurer le

nécessaire. C’est pour cela que lorsqu’il découvrit en

1934 les écrits de l’ingénieur écossais Clifford Hugh

Douglas sur la réforme financière du Crédit Social,

il s’exclama: «C’est une lumière sur mon chemin, il

faut que tout le monde connaisse cela.» Et c’est ce qui

l’amena à tout quitter pour cette cause, et fonder le

journal Vers Demain.

C’est aussi ce que s’excla-

ment tous ceux qui découvrent

le Crédit Social et l’approfondis-

sent. Depuis 2006, nous tenons

deux fois par année, à Rouge-

mont, une session d’étude sur

cette réforme économique du

Crédit Social (aussi appelée dé-

mocratie économique), à laquel-

le des étudiants du monde entier

ont assisté, surtout des prêtres

et évêques africains. À ce jour,

plus de soixante-dix évêques

d’Afrique sont venus à Rouge-

mont assister à cette session. La

plus récente a eu lieu du 14 au

23 avril 2016, et encore une fois,

tous les participants en sont sor-

tis enchantés. (Prenez note que

la prochaine session d’étude à

Rougemont aura lieu du 21 au 29 juillet 2016, suivie du

congrès annuel de Vers Demain.) Voici le témoignage

d’un des participants, l’abbé Faustin Nyombayire, du

diocèse de Byumba, au Rwanda, recteur de l'Univer-

sité de Technologie et des Arts, qui compte plus de

3000 étudiants.

par

l’abbé Faustin Nyombayire

Je connaissais cette Œuvre des Pèlerins de Saint

Michel depuis à peu près une année. Ce fut lorsqu'un

de mes confrères est venu ici et il nous en a parlé et

peu après, il y a une ressortissante de notre diocèse,

qui vit maintenant ici au Canada et qui est une fer-

vente de cette Œuvre… Mais depuis un peu plus de

6 mois, je suivais, par internet certaines informations

et dans l'avion qui me portait de Kigali à Amsterdam

et de Amsterdam à Montréal, j'avais feuilleté et même

vraiment lu

Qui sont les maîtres du monde?

Eh bien

si j'avais à dire une phrase, ce serait celle-ci, que vous

connaissez déjà:

«Une lumière sur mon chemin»!

C'est ce que s'est écrié Louis Even après avoir lu

l'opuscule de J. Crate Larkin,

Du régime de dettes à la

prospérité.

C'est cela qui a mis en branle toute cette

Œuvre. «Une lumière sur mon chemin», dis-je mainte-

nant, à mon compte. Il faut que tout le monde connais-

se cela.

Ces semaines d'étude sur la démocratie économi-

que, vue à la lumière de la doctrine sociale de l’Eglise,

m'ont révélé simplement que le Crédit Social n'est rien

d'autre, comme le disait déjà Douglas, que le christia-

nisme appliqué.

J'y ai fait allusion peu avant d'arriver ici. J'avais lu

Qui sont les maîtres du monde?

'

et j'étais déjà comme envoûté en

découvrant cette triste et terri-

fiante réalité mais aussi très indi-

gné de ce que les gens ne savent

pas cela, à commencer par moi-

même: prêtre engagé depuis

quelque temps dans une initia-

tive au niveau de notre pays, de

diffusion de la doctrine sociale

de l'Église, j'étais ignare de tout

ça, même en étant enseignant et

Recteur de l'Université.

Alors avec ces semaines

d'étude, bien menées par Mon-

sieur Alain Pilote, mais aussi

avec tous des ingrédients subs-

tantiels et la cerise sur le gâteau,

ici hier avec Monsieur François

de Siebenthal, nous avons été,

moi j'ai été capable de décortiquer la racine du mal

et l'œuvre néfaste du malin dans le système qui gou-

verne le monde d'aujourd'hui.

Le système bancaire qui a usurpé leur pouvoir

aux gouvernements, sensés être souverains, exerce

le droit de vie et de mort – plutôt le droit de mort

– sur des populations entières qu'il fait croupir dans

la misère. La dette publique, je ne savais pas ce que

c'était. Et la supercherie de ce réseau, c'est d'appeler

bénédiction ce qui est une malédiction (la dette pu�

blique). La perversion de ce même système qui crée

de l'argent à partir de rien pour le faire finir finale�

ment dans le néant mais un néant anéantissant des

populations entières sur le parcours. Tout ceci nous

fait frôler un peu la queue du diable, même sa face

sinistre, qui fait tant de mal aux enfants de Dieu.

Et j'appris – mon confrère l'a repris et les autres

– que les pays dits pauvres ne le sont pas par prédes-

tination, par fatalité, que les pays dit pauvres sont réel-

lement des pays riches, à condition de se redécouvrir,

de prendre conscience et d'être eux-mêmes, notam-

ment en découvrant ce qu'est la monnaie, ce qu’est la

devise, ce qu'est la dette et les maudits intérêts.

La situation de la Confédération helvétique (la

Suisse) nous l'a illustré: un pays pauvre de tout, disons

physiquement parlant, mais qui est devenu riche en

bâtissant sur Dieu et sur la mise en application de ce

que Dieu veut de nous. Oui, Dieu nous veut heureux.

Il nous a créés pour le bonheur et non pas pour la mi-

sère.

J'ai découvert et appris que la doctrine sociale de

l’Eglise est une mission plus qu’urgente dans l'aposto-

lat de l'Église. J'étais surpris – et je ne suis pas le seul

– de voir que certains documents même de L'Église

étaient plutôt occultés. Je pense à

Vix Pervenit

et je

crois que dans cet apostolat, il faut oser appeler un chat

un chat, et le mal, mal. Ce que les souverains Pontifes

de ces derniers siècles jusqu'au présent – nous som-

mes gratifiés d'avoir une succession de saints papes,

du moins dans les

temps récents – ont

dit et disent, c’est

de mettre fin à l'usu-

re; ils condamnent

ouvertement l'usure

et s'insurgent contre

l'idolâtrie du nou-

veau veau d'or qu'est

l'argent, comme le

redit si souvent notre

pape François.

Et en voyant

l'Œuvre des Pèle-

rins de Saint Michel,

comment vous vi-

vez, comme nous

avons vécu ensem-

ble ces temps-ci, je

reprends, je l'avais déjà écrit, que c'est Marthe et Ma-

rie toutes deux ensemble parce que c'est l'Œuvre de

Dieu. Des fois, à force de parler du salut éternel, nous

oublions que c'est Dieu qui a aussi créé le corps, qu’il

n'a pas seulement créé l'âme. Dans le cas de l'homme

donc, il est important de tenir compte aussi du bien du

corps car nous ne sommes pas des anges.

Donc ici je reprends l'expression d'un auteur spi-

rituel qui disait, mais je l'applique pour vous, parce

que je le vois,

«une prière qui ne touche pas la vie

concrète, qui ne nous transforme pas, c'est de l'illu�

sion; mais aussi, toute activité, même noble, qui n'est

pas enracinée dans la prière, qui ne se ressource pas

justement à la vraie source, ce n'est pas de l'activité,

c'est de l'agitation»

. Et ce n'est vraiment pas une ingé-

rence de la part de l'Église que de s'engager dans le

Crédit Social.

Tout en soulignant la primauté du spirituel et la

vraie richesse de l'homme, il est important de rappeler

que l'homme, tant qu'il est pèlerin sur cette terre vers

le ciel, que cet homme, certes, ne vit pas seulement de

pain. Nous avions un professeur de théologie morale qui

disait, en paraphrasant la Sainte écriture, que «'l'homme

ne vit pas seulement de pain… quand il en a» !

L'argent doit faire partie aussi de notre apostolat.

François de Siebenthal nous citait Balzac qui disait que

si l'Église ne s'occupe pas de la question de l'argent,

elle aura failli à sa mission. Savoir que l'argent, ce ne

sont pas, excusez l'expression, c'est un missionnaire

qui aimait le dire et, d’après lui, l'argent ce sont les

excréments du diable. Eh bien non. Ah, il y a aussi de

l'argent propre, net, digne: l'argent sans intérêt.

Oui, j'étais quand même indigné — mais en même

temps heureux — de connaître un peu ses pouvoirs

invisibles, alliés du diable, ou plutôt agents du diable

tels que la Franc-maçonnerie

in Loco

Illuminati, qui

pilote et manipule nos dirigeants qui ne manquent

certes pas de bonne volonté, comme mon confrère le

disait. Mais ces réseaux

manipulent, font de nos

dirigeants des marion-

nettes, et donc ils n'at-

tendent pas d'eux qu'ils

fassent du bien à leur

pays mais qu’ils repré-

sentent les intérêts des

banquiers, et ça, c'est

vraiment diabolique.

Alors qu'est-ce que

je retiens et qu'est-ce

que je prends avec moi

pour notre église locale

et pour mon pays? Il

faut avoir le courage

d'être nous-mêmes.

Nous sommes créés

à l'image de Dieu. Nous

sommes des rois, bien sûr aussi des prêtres et des

prophètes, sauvés par Jésus-Christ. Mais nous som-

mes appelés à faire de la lumière dans notre conscien-

ce et à la faire autour de nous. Résister aux idéologies

porteuses de la culture de la mort, comme le disait

saint Jean-Paul II, pensons ici notamment aux idéo-

logies comme la théorie du genre qui nous font, qui

miroitent la famille, qui nous font croire en fait que,

en créant l’homme et la femme, Dieu aurait presque

commis une erreur; homme, femme, on le décide soi-

même. Ça, ce sont des aberrations. Tout ceci met de

l’eau au moulin du diable qui déchaîne les banquiers

pour notre ruine.

Oser être nous-mêmes, c'est cesser de nous

laisser émuler par ceux qui ont vendu leur âme à

Lucifer. Le crédit social, «christianisme appliqué»,

vaut la peine qu’on le connaisse et qu’on le fasse

connaître dans tous les milieux et surtout dans les

milieux de jeunes, dans les milieux des universitai�

res qui constituent mon premier champ d’aposto�

lat, et je m’y engage. Et demain sera meilleur.

L’abbé Faustin entouré de notre directrice, Thérèse

Tardif, et de notre directeur, Marcel Lefebvre

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2016

VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2016

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