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Vers la fin de 1706, il se joint à M. Leuduger, prê-

tre qui organise des Missions paroissiales en Breta-

gne. Louis-Marie excelle dans l’enseignement du

catéchisme. À ses yeux, ce travail est «le plus grand

de la Mission», et «trouver un catéchiste accompli

est plus difficile que trouver un prédicateur parfait».

Le catéchiste «tâche de se faire aimer et craindre tout

ensemble, en sorte cependant que l’huile de l’amour

surpasse le vinaigre de la crainte»; il égaye le caté-

chisme «qui de soi-même est assez sec, par de petites

et courtes histoires agréables, afin de plaire par là aux

enfants et de renouveler leur attention». Pour mieux

faire apprendre la doctrine chrétienne, Louis-Marie la

met en vers et la fait chanter sur des airs connus. Mais

le Rosaire demeure sa prière préférée. «Il est beau et

fécond également de confier à cette prière le chemin

de croissance des enfants, écrit le Pape Jean-Paul II...

Réciter le Rosaire pour ses enfants, et mieux encore

avec ses enfants... constitue une aide spirituelle à ne

pas sous-estimer» (RV, 42).

Trop à l’aise

Dans la prédication, Louis-Marie enseigne les

grandes vérités de la foi (la mort, le jugement, le ciel,

l’enfer), dénonce vices et péchés, puis exhorte à la

contrition et à la confiance dans la miséricorde divine.

Il fait renouveler les promesses du Baptême et confère

les sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie. La

Providence divine soutient son serviteur par le don

des miracles (guérisons, multiplication de la nourritu-

re, etc.). Mais à la suite de divergences de vues entre

lui et M. Leuduger, le Père de Montfort s’installe dans

un petit ermitage près de sa ville natale. Deux ans

après, il part pour Nantes où un prêtre ami, M. Barrin,

Vicaire général, l’appelle. Dans ce diocèse, il prêche

de nombreuses Missions, se fait proche des pauvres

qu’il réconforte et encourage à vivre saintement et la-

borieusement. Convaincu de la valeur de la souffrance

qui enfante les âmes, il dit à un de ses collaborateurs,

lors d’une Mission sans problèmes: «Nous sommes

ici trop à notre aise; nous sommes très mal, notre

Mission sera sans fruits parce qu’elle n’est pas fondée

ni appuyée sur la Croix; nous sommes ici trop aimés,

voilà ce qui me fait souffrir; point de croix, quelle af-

fliction pour moi ! »

La foi du Père de Montfort dans le mystère de la

Croix lui inspire le dessein de construire un calvaire

monumental près de Pont-Château. Il s’agit d’élever

une véritable colline, entourée d’un fossé, sur laquelle

seront plantées trois croix comme au Golgotha. Le tra-

vail commence sans tarder avec de nombreux ouvriers

bénévoles. Louis-Marie quête dans les fermes la nour-

riture de ce petit peuple. Mais, l’ouvrage achevé, la

bénédiction du Calvaire est interdite par l’évêque de

Nantes. En effet, sous prétexte que la nouvelle colline

pourrait devenir une dangereuse forteresse aux mains

d’envahisseurs ennemis, le Roi Louis XIV, mal informé,

a donné l’ordre de la raser. Louis-Marie soupire: «Le

Seigneur a permis que j’aie fait faire ce Calvaire, il per-

met aujourd’hui qu’il soit détruit: que son saint nom

soit béni !» Retrouvant la paix de son âme, il continue

son travail apostolique. Après sa mort, le Calvaire sera

reconstruit.

En 1711, le Père de Montfort est appelé par l’évê-

que de La Rochelle. Il fait de nombreuses Missions

dans son diocèse. La Rochelle est un fief calviniste. Ne

voulant pas laisser aux protestants la pensée qu’eux

seuls respectent la Bible, il organise une procession,

où, sous le dais, un prêtre porte respectueusement

le Livre Saint. Louis-Marie fait aussi réciter le Rosaire

en paroisse et en famille. En effet, depuis la canonisa-

tion, en 1710, de saint Pie V, grand promoteur de cette

dévotion, la ferveur envers le Rosaire s’est accrue. De

nos jours, Jean-Paul II rappelle que la prière du Rosai-

re demeure très puissante spécialement pour la paix

et pour la famille: «Le Rosaire est une prière orien-

tée par nature vers la paix, du fait même qu’elle est

contemplation du Christ, Prince de la paix et notre paix

(Ep 2,14). Celui qui assimile le mystère du Christ – et le

Rosaire vise précisément à cela – apprend le secret de

la paix et en fait un projet de vie. En outre, en vertu de

son caractère méditatif, dans la tranquille succession

des «Ave Maria», le Rosaire exerce sur celui qui prie

une action pacificatrice...

«Prière pour la paix, le Rosaire est aussi, depuis

toujours, la prière de la famille et pour la famille. Il fut

un temps où cette prière était particulièrement chère

aux familles chrétiennes et en favorisait certainement

la communion... De nombreux problèmes des familles

contemporaines, particulièrement dans les sociétés

économiquement évoluées, dépendent du fait qu’il

devient toujours plus difficile de communiquer. On ne

parvient pas à rester ensemble, et les rares moments

passés en commun sont absorbés par les images de la

télévision. Recommencer à réciter le Rosaire en famille

signifie introduire dans la vie quotidienne des images

bien différentes, celles du mystère qui sauve: l’image

du Rédempteur, l’image de sa Mère très sainte» (RV,

40, 41).

En 1712, Louis-Marie rédige le

Traité de la vraie

dévotion à la Sainte Vierge

. «J’ai mis la main à la plu-

me pour écrire sur le papier ce que j’ai enseigné avec

fruit en public et en particulier dans mes Missions pen-

dant bien des années», écrit-il. Dans ces pages le Saint

montre que la grâce du Baptême appelle une totale

consécration à Jésus-Christ, qui ne saurait être parfai-

te sans une totale consécration à Marie. L’opposition

janséniste empêche le Père de Montfort de publier son

traité qui ne verra le jour qu’en 1843, soit plus d’un

siècle après sa mort.

«Allons en paradis !»

Louis-Marie a le souci de l’instruction des enfants

et il crée de petites écoles gratuites dans les villages.

En 1715, il met au point les Règles des Filles de la

Sagesse. Quant aux Missions, il est aidé par quatre

Frères, mais aucun prêtre ne l’a rejoint d’une manière

stable. Un jour, rencontrant un jeune prêtre à moitié

paralysé, René Mulot, il le fixe dans les yeux et lui dit:

«Suivez-moi!» Étonné, mais conquis, le Père Mulot se

met à sa suite. Il deviendra, après la mort du Père de

Montfort, le premier Supérieur général de ses familles

religieuses. Au début d’avril 1716, Louis-Marie se rend

à Saint-Laurent-sur-Sèvre pour y prêcher une Mission.

Il se dépense selon son habitude, mais ses forces dé-

clinent et bientôt il est épuisé. Après un dernier ser-

mon où il parle de la douceur de Jésus, avec des ac-

cents qui bouleversent son auditoire, il doit s’aliter. On

lui administre les derniers sacrements. Réunissant ses

dernières forces, il chante:

«Allons, mes chers amis,

allons en paradis ! Quoi qu’on gagne en ces lieux, le

paradis vaut mieux !»

Il tient dans ses mains un cru-

cifix et une statuette de la Sainte Vierge. Le 28 avril,

à l’âge de quarante-trois ans, il rend son âme à Dieu.

Avec saint Louis-Marie, tournons-nous avec

confiance vers Marie en récitant le Rosaire. «Une priè-

re aussi facile, et en même temps aussi riche, mérite

vraiment d’être redécouverte par la communauté

chrétienne, affirme saint Jean-Paul II... Je me tourne

vers vous, frères et soeurs de toutes conditions, vers

vous, familles chrétiennes, vers vous, malades et per-

sonnes âgées, vers vous les jeunes: reprenez avec

confiance le chapelet entre vos mains, le redécouvrant

à la lumière de l’Écriture, en harmonie avec la liturgie,

dans le cadre de votre vie quotidienne» (RV, 43).

Dom Antoine Marie osb, abbé

Reproduit avec la permission de l’Abbaye Saint

Joseph de Clairval, en France, qui publie chaque mois

une lettre spirituelle sur la vie d’un saint. Adresse pos-

tale: Abbaye Saint Joseph de Clairval, 21150 Flavigny

sur Ozerain, France. Site internet:

www.clairval.com.

«Allons, mes chers amis,

allons en paradis ! Quoi

qu’on gagne en ces lieux,

le paradis vaut mieux !»

– Saint Louis de Montfort

Attention! Nouvelle adresse

pour l’assemblée mensuelle

de Vers Demain à Montréal

Église Saint-Gilbert

5420 des Angevins

Arrondissement Saint-Léonard

(entrée salle 5415 rue Jean-Talon)

Le 2e dimanche de chaque mois

10 juillet, 14 août, 11 septembre

14 heures: heure d’adoration, suivie de

l’assemblée Chapelle du Sacré-Coeur

Transports en commun pour s’y rendre:

Station de métro St-Michel, puis bus 141,

Jean-Talon direction est (jusqu’au coin de Lisieux)

Ou bien station de métro Assomption, puis

bus 131 De l’Assomption direction nord (jusqu’à

la rue des Angevins)

Nous devrions remplir l’église pour l’heure

d’adoration en cette année de la Miséricorde

pour que tous nos compatriotes reviennent à

l’Église et se convertissent.

Et la salle devrait être remplie pour entendre

les lumineuses conférences sur la doctrine socia�

le de l’Eglise et la démocratie économique qui, si

elles étaient mises en pratique permettraient à

tous les pauvres de la terre de se nourrir.

X

ici

bus 131

bus 141

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2016

VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2016

www.versdemain.org www.versdemain.org

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