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Sainte Agnès est une martyre du début du 4e siè-

cle, dont la fête liturgique est célébrée le 21 janvier.

L’article suivant, racontant la vie de cette jeune sainte

martyrisée à l’âge de 13 ans, est tiré du journal catho-

lique américain «The Wanderer» du 29 janvier 1970,

et a été écrit par Mgr William Adrian (1883-1972),

évêque de Nashville au Tennessee de 1936 à 1969. Il

démontre que sainte Agnès peut encore être propo-

sée comme modèle pour les jeunes aujourd’hui:

par

Mgr William Adrian

La montée du crime, du désordre et de l'immora-

lité, aujourd'hui si alarmante en notre pays, est due

en grande partie à l'affaiblissement ou à la perte de

la foi en Dieu — à l'abandon de la religion. La nature

humaine est infestée par un reliquat indéracinable de

sauvagerie dont elle sent toujours l'aiguillon. A la pre-

mière occasion, ce honteux attrait est toujours prêt à

rebondir, s'afficher et nous humilier. Ce sont d'abord

des individus sans loi et désespérés qui rompent

avec toute retenue de la société civilisée; mais sui-

vent vite des éléments sortis des réputées meilleures

classes elles-mêmes.

On se lamente avec raison sur le chaos étendu

résultant de l'immoralité rampante, des émeutes, des

pillages et autres déchaînements anarchiques; mais

il faut bien reconnaître que rien ne pouvait mieux

démolir la thèse de ceux qui prétendent qu'à lui seul,

le progrès matériel suffit pour humaniser le monde.

Non, et la plupart des meilleurs penseurs soutiennent

que, pour être durable, la civilisation doit reposer sur

les quatre piliers d'une éthique chrétienne que sont

les vertus cardinales: la prudence, la justice, la tem-

pérance et la force.

Vrai progrès: le progrès moral

Un progrès digne du nom – un progrès humain

moral – ne peut être obtenu en suivant la ligne de

moindre résistance. Un tel progrès devra faire face à

des oppositions de la plus violente espèce. Il aura à

subir le choc de tentations sensuelles. Il devra résister

à l'érosion de vagues répétées lancées à l'assaut de la

foi. Pour subsister à travers les tourmentes, la morale

doit être authentiquement chrétienne, soutenue par

une pratique définie et un enseignement d'autorité.

Aveugles sont les guides qui prennent la morale com-

me étant une fondation en elle-même, alors qu'elle est

plutôt un toit tendu au-dessus de la société et soutenu

par la sanction divine d'une religion révélée.

Le passage, sur la scène du monde, d'une jeune

fille souriante et gaie, mais modeste et pure, exprime

souvent plus graphiquement l'excellence de la conti-

nence morale, la «force de s'abstenir» conférée par

le christianisme, que la vie d'un ermite solitaire qui,

retiré du monde, jeûne et prie.

En témoignage de cette réflexion, je choisis le cas

d'une vierge de l'époque romaine, d'une adolescente

pure et séduisante, dont l'exemple est, pour jeunes

et vieux, une attirante invitation à une sainte et noble

émulation dans la voie de la pureté: sainte Agnès de

Rome.

Monde guère changé

Je ne pense pas que le monde ait radicalement

changé depuis, qu'Agnès vécut sa courte vie dans un

monde quelque 17 siècles et demi plus jeune que le

nôtre. C'est toujours le même monde, fort et avide,

que nous connaissons aujourd'hui. Le même monde

à trois têtes, que durent affronter les martyrs des trois

premiers siècles de christianisme, obstrue le chemin

du Ciel en notre vingtième siècle: l'orgueil, la luxu-

Sainte Agnès, martyre de la foi et de la modestie

Pour être durable, la civilisation doit reposer sur quatre

piliers: la prudence, la justice, la tempérance et la force

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VERS DEMAIN janvier-février 2016

www.versdemain.org

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