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«Cette Apparition porte en elle-même tous les

caractères de la vérité, et les fidèles sont fondés à

la croire indubitable et certaine... C'est pourquoi,

pour témoigner à Dieu et à la Vierge Marie notre vive

reconnaissance, nous autorisons le culte de Notre-

Dame de La Salette.»

Comme dans d’autres apparitions qui furent plus

tard approuvées (Lourdes, Fatima), la persistance du

flot de pèlerins, l'accroissement de leur ferveur, les

conversions et autres faveurs dont ces pèlerinages

s'accompagnent, peuvent constituer un élément posi-

tif dans la détermination du jugement qui se fait atten-

dre. Ce fut le cas à La Salette. On lit, en effet, dans le

Mandement de l'Evêque de Grenoble (article 2:

«Nous croyons que ce fait (l'Apparition) acquiert

un nouveau degré de certitude par le concours im-

mense et spontané des fidèles sur le lieu de l'Appari-

tion, ainsi que par la multitude des prodiges qui ont

été la suite dudit événement, et dont il est impossi-

ble de révoquer en doute un très grand nombre sans

vider les règles du témoignage humain.»

Les secrets

Dans ses apparitions, Marie confie parfois à ses

voyants quelques secrets à garder pour eux-mêmes,

ou à ne divulguer qu'après une certaine date indiquée

par Elle.

À La Salette, chacun des deux voyants reçut un

secret, court dans le cas de Maximin, long d'une ving-

taine de minutes dans le cas de Mélanie. Maximin ne

devait révéler le sien à personne, sauf au Pape si le

Pape le demandait. Et Maximin, petit garçon pétulant,

toujours prompt à dire tout ce qu'il apprenait, sut être

fidèle toute sa vie à l'ordre reçu de Marie. Quant à Mé-

lanie, Notre-Dame lui dit qu'elle pourrait publier son

secret douze années plus tard, en 1858.

En 1851, le Pape Pie IX exprima le désir d'obtenir

le texte de ces deux secrets. On peut s'étonner qu'ils

en aient pu garder la mémoire exacte pendant cinq

années, comme d'ailleurs ils devaient le faire toute leur

vie ; cela tient en effet du merveilleux, mais, comme ils

disaient: « Quand Marie nous dit une chose, ça reste,

on ne peut en oublier un seul mot.

Les deux écrits furent placés dans deux enve-

loppes, scellées par les deux voyants eux-mêmes en

présence des témoins, puis enfermées dans une enve-

loppe revêtue du sceau épiscopal. Deux prêtres furent

chargés d'aller à Rome et remettre cette enveloppe

directement au Pape. (

Voir page suivante.

)

C'est plus tard seulement, en juillet 1857, que Pie IX

prit connaissance du contenu. Ses lèvres se contrac-

tèrent, ses joues se gonflèrent, mais il dit seulement

que, dans le secret de Maximin il y avait la candeur et

la simplicité d'un enfant, et que celui de Mélanie men-

tionnait des fléaux dont la France était menacée. Le

Pape ajouta que l'Allemagne, l'Italie et d'autres pays

étaient aussi coupables et pourraient eux aussi subir

de grands châtiments. L'enveloppe fut re-scellée et

rien n'en a transpiré depuis. En une autre occasion, il

disait au Supérieur des Pères de la Salette: «Ce qu'il

y a dans les secrets de La Salette? Eh bien, c'est la

parole de l'Évangile: Si vous, ne faites pénitence, vous

périrez tous.»

Le sort des voyants

Maximin ne connut point ce qu'on appelle succès

dans la vie d'ici-bas. Il semblait incapable de se fixer – la

suite probablement des marques faites sur son carac-

tère par les grandes privations de son enfance. Mais il

resta toujours bon, chaste, profondément pieux, plein

de reconnaissance et d'amour pour la Reine du Ciel

descendue jusqu'à lui sur la montagne.

A l'âge de 40 ans, ses forces physiques déjà sur

leur déclin, Maximin monte aux lieux de l'Apparition

le 4 novembre 1874; il y va à confesse, assiste à la

messe, communie, boit de l'eau de la fontaine mira-

culeuse, mendie chez les religieuses un asile pour la

nuit, puis redescend avec le sentiment qu'il a revu ces

lieux bénis pour la dernière fois. De fait, il meurt le

1er mars suivant, à Corps, muni des sacrements de la

sainte Église, après avoir rédigé un «testament» dans

lequel il affirme sa foi en Dieu et en Notre-Dame de la

Salette, ajoutant: «Après ma mort, que personne ne

vienne dire qu'il m'a entendu me démentir sur le grand

événement de La Salette, car il mentirait.»

Mélanie vécut plus longtemps. Mais elle aussi eut

une vie errante, et les persécutions ne lui manquèrent

pas. Elle prit l'habit en 1851 chez les Soeurs de la Pro-

vidence de Corenc, sous le nom de Soeur Marie-de-

la-Croix. Elle fit ensuite un séjour de six ans en An-

gleterre dans un couvent de Carmélites, puis entra en

1860 chez les Soeurs de la Compassion, à Marseille,

enseignant des petites filles. Elle séjournera ensuite

pendant 17 ans à Castellamare, non loin de Naples, en

Italie. Après quelques années passées en France, elle

retourne en 1904 en Italie, dans le sud, à Altamura,

où elle vit incognito, dans la prière et la mortification,

assistant à la messe tous les jours.

Comme elle n'est pas à l'église le matin du 13 dé-

cembre de cette année 1904, le prêtre fait aller aux in-

formations. On la trouve morte au pied de son lit, tout

habillée, ses vêtements bien disposés sur son corps et

les bras en croix. La voyante de la Salette avait alors

73 ans et un mois.

Le 7 novembre 1905, au service anniversaire dans

la cathédrale d'Altamura, le chanoine Annibale Maria

di Francia (décédé en 1927, et canonisé en 2004) pro-

nonça une longue oraison funèbre, dans laquelle il

rappelait l'Apparition de La Salette et s'étendait sur les

vertus, la piété, la mortification, l'amour de la solitude,

la sainte mort de Soeur Marie-de-la-Croix, la Mélanie

Calvat choisie par Marie pour porter un message ur-

gent à tout le peuple.

Notre-Dame de La Salette, priez pour nous.

Louis Even

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VERS DEMAIN janvier-février 2016

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