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dits nouveaux, mais on a ajouté qu’il faut payer à me-

sure que l’on consomme. Par exemple, une école bâtie

avec des crédits nouveaux, si elle est estimée devoir

durer au moins vingt ans, doit être payée par la popu-

lation qui s’en sert, un vingtième de son prix chaque

année. On l’a expliqué pour le pont.

Ce n’est plus là une taxe-vol, c’est le paiement de

ce qu’on consomme. C’est aussi normal que le paie-

ment d’un habit au tailleur ou d’un pain au boulanger.

Il en est de même pour les services publics, insti-

tués pour fournir aux individus ou aux familles des ser-

vices qui seraient plus onéreux si les personnes ou les

familles avaient à se les procurer individuellement.

Prenons, par exemple, le service d’eau ou le ser-

vice de vidange. Si chaque famille devait aller chercher

de l’eau à un lac ou une rivière, ou payer pour s’en faire

apporter, cela lui coûterait du temps, des fatigues ou

de l’argent. De même pour porter ou faire porter ses

vidanges à un dépotoir.

Et l’enseignement: la mère n’a pas souvent le

temps, même si elle en avait la compétence, de se faire

institutrice pour ses enfants. On ne peut guère compter

que chaque famille puisse trouver et engager un pré-

cepteur pour le faire. Mais que 20, 30, 100 familles déci-

dent ensemble d’engager le personnel compétent pour

enseigner à tous leurs enfants, cela, à service équiva-

lent, coûtera certainement moins cher à chaque famille.

Faut-il appeler taxes ce que chaque famille devra

payer? Peut-être, parce que le terme est courant; mais en

réalité, ce n’est pas plus une taxe que l’argent payé au

médecin qui a soigné un membre de la famille, ou que la

facture du cordonnier pour une réparation de chaussures.

Alors, quelle différence y a-t-il, en matière de taxes,

entre ce qui existe aujourd’hui et ce qu’on peut

envisager sous un système financier de Crédit

Social ?

Une différence énorme. D’abord, comme nous

l’avons dit, les développements du pays seraient finan-

cés par des crédits nouveaux, et non pas par des taxes.

On ne paierait financièrement que leur consommation,

leur usure, non pas leur production. On ne traînerait

pas des dettes publiques mathématiquement impaya-

bles, au service desquelles va chaque année une gros-

se tranche du revenu des taxes.

On n’aurait pas non plus à payer des taxes pour faire

vivre des employés de gouvernements qui s’occupent

de fonctions qui doivent relever des personnes et des fa-

milles elles-mêmes. Et personnes et familles ne seraient

plus aujourd’hui dans une incapacité financière qui invite

les gouvernements à faire les choses à leur place.

On n’aurait pas à alimenter par des taxes les fonds

toujours plus exigeants des organismes gouverne-

mentaux de sécurité sociale, puisque tous les citoyens,

comme cohéritiers et copropriétaires d’un capital com-

mun, trouveraient leur sécurité économique incondi-

tionnelle dans le dividende social conjugué avec l’ajus-

tement des prix.

Puis, du fait que toutes les possibilités physiques

seraient par le fait même des possibilités financières, le

public serait capable, collectivement, de payer tout ce

que le pays peut fournir, en production publique comme

en production privée. Le paiement des services publics

ne serait donc pas, comme aujourd’hui, un fardeau et

une entrave à l’obtention des biens d’ordre privé.

Sous un système de Crédit Social, tous les ci-

toyens sont traités comme des actionnaires, attitrés à

un dividende sur la production nationale. Ce revenu

garanti à chaque personne, au moins, pour commen-

cer, jusqu’au niveau du minimum biologique, puis

bientôt au niveau d’un minimum de civilisation, serait

le moyen pour tous de passer leurs propres comman-

des à la capacité de production.

En terminant sur le sujet des taxes, répétons que,

sous un système financier de Crédit Social, il n’y a pas,

à proprement parler, de taxes. Il y a paiement de ser-

vices reçus, les publics comme les privés. Et de toute

façon, la population du pays serait munie de moyens

de paiement pour acquitter les prix de tout ce qui lui est

offert en réponse à des besoins, tant publics que privés.

(

On pourrait donc dire adieu aux taxes telles qu’on les

connaît, comme le montre la caricature ci-bas...

)

Louis Even

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VERS DEMAIN janvier-février 2016

www.versdemain.org