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la route. Il ôte de l’argent qui achèterait les biens de

consommation, pour payer la construction de la route.

Ce système n’est pas en rapport avec le réel. Si

le pays est capable de produire à la fois les biens du

secteur privé et les biens du secteur public, le systè-

me financier doit fournir l’argent pour payer les deux.

Il n’y a aucune raison de diminuer le niveau de vie

privé pour le niveau de vie public, quand la produc-

tion du pays peut alimenter les deux.

Sous un système financier créditiste, l’argent vien-

drait automatiquement pour financer toute production

physiquement possible et réclamée par la population,

qu’il s’agisse de production privée ou de production

publique. C’est ce qui a déjà été expliqué dans un ar-

ticle dans un numéro précédent de Vers Demain, en

prenant comme exemple la construction d’un pont.

(

Voir le numéro d’août-septembre 2014.

) On peut y

lire, entre autres:

Le futur pont Champlain à Montréal

«Supposons que la population désire un nouveau

pont – prenons dans ce cas-ci l’exemple du nouveau

pont Champlain à Montréal, qui doit être complété en

2018 – dont la construction devrait coûter 5 milliards

de dollars. L’Office National de Crédit crée donc 5 mil-

liards $ pour financer la construction de ce pont. Et

puisque tout argent nouveau doit être retiré de la cir-

culation lors de la consommation, ainsi l’argent créé

pour la construction du pont devra être retiré de la cir-

culation lors de la consommation de ce pont.

«De quelle manière un pont peut-il être «consom-

mé» ? Par usure ou dépréciation. Une des exigences du

gouvernement canadien est que le nouveau pont de

Montréal dure au moins 125 ans. Ce pont perdra donc

un cent-vingt-cinquième de sa valeur à chaque année,

par usure ou dépréciation. Pour que le rembourse-

ment de la construction corresponde à la réalité, on

paiera donc à chaque année un cent-vingt-cinquième

de la valeur du pont. Puisque le pont aura coûté 5 mil-

liards $ à construire, il subira donc une dépréciation de

40 millions $ par année. C’est donc 40 millions $ qui

devront être retirés de la circulation à chaque année,

pendant 125 ans. (Il se peut fort bien que le pont en

question dure plus que 125 ans, mais on n’aura plus à

le payer au-delà de ces 125 ans.)

Est-ce à cause de la manière actuelle de financer les

travaux publics que Douglas appelle les taxes

«un vol légalisé»?

C’est un cas patent de vol, que seule la folie pour-

rait excuser. Comme l’exprimait le journal Vers Demain

du 15 avril 1964:

«Quand la population du pays est capable de four-

nir à la fois les biens privés et les biens publics, il faut

être idiot ou voleur pour enlever aux individus des

droits à la production privée sous prétexte de permet-

tre la production publique.»

Mais votre dernière citation de Douglas mentionne

une «certaine forme de taxation» pour transférer

des biens et du travail de la production privée à

la production publique, et vous avez dit que cela

n’est pas nécessairement un transfert d’argent.

Comment donc concevez-vous la chose?

Je la conçois en termes de réel d’abord; quant à

son expression financière, elle peut affecter différentes

formes. Je m’explique:

Pour la construction du pont — exemple donné de

projet public — c’est la décision prise par le gouver-

nement, avec l’assentiment des représentants du peu-

ple, qui constitue le transfert d’une partie de la capacité

de production du pays vers le secteur public. Et c’est

la situation qui en résultera pour le volume de la pro-

duction de biens consommables qui pourra affecter le

niveau de vie de la population.

Qu’il s’agisse de biens privés ou de biens publics,

la population ne peut certainement obtenir que ce qui

est produit. Si les citoyens, par leurs représentants, de-

mandent au gouvernement tellement de biens publics

que la production de biens privés en soit diminuée,

il faudra bien que leur niveau de vie privé baisse en

conséquence, même si leur jouissance de biens pu-

blics augmente. Ce n’est pas une question de finance,

mais une question de richesse réelle.

Et comment cette situation réelle sera-t-elle expri-

mée financièrement ? Par la diminution de pouvoir

d’achat, parce qu’on ne peut pas acheter ce qui n’existe

pas. Et cette diminution de pouvoir d’achat, sous un

régime financier de Crédit Social, s’insérerait mathé-

matiquement dans le mécanisme du prix ajusté et com-

pensé. (Comme on vient de le mentionner avec l’exem-

ple du nouveau pont Champlain à Montréal.) Ce serait

là une «certaine forme de taxation» correspondant au

transfert, du secteur privé au secteur public, d’une cer-

taine partie de la capacité productive du pays.

Tout cela signifie-t-il qu’avec un système finan-

cier créditiste, on n’aurait plus rien à payer aux

gouvernements, ni aux municipalités, ni aux

commissions scolaires et autres corps publics,

et que de l’argent nouveau viendrait pour tous

leurs besoins?

Il y a des distinctions à faire. On a bien dit que la

nouvelle production devrait être financée par des cré-

u

VERS DEMAIN janvier-février 2016

www.versdemain.org

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