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Louis Even a écrit une brochure de 32 pages inti-

tulée «Une finance saine et efficace», dans laquelle il

montre la possibilité de l’application des propositions

financières du Crédit Social, conçues par l’ingénieur

écossais Clifford Hugh Douglas. Voici des extraits d’un

des chapitres de cette brochure: «Les taxes à la lumiè-

re du Crédit Social».

par Louis Even

Y aurait-il encore des taxes sous un système finan-

cier de Crédit Social ?

C’est là une question posée en style de système

financier actuel. Pour y répondre et être compris, il

faut raisonner en style de Crédit Social, c’est-à-dire en

termes de réel d’abord, et non pas directement en ter-

mes d’argent. Une fois la réponse donnée en termes

de réel, on y adapte la finance, comme dans tout autre

aspect d’une économie créditiste. Donnons d’abord

les textes du maître, Douglas.

Le mode actuel de taxation est vicié comme le

système financier actuel, en contradiction avec le réel

économique; il est voleur, au service de la centralisa-

tion entre les mains des empires financiers et de l’Etat.

Douglas déclarait à ce sujet, dans une conférence don-

née à Westminster en février 1926 et reproduite dans

Warning Democracy

, page 61 de l’édition 1934:

«La taxation moderne est un vol légalisé. Elle

demeure un vol, quand bien même ce vol est effectué

par l’intermédiaire d’une démocratie politique qui,

pour sa participation, obtient une part insignifiante

des dépouilles....»

Et dans 

Social Credit

, page 105 de l’édition 1937,

Douglas écrit:

«La finance et les, taxes actuelles ne

sont qu’un moyen ingénieux pour concentrer le pou-

voir financier.»

Et à la page 150 du même ouvrage

Social Credit

:

«La principale tendance du procédé (de la taxation)

est de concentrer potentiellement le contrôle du cré-

dit dans de grandes organisations, surtout entre les

mains des grosses banques et des grosses compa-

gnies d’assurances. »

Douglas condamne donc fortement le système

de taxes tel que nous l’avons. Pourtant, dans

Warning

Democracy

, page 175, Douglas écrit:

«Il est bien entendu que la taxation, dans sa for-

me actuelle, est un moyen non nécessaire, inefficace

et vexatoire d’atteindre le but ostensiblement procla-

mé. Mais, bien qu’il en soit ainsi, une certaine forme

de taxation est inévitable tant que doivent exister

côte à côte les services publics et la production pour

les besoins privés. Les services publics exigent une

certaine quantité de biens et de travail; le mécanis-

me par lequel ces biens et ce travail sont transférés

du secteur privé au secteur public constitue, dans

son essence, une forme de taxation.»

Ah! Est-ce que cette citation de Douglas ne contre-

dit pas les citations précédentes ?

Nullement, si l’on remarque les termes dont se sert

Douglas, ainsi que ses arguments à l’appui. Ce que

Douglas appelle «vol légalisé», c’est la forme actuelle

de taxation, celle qui enlève de l’argent aux individus

pour satisfaire les exigences et les finalités du système

financier. Tandis que la «certaine forme de taxation»

qu’il juge inévitable, c’est un mécanisme, non pas

pour enlever de l’argent aux individus, mais, comme il

dit, pour transférer du secteur privé au secteur public

les choses et le travail nécessaires pour répondre aux

besoins publics de la communauté. Ce n’est plus là

parler en termes de mythe financier, mais en termes

de réel.

Voulez-vous éclaircir un peu ce point-là?

Lorsque le gouvernement fait construire, disons,

une route, ou un bout de route, est-ce que cela entra-

ve ou diminue le moins du monde la production de

lait, de beurre, de légumes, de vêtements, de chaussu-

res ou d’autres biens de consommation? Est-ce que,

au contraire, cette production n’est pas activée du fait

que les salaires distribués aux travailleurs de la route

stimulent la vente de ces biens de consommation?

Or, dans le système actuel, le gouvernement

taxe les contribuables pour payer les travailleurs de

Les taxes à la lumière du Crédit Social

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VERS DEMAIN janvier-février 2016

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