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lation dans son ensemble que l’on considère comme

endettée pour 200 millions $, alors que c’est la po-

pulation dans son ensemble qui a fait, qui a produit

tout ce qu’il fallait pour équivaloir ces 200 millions $.

Depuis quand doit-on être endetté pour une chose

qu’on a fait soi-même?

Cela peut sembler bizarre à dire puisque, diront

certains, il a bien fallu de l’argent pour payer ces gens-

là. Certainement; ils ont fait des produits, et il n’y

avait pas d’argent dans la population pour les payer ?

Qu’est-ce que ça veut dire? Est-ce que ça voudrait

dire que le système de paiements n’est pas égal au

système de production? Est-ce normal, ça?

On travaille, on produit, et on n’a pas d’argent pour

payer ? Qui fait le travail ? Qui fait les produits? C’est

la population. Qui fait, qui fabrique l’argent ? Ni la po-

pulation ni le gouvernement. Qui fait l’argent alors?

Ce sont les financiers, ce sont les banquiers. Et c’est à

eux qu’on doit nos routes? Ils n’ont absolument rien

fait pour fabriquer les routes ! Et ceux qui ont fait les

routes, qui ont construit tout cela, c’est eux qui doi-

vent cette route à ceux qui n’ont rien fait ? N’est-ce

pas absurde? Oui, absurde au suprême degré.

Et ce qui est encore plus absurde, c’est de faire

rembourser non seulement le prix de ces choses-là,

mais de l’intérêt par-dessus le marché.

Les 200 millions $ ont été émis sous forme de cré-

dit, sous forme d’argent inscrit dans les livres des ban-

quiers ou d’autre manière, même si c’est de l’argent

qui a été prêté par les uns ou par les autres.

Qu’est-ce que l’argent ? Ce sont des chiffres qui

servent à payer et à acheter. Mais oui, des chiffres, que

ce soit sur des morceaux de papier, que ce soit sur

des rondelles de métal, que ce soit dans les livres de

banque, ce sont des chiffres. Il a fallu faire des chif-

fres, trouver des chiffres – 200 millions dans ce cas-ci

– pour permettre à la population de produire.

Ces chiffres, ce sont la permission donnée, accor-

dée à la population pour pouvoir accomplir pour une

valeur de 200 millions $ de travaux. N’est-il pas bizarre

que le gouvernement et la population doivent deman-

der la permission de produire des choses qui sont

bonnes pour la province, et qu’ils doivent payer cette

permission, la payer avec usure – payer de l’intérêt sur

cette permission, et remettre tout cela au banquier.

Un tel système ne vaut pas grand-chose; c’est

même une absurdité. Et de la part du gouvernement,

admettre un tel système, un tel état de choses, c’est

une déchéance devant un pouvoir qui s’est donné,

accordé la permission de contrôler ainsi la popula-

tion du pays et son gouvernement.

L’exemple du métro de Montréal

Et ce n’est pas seulement au gouvernement de

la province de Québec que ça se passe ainsi. C’est la

même chose dans les municipalités. Ces temps-ci, on

parle beaucoup de la construction du futur métro à

Montréal. Ça demandé plusieurs voyages en Europe au

maire de Montréal et son adjoint. Que sont-ils allés faire

en Europe? Sans doute qu’ils sont allés voir différents

plans, différentes manières de faire un métro. Mais ils

sont allés aussi en Europe pour sonder le moyen de

financer leur métro, pour savoir s’ils emprunteraient à

Paris, à Bruxelles ou à Londres, plutôt qu’à New-York,

Montréal ou Toronto, pour construire le métro.

Cela veut dire que, si l’on fait venir, par exemple,

de l’argent de la France, de la Belgique ou de l’Angle-

terre pour construire le métro, le métro ne va pas être

construit par les Britanniques, ni par les Belges, ni par

les Français; il va être construit par les Canadiens. Il va

être construit par de la main-d’œuvre canadienne, par

des ingénieurs canadiens, je suppose – je ne pense

pas qu’on en fasse venir beaucoup de l’étranger pour

cela. Et ceux qui vont être payés pour cette construc-

tion-là vont se nourrir avec des aliments qui sont dans

nos magasins, qui viennent de la production cana-

dienne ou d’une production étrangère en échange de

surplus canadiens. Par conséquent, avec de la riches-

se qui appartient aux Canadiens, on va bâtir un métro

à Montréal et après, on va devoir payer ce métro-là à

qui ? À des Britanniques? À des Belges? À des Fran-

çais? Qu’est-ce qu’il y a de logique là-dedans?

On nous répondra: «C’est le système financier qui

est comme ça.» Oui, on sait bien que c’est le système

financier, mais il y a quelque chose qui ne va pas là-de-

dans, qu’il faut redresser, corriger. Au lieu de se met-

tre esclaves du système financier, mettre le système

financier au service des réalités.

Il y a longtemps que les créditistes parlent de

cela. Ils ont même demandé au gouvernement fédé-

ral: «Puisqu’on a une Banque du Canada – une ban-

que supposée être pour les Canadiens, une banque

qui par sa charte doit faire en sorte que l’argent, le

crédit, soit au service de l’industrie du pays, de la

production du pays — alors, pourquoi nous obliger à

nous endetter auprès de financiers qui profitent de ce

que la population fait, et qui endettent la population

pour ce qu’elle fait elle-même? Pourquoi ne pas de-

mander à la Banque du Canada d’émettre, sans inté-

rêt, tout l’argent, tous les crédits financiers qui sont

nécessaires pour pouvoir procéder à l’exécution de

choses qui sont parfaitement exécutables et qui sont

demandées par la population, pour ne parler que de

finance publique, et de production publique.

Louis Even

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VERS DEMAIN janvier-février 2016

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