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sière, orné d’un liseré bleu, aux couleurs de la Très

Sainte Vierge Marie. À l’épaule, un petit crucifix noir.

Dans ses déplacements, elle emporte une petite mal-

lette d’affaires personnelles indispensables, mais pas

d’argent. Mère Teresa n’a jamais demandé d’argent;

elle n’en a jamais eu en sa possession. Et pourtant ses

oeuvres et ses fondations ont exigé de très lourdes

dépenses. La divine Providence y a toujours pourvu.

À partir de 1949, des jeunes filles de plus en plus

nombreuses viennent partager la vie de Mère Teresa.

Celle-ci les éprouve longuement avant de les recevoir.

En automne 1950, le Pape Pie XII autorise officielle-

ment cette nouvelle fondation, dénommée «Congré-

gation des Missionnaires de la Charité».

Un endroit pour mourir «admirablement»

Durant l’hiver de 1952, un jour où elle va à la re-

cherche des pauvres, elle découvre une femme agoni-

sant dans la rue, trop faible pour lutter contre les rats

qui lui rongent les orteils. Elle la porte à l’hôpital le plus

proche où, après bien des difficultés, on accepte de

recevoir la mourante. L’idée vient alors à Soeur Teresa

de demander à la municipalité un local pour y rece-

voir les agonisants abandonnés. Une maison servant

autrefois de résidence aux pèlerins du temple hindou

de «Kali la Noire», et utilisée maintenant par les vaga-

bonds et trafiquants de toute espèce, est mise à sa

disposition. Soeur Teresa l’accepte. Bien des années

plus tard, elle dira, à propos des milliers de mourants

qui sont passés par cette Maison: «Ils meurent si ad-

mirablement avec Dieu! Nous n’avons jusqu’à présent

rencontré personne qui refuse de demander “pardon

à Dieu”, qui refuse de dire: “Je t’aime, mon Dieu”».

Mère Teresa n’a pas d’idées préconçues sur les

oeuvres à réaliser. Elle se laisse conduire par la Pro-

vidence et les besoins des pauvres. Un enfant est

trouvé en train de manger des ordures. Il se plaint de

son estomac: «Qu’as-tu mangé ce matin? – Rien – Et

hier ? – Rien». Deux ans plus tard, Mère Teresa ins-

talle pour recueillir les enfants abandonnés le «Centre

d’espérance et de vie». En fait, ceux que l’on apporte

là, enveloppés dans des loques ou même dans du pa-

pier, n’ont guère d’espoir de vivre ici-bas. Ils reçoivent

alors le baptême et vont tout droit au Ciel. Beaucoup

de ceux qui reviennent à la vie ont été adoptés par

des familles de tous pays. «Un enfant abandonné que

nous avions recueilli fut confié à une famille très riche,

raconte Mère Teresa, une famille de la haute société

qui voulait adopter un petit garçon. Quelques mois

après, j’entends dire que cet enfant a été très malade

et qu’il restera paralysé. Je vais voir la famille et pro-

pose: «Rendez-moi cet enfant: je vous le remplacerai

par un autre en bonne santé. – Je préférerais qu’on me

tue que de me séparer de cet enfant !» répond le père

en me regardant, le visage tout triste». Quelle leçon

d’amour !

Mère Teresa remarque:

«Ce dont les pauvres

manquent le plus, c’est de se sentir nécessaires, de

se sentir aimés. C’est l’état de bannissement que leur

impose leur pauvreté qui les ulcère. Pour toutes sor-

tes de maladies, il y a des remèdes, des traitements,

mais quand on est indésirable, s’il n’y a pas de mains

serviables et de coeurs aimants, alors il n’y a pas

d’espérance de vraie guérison».

«Une plus haute valeur humaine»

Dans de nombreux pays du Tiers-Monde, l’aug-

mentation de la population engendre des problèmes

graves. «Dans bien des familles, écrit Mère Teresa, la

pauvreté est si forte que l’idée d’un enfant de plus les

épouvante; mes Soeurs s’efforcent de calmer cette

peur et elles essaient aussi de leur faire comprendre la

valeur humaine de la méthode naturelle de régulation

des naissances». En effet, dans la tâche de transmet-

tre la vie, les parents ne sont pas libres de procéder à

leur guise, comme s’ils pouvaient déterminer de façon

entièrement autonome les voies honnêtes à suivre,

mais ils doivent conformer leur conduite à l’intention

créatrice de Dieu, exprimée dans la nature même du

mariage et de ses actes, et manifestée par l’enseigne-

ment constant de l’Église.

Cet enseignement part d’une vision intégrale de

l’homme et de sa vocation, non seulement naturelle

et terrestre, mais aussi surnaturelle et éternelle, et il

«est fondé sur le lien indissoluble, que Dieu a voulu et

Timbre-poste émis par le Vatican à l’occasion

de la canonisation de Mère Teresa.

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VERS DEMAIN août-septembre 2016

www.versdemain.org

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