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payé trois fois et demie et puis on le doit encore.» «Vo-

tre aqueduc est-il encore debout ?» «Certainement !»

«Vous ne l’avez même pas consommé une fois et vous

l’avez payé trois fois et demie? C’est absurde!» Le mai-

re comprenait très bien cela, c’est absurde en effet.

La source de l’escroquerie

Pourquoi est-ce ainsi ? C’est à cause d’un sys-

tème financier absurde, un système financier vo-

leur. Il a commencé par voler le crédit de la société.

Qu’est-ce que le crédit de la société? C’est ce qui fait

la confiance au

pays, à la popu-

lation qui l’ha-

bite. Le crédit,

c’est la base de

l’argent. L’argent

ne servirait à

rien s’il n’y avait

pas de produits

dans le pays. Et

ça ne servirait à

faire de l’argent

s’il n’y avait pas

une population

pour exploiter

les ressources

naturelles, pour

faire des pro-

duits.

L’argent est

basé sur la capa-

cité de produire de la population. Cette capacité de

produire appartient à la population. Il existe bien sûr le

crédit personnel d’un ouvrier, le crédit personnel d’un

autre, mais s’ils travaillaient isolément, sans rapport

les uns avec les autres, chacun devant faire tout par

lui-même, il y aurait beaucoup moins de production.

Le «beaucoup plus» de production (le fait qu’on béné-

ficie de la division du travail, des ressources naturelles

et des inventions transmises par les générations pré-

cédentes), c’est ça qui est le crédit de la société. C’est

le crédit social.

Or les financiers, et plus particulièrement les ban-

quiers, ont pris, pour ainsi dire, la propriété de ce cré-

dit social, qu’ils transforment eux-mêmes en argent.

Ce n’est même pas le gouvernement qui change ce

crédit de la société en argent. Ce n’est pas nous, ce

n’est pas la population ni nos représentants, ce sont

les banquiers seuls qui ont le pouvoir légal – parce

qu’on leur a donné ce droit-là – de changer le crédit

de la société en argent.

Et quand ils l’ont changé, ils prêtent cet argent-

là. À qui le prêtent-ils? Aux propriétaires de ce crédit

social: ils le prêtent aux producteurs pour produire,

ils le prêtent à la population pour faire des choses. Et

après nous l’avoir prêté, ils nous disent: «Vous nous

rembourserez. Et vous me paierez de l’intérêt pour

avoir volé votre crédit et vous l’avoir prêté.»

Peut-on imaginer quelque chose de plus absurde?

Et le résultat de tout cela, c’est que la production et les

producteurs sont à la merci de ceux qui prêtent le cré-

dit de la société. Ils sont à leur merci. Les financiers,

les banquiers qui vont prêter de l’argent peuvent refu-

ser de le prêter, ou mettre des conditions impossibles.

Ils mettent l’intérêt, le terme qu’ils veulent pour se

faire rembourser. Si on n’accepte pas leurs conditions,

on est obligés de se passer de l’argent, de se passer

du crédit qui nous appartient (notre propre capacité

de production).

Et si on accepte

leurs conditions,

on s’endette. On

s’endette pour

toute la produc-

tion qu’on va fai-

re, et au-delà. Et

à cause de cela,

la

production

est souvent pa-

ralysée, ralentie,

et on n’est pas

les propriétai-

res clairs de ce

qu’on produit.

Voilà

du

côté de la pro-

duction. À part

de cela, com-

ment faire pour se procurer les produits qu’on a faits?

Il y a des produits qui sont à vendre, ce sont les biens

de consommation. Les écoles ne sont pas à vendre,

elles sont à utiliser; ce sont les biens de capital.

Les biens de consommation, on les retrouve dans

les magasins, mais on en a besoin dans nos maisons.

Que faut-il faire pour les obtenir ? Il faut les payer. Avec

quoi ? Avec de l’argent. Et d’où vient cet argent, où

est-il né? Il est né, venu au monde dans les banques.

Comment cet argent nous est-il parvenu? Par les

salaires, par les dividendes industriels, par les octrois

qui viennent des taxes, par les salaires qui viennent

de l’argent que les producteurs ont emprunté précisé-

ment des exploiteurs du crédit social.

De plus, l’argent qui nous vient par les salaires ou

autrement n’est jamais égal aux prix. Parce que dans

le prix, il y a d’autre chose (que le salaire versé aux

employés), il y a des charges financières, il y a juste-

ment l’intérêt qu’il faut rembourser au banquier. Il y a

des paiements qui doivent être faits avant même que

le produit vienne sur le marché. Et il y a des taxes qu’il

faut donner au gouvernement pour le service de la

dette publique. Il y a des réserves que les producteurs

sont obligés de faire pour remplacer les biens et les

machines quand ils vont être usés.

Toutes ces dépenses sont incluses dans le prix de

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VERS DEMAIN août-septembre 2016

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