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le de la création de l’argent, en ont fait un instrument

de domination: Puisque le monde ne peut vivre sans

argent, tous – gouvernements, compagnies, individus

– doivent se soumettre aux conditions imposées par

les banquiers pour obtenir de l’argent, qui est le droit

de vivre dans notre société actuelle. Cela établit une

véritable dictature sur la vie économique: Les ban-

quiers sont devenus les maîtres de nos vies, tel que

le rapportait très justement encore Pie XI dans Qua-

dragesimo anno (n. 106):

«Ce pouvoir est surtout considérable chez ceux

qui, détenteurs et maîtres absolus de l’argent et du

crédit, gouvernent le crédit et le dispensent selon

leur bon plaisir. Par là, ils distribuent le sang à l’or-

ganisme économique dont ils tiennent la vie entre

leurs mains, si bien que, sans leur consentement,

nul ne peut plus respirer.» 

Q. 188: Comment agir de manière juste dans le

domaine économique?

Dans l’activité économique, on agit de manière

juste en donnant aux autres ce qui leur est dû. Cela

signifie en premier lieu de respecter les contrats et

les accords, de livrer en temps et en heure des mar-

chandises de bonne qualité, et de payer ses factures

dans les délais impartis. Pour être juste, un contrat

doit avoir été conclu librement, c’est-à-dire sans avoir

recours à des stratagèmes, à la crainte ou à la force.

Le partenaire commercial trop écrasant qui obligerait

les autres à accepter ces conditions, agirait injuste-

ment.

C’est saint Thomas d’Aquin qui définit la justice

comme étant de rendre à chacun ce qui lui est dû. Le

Crédit Social enseigne que ce qui est dû à chacun,

c’est un dividende mensuel, en tant que cohériter des

richesses naturelles et du progrès.

Q. 190: Quels sont les «péchés» de l’économie?

Dans l’activité économique également, on assiste

malheureusement trop souvent à des arrangements

crapuleux, à des abus et à de la fraude. Tous ceux

qui agissent de la sorte, détruisent le véritable capi-

tal de toute entreprise: la confiance. En effet, sans

confiance, l’économie ne peut pas fonctionner: il faut

pouvoir se fier à la parole donnée, au contrat signé.

On acquiert la confiance en étant fiable, et on la gagne

en faisant preuve d’un comportement vertueux. Dans

le monde économique, il faut surtout craindre la cupi-

dité, la corruption et toute forme d’injustice comme le

vol, la fraude, l’usure, l’exploitation, etc.

Dans la leçon 1 de «La Démocratie économique»,

Geoffrey Dobbs définit lesmots «crédit social» comme

étant, avant même d’être une réforme monétaire ou

économique, la confiance ou croyance mutuelle dans

chaque autre membre de la société (par exemple, la

confiance que tous observent les mêmes règlements

de la route, la confiance que l’étiquette d’un produit

indique bien son contenu, etc.) Dobbs fait remarquer

à juste titre que ce crédit social, ou confiance en la

vie en société, atteint son niveau maximum lorsque

la religion chrétienne est pratiquée, et atteint son mi-

nimum lorsqu’on nie le christianisme ou qu’on s’en

moque. (Donc ceux qui ne voient dans le Crédit Social

qu’une simple réforme monétaire, et veulent mettre

la religion de côté, n’ont absolument rien compris du

crédit social, et sont dûs pour une session d’étude !)

Le Pape François franchissant avec les jeunes la porte sainte de la miséricorde

lors des Journées mondiales de la Jeunesse à Cracovie le 30 juillet 2016.

«Je rêve d’un

million de jeunes

chrétiens, de pré-

férence même tou-

te une génération,

qui soient pour

leurs contempo-

rains la “doctrine

sociale à deux

pattes”. Rien ne

pourra changer

le monde que des

personnes qui,

avec Jésus, don-

nent leur vie pour

ce monde...»

– Pape François

VERS DEMAIN août-septembre 2016

www.versdemain.org

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