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dans tout autre domaine de notre agir en société, la

dignité de la personne humaine et le développement

du bien commun sont des points centraux.

Note de Vers Demain: Dans la leçon 1 de «La

Démocratie économique», le but de l’économie est

défini ainsi: faire les biens joindre ceux qui en ont be-

soin, ce qui en pratique signifie que les gens doivent

avoir un pouvoir d’achat suffisant pour se procurer au

moins le nécessaire pour vivre.

Q. 168: Comment doit réagir le chrétien en situa-

tion de pauvreté?

Il va faire tout ce qui est en son pouvoir pour se

sortir lui-même et sa famille de la pauvreté, par un tra-

vail bien fait et durable. Souvent il faudra dépasser, en

collaboration avec d’autres, des «mauvaises» structu-

res et des forces injustes qui empêchent les pauvres

d’accéder à la propriété, à l’autosuffisance et à une

amélioration matérielle.

Q. 171: Le capitalisme est-il compatible avec la

dignité humaine?

Au vu de l’échec de l’économie planifiée et cen-

tralisée du système soviétique, Jean-Paul II a écrit:

«Si, sous le nom de “capitalisme” on désigne un sys-

tème économique qui reconnaît le rôle fondamental

et positif de l’entreprise, du marché, de la propriété

privée et de la responsabilité qu’elle implique dans les

moyens de production, de la libre créativité humaine

dans le secteur économique, la réponse est sûrement

positive, même s’il serait peut-être plus approprié de

parler d’“économie d’“entreprise”, ou d’“économie de

marché”, ou simplement d’“économie libre”. Mais si

par “capitalisme” on entend un système où la liberté

dans le domaine économique n’est pas encadrée par

un contexte juridique ferme qui la met au service de la

liberté humaine intégrale et la considère comme une

dimension particulière de cette dernière, dont l’axe

est d’ordre éthique et religieux, alors la réponse est

nettement négative (

Centesimus annus

, 42.)

Dans la leçon 13 de la Démocratie économique,

on peut lire: «Ce que l’Église reproche au capitalisme

actuel n’est donc pas la propriété privée ni la libre

entreprise. Au contraire, loin de souhaiter la dispa-

rition de la propriété privée, l’Église souhaite plutôt

sa diffusion la plus large possible pour tous, que tous

soient propriétaires d’un capital, soient réellement

“capitalistes”. Le Crédit Social, avec son dividende

à chaque individu, reconnaîtrait chaque être humain

comme étant un véritable capitaliste, propriétaire

d’un capital, cohéritier des richesses naturelles et des

inventions des générations précédentes.

Ce que l’Église reproche au système capitaliste,

c’est que, précisément, tous et chacun des êtres hu-

mains vivant sur la planète n’ont pas accès à un mini-

mum de biens matériels, permettant une vie décente.

C’est le principe de la destination universelle des biens

qui n’est pas atteint: la production existe en abondan-

ce, mais c’est la distribution qui est défectueuse. 

Et dans le système actuel, l’instrument qui per-

met la distribution des biens et des services, le si-

gne qui permet d’obtenir les produits, c’est l’argent.

C’est donc le système d’argent, le système financier

qui fait défaut dans le capitalisme... Le Pape Pie XI

écrivait dans son encyclique Quadragesimo anno, en

1931: «Le capitalisme n’est pas à condamner en lui-

même, ce n’est pas sa constitution qui est mauvaise,

mais il a été vicié.» 

Q. 172: Y a-t-il un «modèle économique chré-

tien»?

Non. L’Église est tenue d’annoncer l’Évangile,

son rôle n’est pas de se lancer dans des surenchè-

res sur divers modèles économiques et des solutions

techniques. Cette exigence selon laquelle l’économie

doit être au service de l’homme et du bien commun,

s’adresse à toute raison qui s’oriente par rapport au

postulat de la dignité humaine.

Dans la leçon 14 de «La Démocratie économi-

que», on peut lire: «Les Papes n’approuveront jamais

publiquement aucun système économique, telle n’est

pas leur mission: ils ne donnent pas de solutions

techniques, ils ne font qu’établir les principes sur les-

quels doit être basé tout système économique véri-

tablement au service de la personne humaine, et ils

laissent aux fidèles le soin d’appliquer le système qui

appliquerait le mieux ces principes.»

Un système sera bon ou non dans la mesure où il

correspond à ces principes de l’Église. Les solutions

peuvent varier, mais à notre connaissance, aucune

autre solution n’appliquerait aussi parfaitement la

doctrine sociale de l’Église que le Crédit Social, et

c’est pour cela que Vers Demain a choisi de le dif-

fuser. Mais le plus loin où l’Église pourra se pronon-

cer au sujet du Crédit Social, c’est qu’il ne contient

rien de contraire à l’enseignement de l’Église, et que

tout catholique est libre d’y adhérer et de le propager.

C’est exactement la conclusion à laquelle est parve-

nue une commission de neuf théologiens, nommés

par les évêques du Québec pour étudier la question

à savoir si le Crédit Social était entaché de commu-

nisme ou de socialisme.

Q. 175: L’argent est-il mauvais en soi ?

Non. L’argent n’est ni bon ni mauvais. L’argent

est un moyen d’échange, une référence; une réserve

pour l’avenir; un moyen pour soutenir ce qui est bien,

ou sauvegarder du mal. L’argent ne doit jamais deve-

nir une fin en soi. Jésus dit clairement: «Vous ne pou-

vez pas servir à la fois Dieu et Mammon» (Mt 6, 24).

L’argent peut devenir une idole et une addiction. Celui

qui court avec cupidité derrière l’argent, deviendra

bientôt l’esclave de sa convoitise.

Dans la leçon 13 de «La Démocratie économique»,

on peut lire: «L’argent devrait être un instrument de

service, mais les banquiers, en se réservant le contrô-

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VERS DEMAIN août-septembre 2016

www.versdemain.org