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«Chers jeunes amis ! Notre planète touchée par le

terrorisme et la violence, ne peut devenir plus humai-

ne que par la conversion du cœur, c’est-à-dire: patien-

ce, justice, sérénité, dialogue, incorruptibilité, solida-

rité avec les victimes, les pauvres et les plus pauvres,

don de soi sans limite, un amour qui va même jusqu’à

la mort pour l’autre. Une fois que vous avez compris

cela, alors, chrétiennes et chrétiens engagés, vous

pouvez changer le monde. Avec tout ce qui se passe

dans notre monde actuellement, il faut que ça chan-

ge.

Quand aujourd’hui un

chrétien ferme les yeux de-

vant les nécessités des plus

pauvres des pauvres, alors

de fait, il n’est pas chrétien!

«Ne pouvons-nous pas

faire plus pour que cette ré-

volution d’amour et de jus-

tice devienne réalité dans de

nombreuses régions de notre

monde si tourmenté? La doc-

trine sociale de l’Église peut

aider tant de monde! Sous

la direction avertie des cardi-

naux Christoph Schônborn et

Reinhard Marx, une équipe

s’est mise au travail pour ap-

porter à la jeunesse du monde

le message libérateur de la

doctrine sociale catholique.

Des spécialistes de renom y

ont collaboré ainsi que des

jeunes. De jeunes catholiques,

filles et garçons du monde en-

tier, ont envoyé leurs plus bel-

les photos. D’autres jeunes se

sont penchés sur les textes,

ont apporté leurs questions

et leurs remarques, pour être

sûrs que le tout soit bien com-

préhensible.

«La doctrine sociale appelle ça «participation»:

contribution ! L’équipe a donc elle-même mis en pra-

tique un principe important de la doctrine sociale. Le

DOCAT est devenu un guide formidable pour l’agir

chrétien. Ce qu’aujourd’hui on appelle la doctrine

sociale catholique, a vu le jour au XIXe siècle. Avec

l’industrialisation, un capitalisme brutal est apparu: un

type d’économie qui détruit l’humain. De grands indus-

triels sans scrupule imposaient à la population rurale

appauvrie de trimer pour un salaire de misère dans des

mines ou des usines sordides. Les enfants ne voyaient

plus la lueur du jour. Ils étaient envoyés comme des

esclaves sous terre pour tirer les wagons houillers.

«Au vu de cette situation dramatique, des chré-

tiens se sont engagés de toutes leurs forces, mais ils

ont constaté que cela ne suffisait pas. Alors, ils ont

développé des idées pour agir contre cette situation

injuste, au niveau de la société et de la politique. Le

véritable document fondateur de la doctrine sociale

catholique est et demeure l’encyclique du pape Léon

XIII,

Rerum Novarum

de 1891, sur les nouveaux pro-

blèmes sociaux. Le pape écrivait de manière claire et

sans équivoque: «Ce serait un crime à crier vengean-

ce au ciel, que de frustrer quelqu’un du prix de ses

labeurs.» L’Église met toute son autorité en jeu pour

lutter en faveur des droits des travailleurs.

«Au fil des années et se-

lon les besoins du moment,

la doctrine sociale catholique

s’est encore enrichie et affi-

née. Beaucoup ont débattu

autour de la communauté,

de la justice, de la paix et du

bien commun. Et on arriva

aux principes de personna-

lité, solidarité et subsidiarité,

que le DOCAT explique éga-

lement. Mais au fond, la doc-

trine sociale ne vient pas de

tel ou tel pape, ni de tel ou tel

érudit. Elle vient du cœur de

l’Évangile. Elle vient de Jésus

lui-même. Jésus est la doc-

trine sociale de l’Église.

«Dans mon exhorta-

tion apostolique

Evangelii

Gaudium

, j’écris: «une telle

économie tue», car il existe

aujourd’hui encore une «éco-

nomie de l’exclusion et de la

disparité sociale». Il y a des

pays où 40 % à50 % des jeu-

nes sont au chômage. Dans

de nombreuses sociétés, les

personnes âgées sont mises

à l’écart, car elles n’ont appa-

remment aucune «valeur» et

qu’elles ne sont p[us «productives». Des régions rura-

les entières sont dépeuplées parce que les pauvres

cherchent refuge dans les bidonvilles des métropoles,

en espérant y trouver encore de quoi survivre. La logi-

que productiviste d’une économie globalisée a détruit

les humbles structures économiques et agricoles de

leurs régions d’origine. Environ 1% de la population

mondiale possède aujourd’hui 40 % de la totalité de

la fortune mondiale et 10 % de la population mondiale

en possède 85 %.Par ailleurs, la moitié de la popula-

tion mondiale n’en «possède» que tout juste 1%. 1,4

milliard d’êtres humains vivent avec un peu moins

d’un euro par jour.

«Si aujourd’hui je vous invite tous à vous impré-

gner à fond de la doctrine sociale de l’Église, je ne

rêve pas seulement de groupes assis sous les arbres

«L’Esprit du Seigneur est sur moi... pour porter

la bonne nouvelle aux pauvres.» (Luc 4, 18.)

u

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VERS DEMAIN août-septembre 2016

www.versdemain.org