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Le lendemain de la canonisation de Mère Teresa,

le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-

Siège, présidait, place Saint-Pierre, la messe d’action

de grâce qui suit traditionnellement une canonisation,

et qui coïncidait providentiellement avec la fête liturgi-

que de la nouvelle, décédée le 5 septembre 1997, jour

de sa naissance au Ciel». Voici des extraits de la tràs

belle homélie du cardinal Parolin:

Nous remercions Dieu de nous

avoir donné sainte Teresa de Cal-

cutta qui, par son incessante priè-

re, source de grandes œuvres de

miséricorde corporelle et spirituel-

le, a été un miroir clair de l’amour

de Dieu et un admirable exem-

ple de service rendu au prochain,

surtout aux personnes les plus

pauvres, laissées pour compte,

abandonnées: miroir et exemple

desquels tirer de précieuses indi-

cations et incitations pour vivre en

bons disciples du Seigneur, pour

nous convertir de la tiédeur et de la

médiocrité, pour nous laisser tous

enflammer du feu de l’amour du

Christ: «

Caritas Christi urget nos

», l’amour du Christ

nous presse (2 Cor 5,14).

(...) Mais quel est le «secret» de Mère Teresa? Ce

n’est certainement pas un secret, parce que nous ve-

nons de le proclamer à voix haute dans l’Évangile: «En

vérité, je vous le dis: tout ce que vous avez fait à un

seul de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que

vous l’avez fait» (Mt 25,40). Mère Teresa a découvert

dans les pauvres le visage du Christ «qui s’est fait pau-

vre pour nous, afin de nous enrichir de sa pauvreté»

(cf. 2 Co 8,9) et elle a répondu à son amour sans mesu-

re par un amour sans mesure pour les pauvres.

Elle a pu être un signe de miséricorde très lumi-

neux – «La miséricorde a été pour elle «le sel» qui don-

nait du goût à toute ses œuvres et la «lumière» qui

éclairait les ténèbres de ceux qui n’avaient même plus

de larmes pour pleurer leur pauvreté et leur souffran-

ce», a dit le Saint-Père dans l’homélie d’hier – parce

qu’elle s’est laissé éclairer par le Christ adoré, aimé

et loué dans l’Eucharistie, comme elle l’expliquait elle-

même: «Nos vies doivent être continuellement nour-

ries par l’Eucharistie parce que, si nous n’étions pas

capables de voir le Christ sous les apparences du pain,

il ne nous serait pas possible non plus de le découvrir

sous les humbles apparences des corps abîmés des

pauvres».

En outre, elle savait bien qu’une des formes les

plus lancinantes de pauvreté consiste à se savoir non

aimé, non désiré, méprisé. Une forme de pauvreté pré-

sente aussi dans les pays et dans les familles moins

pauvres, y compris chez les personnes appartenant à

des catégories qui disposent de moyens et de pos-

sibilités, mais qui font l’expérience du vide intérieur

de celui qui a perdu la signification et la direction de

sa vie, ou qui sont violemment atteints par la désola-

tion de liens brisés, par la dureté de

la solitude, par le sentiment d’être

oubliés de tous ou de ne servir à

personne.

Cela l’a conduite à identifier les

enfants non encore nés et mena-

cés dans leur existence comme

«les plus pauvres parmi les pau-

vres». Chacun d’eux dépend en

effet, plus que tout autre être hu-

main, de l’amour et des soins de

sa mère et de la protection de la

société. L’enfant conçu ne possède

rien, toute son espérance et ses

nécessités sont dans les mains des

autres. Il porte en lui un projet de

vie et d’avenir et demande à être

accueilli et protégé pour pouvoir devenir ce qu’il est

déjà: l’un de nous, que le Seigneur a pensé depuis

l’éternité pour une grande mission à accomplir, celle

d’ «aimer et d’être aimé», comme aimait à le répéter

Mère Teresa.

C’est pourquoi elle a courageusement pris la

défense de la vie naissante, avec cette franchise de

parole et régularité d’action qui est le signal le plus

lumineux de la présence des prophètes et des saints,

qui ne se mettent à genoux devant personne sinon le

Tout-puissant, sont libres intérieurement parce qu’ils

sont forts intérieurement et ne s’inclinent pas devant

les modes ou les idoles du moment, mais se reflètent

dans la conscience éclairée par le soleil de l’Évangile.

En elle, nous découvrons ce tandem heureux et insé-

parable de l’exercice héroïque de la charité avec la

clarté dans la proclamation de la vérité, nous voyons

l’activité constante, alimentée par la profondeur de la

contemplation, le mystère du bien accompli dans l’hu-

milité et sans fatigue, fruit d’un amour qui «fait mal».

A ce propos, elle a affirmé, dans son célèbre dis-

cours pour la remise du Prix Nobel à Oslo, le 11 dé-

cembre 1979 (

voir page ...

): «Il est très important pour

nous de comprendre que l’amour, pour être vrai, doit

faire mal. Cela a fait mal à Jésus de nous aimer, cela

lui a fait mal». Et, remerciant les bienfaiteurs présents

et futurs, elle affirma: «Je ne veux pas que vous me

donniez de votre superflu, je veux que vous me don-

«Mère Teresa a découvert dans

les pauvres le visage du Christ »

Le cardinal Pietro Parolin

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VERS DEMAIN août-septembre 2016

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